LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
16 mars 1995, à Strasbourg : Jacques Chirac brandit une pomme devant des étudiants venus le soutenir lors d'un meeting dans le cadre de la campagne électorale.

Jacques Chirac et sa "remontada" de 1995

4 min

L'ancien président de la République a été l'acteur omniprésent de quatre décennies de la vie politique française et internationale. De son parcours politique, on retiendra notamment son incroyable campagne pour la présidentielle de 1995, face à Edouard Balladur et lâché par nombre des siens.

16 mars 1995, à Strasbourg : Jacques Chirac brandit une pomme devant des étudiants venus le soutenir lors d'un meeting dans le cadre de la campagne électorale.
16 mars 1995, à Strasbourg : Jacques Chirac brandit une pomme devant des étudiants venus le soutenir lors d'un meeting dans le cadre de la campagne électorale. Crédits : Jean-Philippe Ksiazek - AFP

Souffrant depuis plus de dix ans, Jacques Chirac s'est éteint hier matin à l'âge de 86 ans à son domicile de la rue de Tournon, à Paris. Parmi de nombreux épisodes de sa très longue ascension, la "remontada" de 1995 reste marquante. Ou comment en quelques mois, à coup notamment de "fracture sociale" et de "Mangez des pommes", l'outsider trahi par une grande partie des siens a enfin fini Président !

D'abord au plus bas dans les sondages mais tenace et toujours au contact

Lorsque Jacques Chirac annonce sa candidature en novembre 1994, les politiques et les journalistes sont sceptiques :

Editorialiste chez LCI, Arlette Chabot travaillait à l'époque pour France 2. Elle se rappelle le contexte de cette question posée en janvier 1995  dans une émission spéciale : des sondages en berne et une opinion propice au Premier ministre de l'époque : Edouard Balladur.

Écouter
1 min
Arlette Chabot raconte le contexte de sa question de janvier 1995 : "quoiqu'il arrive vous irez jusqu'au bout Monsieur Chirac ?"

Edouard Balladur est parti pour être président de la République et déjà en tout cas le candidat de la droite. Donc deux candidats, c'est trop et on se dit Jacques Chirac va devoir lâcher. On voyait bien que les ministres ralliaient Balladur les uns après les autres et du coup lâchaient Chirac.                          
Arlette Chabot

Cette campagne est faite de trahisons : Nicolas Sarkozy puis Charles Pasqua, en particulier. Elle est assez proche de la marionnette des "Guignols" de l'ancien maire de Paris sur Canal , avec le dos bardé de poignards plantés par les balladuriens. 

Mais l'ex-Président du RPR s'acharne. Philippe Goulliaud, retraité de l'Agence France Presse et qui l'a suivi à l'époque puis à l'Elysée, reste impressionné :

Écouter
6 min
"C'était vraiment une campagne de l'impossible" raconte Philippe Goulliaud, qui suivait à l'époque Jacques Chirac pour l'AFP

Je me souviens notamment d'un voyage en Guyane où il avait parlé des problèmes de sécurité, de drogue, dans une petit salle devant douze personnes. On se disait : "mais que fait-il ?" Et au fond, il a su créé ce contact direct avec les Français, en insistant évidemment sur le côté très bourgeois d'Edouard Balladur.                      
Philippe Goulliaud

Jacques Chirac prend à revers cette droite libérale et conservatrice dont il fait pourtant partie.

Il se crée un espace au centre tout en braconnant sur les terres d'une gauche épuisée par 14 ans de mitterrandisme. Avec toujours en toile de fond cette image de bon vivant qui apprécie les pommes à croquer ou à boire : 

La dynamique prend. Signe non des moindres : les jeunes se rallient.

Même l'ex député PS Alexis Bachelay, 22 ans à l'époque et qui se cherche politiquement :

J'avais lu son livre "La France pour tous". Et on parlait beaucoup à l'époque du rôle de l'Etat, des services publics. Ce sont quand même des thèmes plutôt portés traditionnellement par la gauche. Il a fait une campagne d'outsider et il a réussi à raccrocher les wagons et en plus il a fait preuve de beaucoup de finesse, d'intelligence.                    
Alexis Bachelay

Écouter
3 min
L'ex député PS Alexis Bachelay explique pourquoi Chirac a su "capter" le climat de l'époque

Sur les plateaux télé, Chirac se lâche, enchaînant les bonnes formules. Et l'opinion finit par se retourner raconte Michel Field. Le directeur de la culture et du spectacle vivant chez France 2 l'avait reçu fin 1994 dans l'émission politique L'hebdo sur Canal  : "_Il sentait que, s'il tenait bon, la bulle médiatique qui entourait Edouard Balladur (_éclaterait, NDLR). A un moment donné, tous les médias se sont mis à faire la campagne de Balladur de façon assez éhontée. Je suis entré dans le métier cette année là : aussi bien à Europe 1 qu'à Canal, je peux vous dire que cela "balladurisait très fort". Quand je reçois Jacques Chirac à Europe 1 avant le 1er tour, il n'y a pas un dirigeant de la station qui vient le saluer. Ce qui est inconcevable.

Écouter
3 min
Michel Field raconte comment Jacques Chirac en personne remonte le moral de son dernier carré de fidèles

Au premier tour, le 23 avril 1995, avec 20,2% des voix, Jacques Chirac devance de 2 points son frère ennemi Edouard Balladur. Le socialiste Lionel Jospin est en tête avec 23,3% des suffrages. Mais le 7 mai, ce sera bien lui, "le bison égocentrique", son totem scout, qui entrera à l'Elysée. 

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......