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 Cet été, la Brittany Ferries a transporté 200 000 passagers au lieu des 800 000 habituels

La compagnie maritime Brittany Ferries en appelle à l'Etat pour surmonter ses difficultés

4 min
À retrouver dans l'émission

La compagnie maritime Brittany Ferries réduit aujourd'hui ses traversées entre la France et l'Angleterre et prend des mesures de chômage partiel. En proie à la plus grande crise de son histoire, elle en appelle à l'aide de l'Etat.

 Cet été, la Brittany Ferries a transporté 200 000 passagers au lieu des 800 000 habituels
Cet été, la Brittany Ferries a transporté 200 000 passagers au lieu des 800 000 habituels Crédits : catherine petillon - Radio France

"C’est assez incroyable et étrange", résume Liam, habitué à faire la queue durant des heures quand il prend le bateau pour rentrer en Irlande. Ce jour-là, pas de longue file de voitures à embarquer sur le Pont-Aven. Ce bateau de la Brittany Ferries peut accueillir jusqu’à 2 400 personnes, mais seuls 160 passagers feront la traversée, ainsi que quelques camions de marchandises.  

On a recommencé en juillet à naviguer, mais très vite la quatorzaine imposée par le Royaume-Uni à toutes les personnes qui arrivent de France a interrompu la reprise”, explique François Le Breton, commandant au sein de la compagnie. Conséquence immédiate : des dizaines de milliers de réservations annulées.
En été, la Brittany Ferries accueille 800 000 passagers. Cette année, ils sont quatre fois moins à avoir fait la traversée. La compagnie estime déjà à 100 millions d’euros ses pertes pour l’année. Alors, elle a décidé de fermer certaines liaisons avec l’Angleterre jusqu’en janvier ou mars, de mettre des équipes au chômage partiel tant qu’elle le peut, et de réaménager les postes et le temps de travail.

Bateaux à terre et lignes suspendues

Cette semaine, deux nouveaux navires seront désarmés. Cela fera sept navires sur douze à quai  Les liaisons entre Cherbourg, Saint-Malo, Le Havre et Porsmouth vont être interrompues jusqu'à l'année prochaine.
D'ici le mois d’octobre, le Pont-Aven sera arrêté à son tour. Il n’y aura alors plus de liaison entre la Bretagne et le Royaume-Uni : il faudra aller en Normandie.

A terre aussi, la baisse d’activité de la Brittany Ferries inquiète. Caroline Allard  tient l’Hôtel d’Angleterre à Roscoff. Cette année, les Britanniques, qui représentent d'habitude 30 % de sa clientèle, ne sont pas venus. La propriétaire s’organise pour tenir, et regarde avec attention ce qui se passe à la Brittany Ferries. "Tous les vacanciers qui arrivent d’Angleterre viennent en ferry. C’est un enjeu important pour nous. Mais la compagnie nous apporte aussi des clients quand elle organise des colloques ; nous accueillons aussi les personnes qui viennent pour des réunions ou des entretiens”, liste Caroline Allard.

Pour surmonter la crise, la Brittany Ferries demande l'aide de l'Etat
Pour surmonter la crise, la Brittany Ferries demande l'aide de l'Etat Crédits : Catherine Petillon - Radio France

Appel à l'Etat

Depuis quelques semaines,  Jean-Marc Roué, le Président de la Brittany Ferries multiplie les interpellations politiques et médiatiques pour demander de l’aide. L’argent ne rentre pas, or dès l’an prochain il devra commencer à rembourser les 117 millions d’euros de dettes contractée via un prêt garanti par l’Etat.
Pour améliorer ses résultats de comptes, Jean-Marc Roué prévoit 15 millions d’économies  grâce à un plan interne - suppressions de CDD, non-remplacements de départs à la retraite, polyvalence des salariés et aménagement du temps de travail.. Et tout autant d’économies sur les loyers des bateaux grâce à un partenariat avec les Régions Bretagne et Normandie ainsi que certains départements. Ces collectivités sont co-actionnaires de sociétés propriétaires d’une partie des bateaux utilisés par la Brittany Ferries. Un accord doit être signé cette semaine. 

Désormais, c’est à l’Etat que la compagnie maritime en appelle. Elle met en avant sa place qu'elle estime cruciale dans les ambitions de souveraineté industrielle d’Emmanuel Macron,  soutenue en cela par les parlementaires locaux.  
De son côté, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, a assuré que l’Etat soutiendrait la Britanny Ferries, Reste à savoir comment ? L’entreprise plaide pour une exonération des cotisations salariales le temps du remboursement de son prêt.
Une mesure de compétitivité avec ses concurrents mondiaux, estime ses dirigeants. Une demande que la CFDT, majoritaire dans l’entreprise, soutient. Alors que les centrales syndicales sont elles en général peu favorables à des aides reposant sur la baisse des cotisations sociales, nécessaires au financement déjà bien entamé du modèle social.
Sur le principe, l’appel à l’aide semble en tout cas avoir été entendu par le gouvernement "Nous sommes prêts à soutenir l'entreprise pour bâtir un modèle économiquement viable sur le long terme", a déclaré la semaine dernière Bruno Le Maire. Le ministre de l’Economie a ainsi mandaté le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri) pour étudier la situation de la compagnie.

Reportage à Roscoff de Catherine Petillon

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