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La cheffe Bérangère Fagart accueille cette année dans son restaurant parisien la cheffe afghane Rabia Aryobwal.

La cuisine afghane à l'honneur au Refugee Food Festival

4 min
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Depuis 2016, les missions du Refugee Food Festival sont d'aider à l'insertion des réfugiés et de mettre en avant la diversité culinaire. Dans ce cadre, la cheffe Bérangère Fagart accueille cette année dans son restaurant parisien la cheffe afghane Rabia Aryobwal.

La cheffe Bérangère Fagart accueille cette année dans son restaurant parisien la cheffe afghane Rabia Aryobwal.
La cheffe Bérangère Fagart accueille cette année dans son restaurant parisien la cheffe afghane Rabia Aryobwal. Crédits : Victor Maestle

C'est actuellement le Refugee Food Festival, qui se tient jusqu'à dimanche 18 juillet 2021 à Paris et dans 9 autres villes en France. Créé en 2016, il a lieu dans 70 restaurants où les chefs cuisiniers reçoivent un chef réfugié pour une soirée de partage culinaire. L'objectif est de faire connaître la situation des réfugiés et d'aider à leur intégration. Mercredi 14 juillet, Bérangère Fagart, la cheffe et co-fondatrice du restaurant Sélune dans le 11e arrondissement de la capitale, accueillait la cheffe cuisinière et réfugiée afghane Rabia Aryobwal pour un repas afghan.

Reportage à Paris de Lisa Penalver

Un mélange de saveurs et de cultures 

Dans les cuisines de son restaurant, Bérangère Fagart apprend la cuisine afghane sous la supervision de Rabia Aryobwal au rythme de Ahmad Zahir, célèbre chanteur afghan.

Préparation des Bolanis au restaurant Sélune
Préparation des Bolanis au restaurant Sélune Crédits : Victor Maestle

Là, on fait des Bolanis, qui sont des pains farcis afghans, farcis avec de la pomme de terre, des poireaux jeunes de printemps et un peu d'oignon. C'est comme des galettes fines de pain qu'on farcit avec cette petite purée et après il faut venir refermer la galette.

C'est Rabia qui a choisi le menu ou plutôt le festin. En plus des pains bolanis, il y des raviolis à l'agneau ou végétariens, du riz à l'orange et à l'agneau, un ragoût d'aubergine : le korma et en dessert le ferni. 

Préparation du ferni, le dessert afghan, dans les cuisines du restaurant parisien.
Préparation du ferni, le dessert afghan, dans les cuisines du restaurant parisien. Crédits : Victor Maestle

Un mélange de cultures qui ravit la cheffe Bérangère Fagart pour sa première participation au Refugee Food Festival : 

C'est une vraie découverte pour moi qui ne connait pas la cuisine afghane et ceux sont des valeurs et des convictions que nous partageons. Pour moi la cuisine c'est un langage universel, ça me paraît évident d'accueillir qui que ce soit dans mon restaurant et de pouvoir faire partager sa culture au plus grand nombre.

  Bérangère Fagart, cheffe de Sélune.
Bérangère Fagart, cheffe de Sélune. Crédits : Victor Maestle

Elle sait déjà qu'elle reprendra certaines recettes sur sa carte. Rabia de son côté prépare maintenant le riz à l'orange, on devine son sourire derrière son masque. 

La cuisinière afghane ne maîtrise pas encore très bien le français mais Marwa Aryobwal, sa jeune nièce venue l'aider à préparer, s'improvise interprète.

Ça lui tient à cœur de partager avec les Français les recettes afghanes qui représentent un peu aussi la culture afghane.

Rabia est une cuisinière autodidacte. Elle est très peu allée à l'école mais sa passion pour la cuisine la tient depuis l'enfance. Une mémoire qui lui permet une maîtrise instinctive des recettes. À bientôt 40 ans, elle travaille son français pour pouvoir intégrer un restaurant et rêve pourquoi pas à terme d'ouvrir le sien.

La cheffe afghane Rabia  Aryobwal au restaurant Sélune. Paris, le 14 juillet 2021.
La cheffe afghane Rabia Aryobwal au restaurant Sélune. Paris, le 14 juillet 2021. Crédits : Victor Maestle

"Montrer aussi sa solidarité malgré un contexte économique et social très compliqué"

Il est 19h30, la cuisine s'active car les premiers clients commencent à arriver. La salle est comble, 70 couverts sont réservés. Arnaud est attablé avec son épouse et leurs assiettes sont déjà presque vides.

Vraiment des bonnes saveurs, c'est fin, c'est très très bon. On aime bien les cuisines du monde déjà nous en tant que gourmets et puis c'est aussi un acte pour les encourager et pour les soutenir.

Quelques tables plus loin, Marine Mandrila, co-fondatrice du festival, se réjouit du succès de l’événement, surtout en cette saison si singulière.

Lors de chaque soirée, le chef réfugié est rémunéré et le chef accueillant est encouragé à financer une association alimentaire avec ses bénéfices.

C'est une marque d'engagement  pour les restaurateurs d'ouvrir leur cuisine cette année à des cuisiniers venus d'ailleurs et de montrer aussi  leur solidarité malgré un contexte économique social très compliqué. On pense qu'une des voies de l'intégration "sereine", c'est l'insertion économique, d'essayer de trouver non seulement un épanouissement personnel mais aussi une indépendance financière,  et économique. Travailler c'est aussi avoir accès à un tissu social, rencontrer des personnes, comprendre aussi son pays d'accueil au travers de la cuisine.

Le Refugee Food Festival veut aller plus loin, continuer à développer des ateliers d'insertion tout au long de l'année en France, par le biais de l’association Food Sweet Food et se relancer à l'international comme avant l'épidémie. 

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