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31 films sont en compétition pour ce 1er festival du film social (images extraites de différents films présentés)

Le festival du film social : pour rendre visibles les "invisibles"

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À partir de ce mardi et jusqu'à jeudi, est organisé le 1er festival du film social à Paris et dans six villes de France : 31 films sont proposés, du long au court-métrage, fiction ou documentaire qui ont tous comme point commun d'aborder des thèmes souvent passés sous silence au cinéma.

31 films sont en compétition pour ce 1er festival du film social (images extraites de différents films présentés)
31 films sont en compétition pour ce 1er festival du film social (images extraites de différents films présentés)

Le premier festival du film social débute ce mardi jusqu'au 17 octobre à Paris et dans six villes de France. Pendant ces trois jours, 31 films seront en compétition, des longs ou courts-métrages qui donnent tous la parole à celles et ceux que l'on surnomme "les invisibles" et que l'on voit rarement au cinéma. 

Tout au long du conflit social, les "gilets jaunes" n'avaient pas hésité à se filmer eux-mêmes via des Facebook live pour se donner de la visibilité. Dans les longs et courts-métrages présentés lors du festival, les publics n'ont pas l'habitude de prendre la parole devant les caméras. Le handicap, la détention, les migrants, les sans-abris, les violences sexuelles : voilà certains sujets qui y sont abordés. L'important ici n'est pas seulement la qualité cinématographique du documentaire ou de la fiction présenté mais aussi le sujet choisi, souvent passé sous silence sur grand écran. 

Anne Brucy est la déléguée générale du festival du film social
Anne Brucy est la déléguée générale du festival du film social Crédits : Fiona Moghaddam - Radio France

"Dans le cinéma ou la télévision, on ne parle pas des choses qui donnent le bourdon aux spectateurs ou téléspectateurs", explique Anne Brucy, la déléguée générale du festival. Pourtant, "qui dit film social ne dit pas déprime", ajoute-t-elle. Dans les films présentés, "c'est souvent très drôle et très chaleureux". Parler de ces sujets et de celles et ceux qui les vivent au quotidien, c'est aussi dans l'espoir de "créer une passerelle" avec le public, alors qu'aller vers l'autre semble de moins en moins évident de nos jours. 

Montrer les fractures dont souffrent les plus précaires

Donner la parole à ces "invisibles" au cinéma, c'est aussi confronter le public à leur réalité. "Les personnes qui ont besoin d'aide ont vécu de multiples fractures, de la perte d'un emploi à une exclusion d'un logement, des problématiques de santé", raconte Katia Lamardelle. Elle est directrice de l'ENS, l'un des partenaires de ce festival. L'École normale sociale, installée dans le 18e arrondissement de Paris, forme chaque année 150 travailleurs et travailleuses sociaux. C'est aussi un centre social où sont accueillies environ 800 personnes.

Katia Lamardelle, directrice de l'École normale sociale
Katia Lamardelle, directrice de l'École normale sociale Crédits : Fiona Moghaddam - Radio France

Des profils où les fractures de la vie sont multiples mais restent "peu visibles du grand public". Alors, à travers ces différents films "sociaux", la directrice espère :

Faire de ces personnes précaires des héros, on verrait tout ce qu'elles sont obligées d'inventer, qu'elles ne sont pas profiteuses d'aides comme cela peut être décrit parfois.            
Katia Lamardelle, directrice de l'École normale sociale

Ombline Ley et Caroline Capelle ont réalisé "Dans la terrible jungle" où sont filmés des jeunes adolescents handicapés
Ombline Ley et Caroline Capelle ont réalisé "Dans la terrible jungle" où sont filmés des jeunes adolescents handicapés Crédits : Les Acacias

Pour leur premier film, Ombline Ley et Caroline Capelle ont décidé de poser leur caméra dans un Institut médico-éducatif (IME) du nord de la France. Pendant un an et demi, elles ont filmé une dizaine de jeunes handicapés âgés de 15 à 20 ans et qui vivent dans ce centre. Au-delà du handicap, leur film "Dans la terrible jungle" raconte surtout la vie de ces adolescents. "On n'a pas essayé de cacher le handicap. On avait l'impression, parce que c'était un IME, qu'on était obligées de faire un documentaire sur le handicap mais ce n'est pas du tout ce qu'on voulait faire et eux [les jeunes] non plus", lance Ombline Ley. Leur film a réalisé environ 10 000 entrées lors des deux mois de diffusion en salles.

L'enjeu du festival est à présent de trouver son public et d'être présent dans toute la France dès l'an prochain.

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