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Manifestation devant le siège du parti travailliste dans le centre de Londres, 4 septembre 2018

Le Labour de Jeremy Corbyn face à l’antisémitisme

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Au Royaume-Uni, après des mois de polémique et de tempête médiatique à propos des positions de son leader Jeremy Corbyn, le parti travailliste modifie son code de conduite pour mieux lutter contre l’antisémitisme.

Manifestation devant le siège du parti travailliste dans le centre de Londres, 4 septembre 2018
Manifestation devant le siège du parti travailliste dans le centre de Londres, 4 septembre 2018 Crédits : Daniel LEAL-OLIVAS - AFP

Ces derniers mois, Jeremy Corbyn, le chef du Labour, a été mis en cause, à plusieurs reprises, par des membres de la communauté juive. Ils lui reprochent de ne pas avoir suffisamment condamné les comportements antisémites et d’avoir été lui-même complaisant vis-à-vis des Palestiniens, trop proche du Hamas. Dans un enregistrement publié cet été, le chef de file de la gauche se moquait des « sionistes britanniques qui ne comprennent pas l’humour anglais ».

Ce problème a été soulevé pour la première fois par les représentants des instances religieuses. C’est une première, Jonathan Sacks, ancien Grand Rabbin du Royaume Uni, et qui siège à la Chambre des Lords, parle de menace pour les juifs d’Angleterre. "Cela fait 30 ans que je participe à la vie publique, je ne crois pas avoir fait une seule déclaration sur un parti politique. Mais il fallait que je lance un avertissement. Même si la totalité de l’Europe glisse vers une forme de retour de l’antisémitisme, je croyais de tout mon cœur qu’ici cela ne pourrait pas arriver. N’importe quelle personne, qui est ami avec le Hamas et le Hezbollah. L’antisémitisme est de retour. N’importe quelle personne qui utilise le terme « sioniste » librement, peut rallumer en Grande Bretagne les flammes de la haine qui est en train de ressurgir en Europe. Et c’est totalement irresponsable. On est pas à l’abri que Jeremy Corbyn devienne un jour Premier Ministre. Il est le chef de file de l'opposition du Royaume de sa Majesté. Il doit dire qu’il regrette, et se repentir pour pouvoir regagner la confiance des juifs et du grand public."

Le nouveau texte adopté par les travaillistes

En pratique, les travaillistes intègrent dans leur code de conduite de nouveaux exemples pour définir l’antisémitisme donnés par l’alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, tout en adoptant un texte qui réaffirme la liberté d’expression vis-à-vis de l’Etat d’Israël.

Pour le faire savoir, la gauche mobilise ses figures de proues, à l’image de Gordon Brown. Invité au Congrès des juifs travaillistes dimanche dernier, l’ancien Premier ministre a parlé à la tribune de l’antisémitisme comme d’une tâche à effacer pour que le parti retrouve ses couleurs et sa mission : "Nous combattons chaque forme de discrimination, toutes les discriminations, tous les harcèlements, tous les préjugés ! C’est cela qui compte pour le parti travailliste ! Sans condition ! On parle de toutes les formes de discrimination !"

Mais cela ne suffira peut-être pas à calmer la peur et la colère de beaucoup de juifs britanniques. Certains se sont rassemblés ce lundi devant le siège du parti travailliste réclamant le départ de Jeremy Corbyn. 

A moins d’un mois du congrès des travaillistes, avec au programme la question épineuse du positionnement de la gauche face au Brexit, le parti ne peut pas se permettre de rester divisé plus longtemps à ce sujet.

Reportage de notre correspondant à Londres, Antoine Giniaux.

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