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Le drapeau du Labour secoué par les bourrasques devant l'entrée de la conférence annuelle.

Le Parti travailliste britannique en pleine crise d'identité

3 min
À retrouver dans l'émission

La Conférence annuelle des travaillistes britanniques s’achève ce mercredi à Brighton. Après cinq jours de discussions intenses et de remous internes, la ligne politique ne semble pas beaucoup plus claire. Le principal parti d’opposition à Boris Johnson ne sait plus où il habite.

Le drapeau du Labour secoué par les bourrasques devant l'entrée de la conférence annuelle.
Le drapeau du Labour secoué par les bourrasques devant l'entrée de la conférence annuelle. Crédits : Richard Place - Radio France

Un vent violent, une mer déchaînée. Face au centre de conférence de Brighton, la nature offre une parfaite allégorie des tourments travaillistes.

La ligne actuelle du parti est plutôt centriste. S’opposant fermement à la précédente, nettement plus à gauche. 

La nouvelle direction fait le ménage dans ses rangs. Notamment parmi les fervents défenseurs de la cause palestinienne. Elle accuse certains d’antisémitisme pour les mettre dehors. D’où ces militants qui manifestent à proximité de la plage et dénoncent une purge.

"Il y en a une !" s'exclame Sandra Kennedy, une "très vieille militante", comme elle se définit elle-même. "Ces accusations d’antisémitisme n’ont aucun sens. Tout le monde le sait ! C’est une manœuvre politique et ça crée des dégâts. Ça divise le parti, c’est tellement triste..."

"Nous prenons un virage", affirme un député

Dans les salons feutrées et tristes des hôtels du front de mer se tiennent des réunions thématiques. Des élus, des responsables d’associations, des syndicalistes, discutent et débattent des grands sujets d’actualité, devant des militants. Dans le calme. 

Darren Jones loue la qualité de ces échanges. Ce député veut voir dans cette conférence annuelle le renouveau de son mouvement.

"Absolument. Nous prenons un virage. Nous avons vécu des défaites historiques. Plein d’électeurs ne voulaient plus voter pour nous. C’est le début de la reconquête pour, on l’espère, remettre au pouvoir un gouvernement travailliste."

Des échanges posés dans de tristes salles de réunion et en coulisses, de grandes tensions
Des échanges posés dans de tristes salles de réunion et en coulisses, de grandes tensions Crédits : Richard Place - Radio France

Dans les urnes, le Labour va de déculottée en déculottée. La plus cuisante, c'était il y a deux ans, lors d'élections générales écrasées par les conservateurs, qui avaient obtenu plus de 80 sièges d’avance au Parlement.

Les travaillistes se sont déchirés sur la question du Brexit. Encore aujourd’hui, l’attitude du parti n’est pas claire sur ce sujet. Plus globalement, le mouvement cherche son positionnement politique.

Un manque de clarté évident et des électeurs habituels qui vont voir ailleurs. C'est flagrant dans le Nord de l’Angleterre, des terres industrielles baptisées le mur rouge pour leur propension naturelle à voter à gauche. Sauf que le mur s’érode voire s’effondre à certains endroits.

AndyrBurnham, le maire Travailliste de Manchester, fait partie des futurs leaders potentiels du parti
AndyrBurnham, le maire Travailliste de Manchester, fait partie des futurs leaders potentiels du parti Crédits : Richard Place - Radio France

Andy Burnham fait partie des briques encore solidement accrochées. Le maire de Manchester incarne le renouveau pour certains militants, au point de voir en lui un futur leader national.

Nous essayons de reconstruire le parti, en partant de la base. La décentralisation des pouvoirs vers des villes comme Manchester, c’est une opportunité pour faire de la politique différemment. Se reconnecter avec un électorat travailliste traditionnel qui s’est un peu éloigné de nous ces derniers temps. C’est ce que j’essaie de faire à Manchester et il semble que ça marche. Les gens aiment ça. Peut-être que le parti doit faire pareil pour se redresser au niveau national.

Le chef du parti depuis un an et demi, c’est Keir Starmer. Cet avocat spécialiste des droits de l’homme, se retrouve en friction quasi permanente avec Jeremy Corbyn, son prédécesseur. Et tous ses soutiens.

Les Travaillistes n'arrivent pas à choisir leur voie selon le Pr Tony Travers, politologue
Les Travaillistes n'arrivent pas à choisir leur voie selon le Pr Tony Travers, politologue Crédits : Richard Place - Radio France

Des revers électoraux et une crise interne, son job n’est pas de tout repos. Tous les observateurs le constatent, comme le Pr Tony Travers, politologue.

"Il y a un bon jeu que l’on pratique en soirée ici. On pose la question : si vous deviez trouver un leader travailliste à la place de Keir Starmer, ce serait qui ? Et personne ne peut répondre. Même ceux qui pensent que Starmer n’est pas terrible. Les travaillistes ne savent pas s’ils doivent jouer les durs et s’attaquer frontalement à Boris Johnson. Ou s’ils adoptent une stratégie post-Brexit, post-Thatcher, post à peu près tout pour une vision du monde fondée sur du bon sens."

Idéologue ou pragmatique, le parti travailliste hésite et chancelle, laissant un boulevard aux Conservateurs. Pris dans ses propres courants contraires, le principal mouvement d’opposition ne sait pas sur quelle vague surfer.

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