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40 000 Lituaniens ont constitué ce dimanche une chaîne humaine de 30 Km, en soutien à l'opposition biélorusse

Chaîne humaine pour la Biélorussie

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Alors que 100 000 Biélorusses se rassemblaient pour le second week-end consécutif au centre de la capitale, Minsk, pour protester contre la réélection du Président Alexandre Loukachenko, en Lituanie voisine, une chaîne humaine de 30 km de long s'est constituée en soutien à l'opposition biélorusse.

40 000 Lituaniens ont constitué ce dimanche une chaîne humaine de 30 Km, en soutien à l'opposition biélorusse
40 000 Lituaniens ont constitué ce dimanche une chaîne humaine de 30 Km, en soutien à l'opposition biélorusse Crédits : Gilles Gallinaro - Radio France

La chaîne humaine s'allonge sur plus de 30 km depuis la Place de la Cathédrale, au centre de Vilnius... jusqu'à la frontière Biélorusse. Au  long de cette route, des dizaines de milliers de personnes s'alignent, toutes revêtues de rouge et blanc les couleurs de la première Biélorussie indépendante. Cette longue cohorte, en solidarité avec le voisin Biélorusse, fait aussi écho à une autre chaîne humaine qui, en 1989, a amené près de 2 millions de personnes sur les frontières orientales des pays baltes, sur 675 km en tout ! A l'époque, il s'agissait de revendiquer l'indépendance des trois Etats baltes vis à vis de l'URSS, qui les avaient annexés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Vida, la soixantaine, avait déjà participé à cette "Voie Balte" de 1989. 31 ans plus tard, elle se retrouve au même endroit et ne cache pas son émotion: "Je suis surtout émue car les gens, là-bas en Biélorussie se font taper dessus.  Alors que nous, nous étions occupés par un autre pays et nous nous battions pour notre liberté., là ce sont des Biélorusses qui brutalisent d’autres Biélorusses". Quand j’étais enfant, rajoute-t-elle, nos parents nous amenaient à Grodno en Biélorussie, on y allait pour faire des courses. C’est un pays qui nous était très proche. J’ai grandi avec ce pays.

La proximité des Lituaniens avec les Biélorusses ne fait guère de doute et l'opération "chaîne humaine de la liberté", pour symbolique qu'elle soit demeure importante souligne Andrius Tapinas, le journaliste qui a conçu toute l'opération et qui se souvient de la manif de 1989, alors que les pays baltes étaient en quête de reconnaissance : "Quand nous les Lituaniens, quand nos parents ont entamé ce combat pour la liberté on cherchait des soutiens à l'étranger... Et en fait au début seule l'Islande nous a soutenu (et reconnu). Et 30 ans plus tard on est toujours très reconnaissant à l'Islande pour ce geste. ..Et je crois que la Biélorussie attend un soutien de l'étranger, particulièrement des voisins les plus proches. Ce sera difficile pour eux d'avoir un soutien des Russes, mais nous les Lituaniens, on est libres ; on peut crier "Vive la Biélorussie" ! On est avec vous ! On sera toujours vos voisins ! 

Gitanas Nauséda, le président lituanien et son épouse se sont joints à la chaîne humaine
Gitanas Nauséda, le président lituanien et son épouse se sont joints à la chaîne humaine Crédits : Gilles Gallinaro - Radio France

La chaîne humaine lituanienne a déplacé des anonymes, bien sûr mais aussi quelques personnalités ; le président lituanien s'y est joint, de même que le ministre des Affaires Etrangères du pays, Linas Linkevicus, ancien ambassadeur en Biélorussie et qui connait particulièrement bien le pays : "Ce sont des voisins, dit-il. Ce sont des gens très bien, et ils méritent qu'on les traite mieux ! Ils ne demandent pas grand chose : d'être écoutés et... de décider eux-même de leur avenir, de ce que sera leur pays, par qui il sera gouverné. Ce n'est pas trop demander !"

Le chef de la diplomatie lituanienne promet d'ailleurs d’accueillir les Biélorusses qui, le cas échéant, seraient amené à devoir quitter, voire à fuir leur pays. "Il n'y aura pas de "corridor" ; on accueille déjà certains pour des raisons humanitaires ; on vérifie s'ils sont menacés. Et ce n'est pas nouveau ! On donne asile à certains, y compris Svetlana Tikhanovskaya ; à qui on a donné un visa d'un an : elle peut rester ici sans restriction".

Une manifestation en rouge et blanc : les couleurs du premier drapeau biélorusse, devenu le symbole de l'opposition au régime de Loukashenko
Une manifestation en rouge et blanc : les couleurs du premier drapeau biélorusse, devenu le symbole de l'opposition au régime de Loukashenko Crédits : Gilles Gallinaro - Radio France

Dans la foule de cette chaîne humaine lituanienne on trouve aussi quelques Biélorusses comme Vadim Vileïta, qui n'en revient pas de ce mouvement de soutien : "Là, j'ai le sentiment que mon rêve est devenu réalité : que les Lituaniens ne regardent plus la Biélorussie comme une nation hostile, une nation "pro-Russe" ou une dictature de type soviétique, mais que c'est aussi la nation de millions de gens... aujourd'hui libres ! Et qui veulent avoir de bonnes relations avec tout le monde, notamment avec la Lituanie... Je suis si content de voire cette solidarité si forte entre lituaniens et Biélorusses... C'est vraiment un jour historique ! Pour les deux pays... mais particulièrement pour la Biélorussie !"

Alors qu'à Minsk, les manifestations de ce dimanche ont réuni au moins 100 000 personnes... Il y en avait 40 000 supplémentaires à avoir fait le déplacement sur la frontière depuis la Lituanie.

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