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Manifestation dans la cathédrale de Managua le 21 octobre 2018 pour la libération de prisonniers politiques. Face à l'interdiction de manifester, les rassemblements se multiplient dans les églises

Nicaragua : interdiction de manifester

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Le président Daniel Ortega et son épouse et vice-présidente Rosario Murillo continuent de régner d’une main de fer sur le Nicaragua. Plusieurs organismes internationaux, dont l’ONU, ont constaté l’ampleur de la répression contre la population. Rencontre avec opposants et sympathisants d'Ortega.

Manifestation dans la cathédrale de Managua le 21 octobre 2018 pour la libération de prisonniers politiques. Face à l'interdiction de manifester, les rassemblements se multiplient dans les églises
Manifestation dans la cathédrale de Managua le 21 octobre 2018 pour la libération de prisonniers politiques. Face à l'interdiction de manifester, les rassemblements se multiplient dans les églises Crédits : Inti Ocon - AFP

Depuis que le président Daniel Ortega a violemment fait dissoudre les manifestations qui ont débuté en avril dernier contre la réforme de la sécurité sociale, plusieurs organismes internationaux, dont l’ONU, ont constaté l’ampleur de la répression contre la population. Les organismes de défense des droits de l’homme chiffrent le bilan à 330 morts, en majorité des étudiants, même si certains évoquent plus de 500 morts. Pour sa part, le régime d’Ortega reconnaît 198 morts, presque tous des policiers selon la version officielle, et se présente en victime d’une tentative de coup d’Etat.

Ces dernières semaines, le gouvernement, associé à des groupes paramilitaires, exécute une véritable chasse aux opposants : les étudiants qui ont pris part aux manifestations sont arrêtés massivement et emprisonnés. Plusieurs d’entre eux ont dénoncé des tortures et mauvais traitements en prison. Toute trace des protestations a été gommée des rues de Managua. Dans la capitale et dans tout le pays, le pouvoir s’est arrogé le monopole des manifestations. Les militants du Front sandiniste, le parti officiel, et les travailleurs de l’Etat occupent les rond-points de la capitale. Toute la ville murmure que ces manifestations ne sont pas spontanées mais rémunérées.

Aujourd’hui, seuls les graffitis à la gloire du couple présidentiel sont admis. Comme les morts, les prisonniers politiques sont ignorés par le discours officiel.

Beaucoup de jeunes Nicaraguayens vivent désormais dans la clandestinité pour éviter d’être capturés. Ces derniers jours, les manifestations express contre le régime se sont popularisées, ainsi que les rassemblements dans les églises, afin de contourner l’interdiction de manifester proclamée par le gouvernement.

Notre correspondante, Emmanuelle Steels, s’est rendue au Nicaragua, où elle a rencontré les opposants et les sympathisants de Daniel Ortega.

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