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Cette réunion rassemblera les présidents des conférences épiscopales, des responsables du Vatican, des experts et des représentants des ordres religieux. Initiative trop tardive pour ses détracteurs

Les premières réponses de l'Eglise catholique au défi de la pédophilie

4 min
À retrouver dans l'émission

Les scandales de pédophilie touchent à ce point l’Eglise que le pape François a convoqué un Sommet extraordinaire sur la "prévention des abus contre les mineurs et les adultes vulnérables" à partir de ce jeudi. L’Eglise tente de relever ce défi. A son rythme. Reportage à Rome.

Cette réunion rassemblera les présidents des conférences épiscopales, des responsables du Vatican, des experts et des représentants des ordres religieux. Initiative trop tardive pour ses détracteurs
Cette réunion rassemblera les présidents des conférences épiscopales, des responsables du Vatican, des experts et des représentants des ordres religieux. Initiative trop tardive pour ses détracteurs Crédits : Franco Origlia - Getty

Les évêques du monde entier sont réunis à Rome à partir de ce jeudi pour quatre jours. Il s'agit d'évoquer la "prévention des abus contre les mineurs et les adultes vulnérables", alors que l'Eglise cherche encore une réponse concertée et coordonnée à une crise qui dure maintenant depuis plus de deux décennies. Cette réunion inédite est jugée trop tardive et trop limitée par ses détracteurs.

Crédits : Simon MALFATTO, Sabrina BLANCHARD - AFP

Des formations encore rarissimes

Notre correspondante à Rome, Mathilde Imberty, s'est notamment rendue à l’Université Grégorienne de la ville pour ce reportage, un établissement pontifical centenaire dirigé par les Jésuites. C’était un jour de cérémonie, avec 16 étudiants qui reçoivent un diplôme en protection de l’enfance. Religieux ou laïcs, ils ont suivi cinq mois de formation pluridisciplinaire autour d’un thème : les abus sexuels. Le Père Wyclief Ochieng, par exemple, du Kenya :

Je suis prêtre et je sais que cette cause est très importante. J’ai maintenant en main des outils pour l’affronter. Je connais les facteurs de risque et je sais créer un environnement de confiance pour les victimes. C’est un champ risqué qui requiert de la formation et de l’entrainement. Vous vous faites un tas d’ennemis en révélant des cas d’abus. En même temps, il y a tellement de travail... Tous ces cas qui sont cachés... Au Kenya, aucun scandale n’a encore éclaté au grand jour mais ça ne veut pas dire qu’il ne se passe rien ! Et le jour où ils éclateront, il faudra savoir comment réagir...  

La demande d'un changement drastique par certain.es

Ces hommes ces femmes réclament un changement drastique. Que les victimes commencent à être entendues. Des attentes à mille lieux de pays comme les Etats-Unis qui en sont à écarter les évêques négligents ou les prêtres jugés coupables. Teresa est religieuse au Nigeria, fraîchement diplômée elle aussi du Centre de Protection pour Mineurs :

Au Nigeria nous vivons dans une culture du silence. Contrairement aux Etats Unis ou à l’Europe. Les gens ne connaissent pas leurs droits, ils ne savent pas qu’ils peuvent parler, notre culture ne le supporterait pas ! Les parents eux-mêmes préfèrent protéger l’image de leurs enfants plutôt que de révéler les cas d’abus. Et quand le crime est perpétré par quelqu’un de l’Eglise, ils protègent l’Eglise ! Ainsi, personne ne sait que l’Eglise aussi se comporte mal parfois...  

Au sein de l’Eglise, les formations comme celles de la Grégorienne restent rarissimes. Mais les structures locales se multiplient. Dans les diocèses notamment pour faire de la place aux victimes. Nous avons progressé reconnait le Père Stéphane Joulain, un expert pourtant très critique. Formé en psychothérapie et victimologie, il accompagne les pédophiles comme les victimes depuis des années et sur tous les continents. Son analyse : l’Eglise doit s’attaquer à sa structure même !    

"Chacun doit prendre sa part"

L’Eglise est dotée de tout un corpus de normes face à la pédophilie. Le Sommet organisé en cette fin de semaine ne devrait pas en faire émerger de nouvelles. Le Pape François va plutôt insister sur la responsabilité des évêques, tempère le Père Hans Zollner, responsable de la formation pour la protection de l’enfance à l’université grégorienne et co-organisateur du Sommet au Vatican :

L’Eglise catholique est faite de composantes variées et le Pape n’est pas un empereur à qui il suffit de pousser un bouton pour que les évêques obéissent. Ça non... ! Mais l’un de ses objectifs lors de ce Sommet est qu’ils réalisent où est leur responsabilité. Un évêque ou une conférence épiscopale peut facilement se dédouaner en disant « c’est Rome qui traite » ! Non, chacun doit prendre sa part...   

Un défi pour le pape. Faire appliquer la tolérance zéro partout. Sans exception.

Crédits : Vincent LEFAI, Sabrina BLANCHARD, Gal ROMA - AFP
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