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A Berlin, le 27 décembre 2020, des barrières se dressent à la porte de Brandebourg, non loin du bâtiment du Reichstag.

L'économie allemande peut-elle vraiment rebondir en 2021 ?

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La première économie d’Europe traverse l’une des phases les plus difficiles depuis la fin de la guerre. La pandémie de coronavirus et les mesures de restrictions ont entraîné l'an passé une récession autour de 5%. L'Allemagne a-t-elle les moyens de se relever et de faire de 2021 l'année du rebond ?

A Berlin, le 27 décembre 2020, des barrières se dressent à la porte de Brandebourg, non loin du bâtiment du Reichstag.
A Berlin, le 27 décembre 2020, des barrières se dressent à la porte de Brandebourg, non loin du bâtiment du Reichstag. Crédits : Paul Zinken / DPA / dpa Picture-Alliance - AFP

Chaque semaine supplémentaire de confinement, ce sont 3 milliards et demi d’euros de richesse en moins. C’est ce que ne produit plus la machine allemande.

"Mais ça pourrait être pire" explique l’économiste Ernst Stetter. Il fait partie des optimistes. Pour lui, les mesures de chômage partiel fonctionnent, une grande majorité d’Allemands a pu conserver son emploi et un salaire. "C’est déjà un point important" dit-il.

Bien sûr, il y a des secteurs qui souffrent beaucoup plus que d’autres, comme le commerce de détail, le tourisme et l’hôtellerie. Une vague de faillites paraît quasi inévitable dans les mois qui viennent.

A l’inverse, avec un Etat qui est venu à la rescousse à coups de milliards, l’un des piliers de l’économie allemande semble solide. 

L'industrie s'en sort assez bien malgré le nouveau confinement, poursuit Ernst Stetter. L'optimisme est là.

Hormis le secteur automobile qui signe sa quatrième année consécutive de baisse, 2020 est même sa pire année depuis la réunification allemande, l’industrie pourrait être cette année le seul moteur un peu en état de marche de l’économie du pays, grâce à la Chine notamment. On voit aussi que les exportations reprennent un peu de vigueur. C'est encore léger mais c’est constant. Néanmoins, la route est encore longue pour retrouver des niveaux d’avant la crise.

Un autre élément, c’est la consommation. Les Allemands ont reçu leur salaire mais n’ont pas pu aller au restaurant ou partir en voyage. Il y aurait là 100 milliards d’euros qui dorment sur des comptes. Ernst Stetter parle d'une "bulle d'épargne" qui peut se libérer très vite.

Il faut d'abord que l'optimisme revienne un peu, qu'on sorte du confinement et que la campagne de vaccination avance bien, vers mars ou avril, on peut espérer que la consommation augmente davantage. Les Allemands ont le pouvoir de stimuler énormément leur économie.

Tout dépend de la façon dont les Allemands choisiront de dépenser ou d'épargner. Tout dépend aussi combien de temps durera encore le confinement, la reprise serait alors différée au second semestre voire début 2022. Les économistes avancent dans le brouillard. Ils établissent pour l’heure des pronostics assez différents allant de 3 à 5% de croissance pour cette année.

Le PIB en hausse de 12,5% au 3e trimestre 2020 dans la zone euro (Eurostat).
Le PIB en hausse de 12,5% au 3e trimestre 2020 dans la zone euro (Eurostat). Crédits : Visactu
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