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Distribution de repas chauds gratuits sur une petite place de Buenos Aires organisée par la Centrale des travailleurs Argentins

L'Argentine à nouveau en crise

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Dévaluation, chômage, inflation, licenciements… Il est de plus en plus difficile de boucler les fins de mois en Argentine et la colère gronde contre le gouvernement de Mauricio Macri. Le pays a vécu ce mercredi une cinquième grève générale sous son mandat.

Distribution de repas chauds gratuits sur une petite place de Buenos Aires organisée par la Centrale des travailleurs Argentins
Distribution de repas chauds gratuits sur une petite place de Buenos Aires organisée par la Centrale des travailleurs Argentins Crédits : Caroline Vicq - Radio France

Selon un rapport de l’Université Catholique argentine, 33% des Argentins vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Les mesures d’austérité et la hausse des prix indignent les Argentins et compliquent le présent et l'avenir du gouvernement, à 5 mois de l’élection présidentielle. L'inflation s'est élevée à 48% en 2018 et elle continue à grimper de 4% par mois depuis le début de l'année. Les Argentins sortent souvent scandalisés du supermarché ou de la pharmacie et économisent en devises étrangères. Dans certains cas, on paye directement en dollars pour l’achat par exemple d’une voiture, d’une maison ou d’un voyage.

Gustavo a 39 ans et dirige une petite agence de voyages. Avec son épouse, ils ont des jumeaux de 9 mois, et vivent dans leur propre appartement à Buenos Aires. Une famille de classe moyenne qui, comme le reste des Argentins, a vu sa qualité de vie se dégrader :

Les gens qui faisaient 3 voyages par an n’en font plus qu’un maintenant. Avec mon associée, on paye d’abord les salaires,  le loyer et ensuite le salaire des propriétaires. Et parfois, on ne touche rien parce qu’on est trop justes. Et bien sûr, depuis que les jumeaux sont arrivés, on dépense le double. Par exemple, le paquet de couches qui était à 250 pesos, aujourd’hui il en vaut 400. Le futur du pays me semble très délicat. Et le mot qui résume tout c’est le mot « inquiétude ».

Une cinquième grève générale depuis fin 2015

Le président argentin, Mauricio Macri, a dû faire face ce mercredi à une nouvelle grève générale dans le pays, la cinquième sous son mandat. Il bénéficiait il y a quatre ans d'un taux de popularité de 66%, contre 32% aujourd'hui.

Manifestation dans les rues de Buenos Aires ce mercredi 29 mai 2019, pour "du pain et du travail"
Manifestation dans les rues de Buenos Aires ce mercredi 29 mai 2019, pour "du pain et du travail" Crédits : Caroline Vicq - Radio France

Celui qui prône la libre mobilité de capitaux et l’ouverture des marchés, a dû demander un prêt de 57 milliards de dollars au FMI pour compenser l’augmentation des taux d’intérêt, freiner la montée de la devise américaine et payer sa dette. Une dette externe qui s’élève aujourd’hui à 100% du PIB, alors que Cristina Fernández de Kirchner avait terminé son mandat il y a 4 ans avec une dette de 40%. L'ex présidente qui vient d'annoncer sa candidature à la présidentielle d’octobre, au poste de vice-présidente, alors qu'a débuté son procès pour "association illégale de détournement de fonds".

Pour Fernando Almejun, professeur et membre de la Centrale des travailleurs argentins :

L’Argentine semble ne pas pouvoir s’en sortir avec ce gouvernement. La dette a augmenté au détriment des Argentins. On a perdu des milliers de postes de travail. Par ailleurs, on sent très profondément la faim, même chez les travailleurs. En Argentine, aujourd’hui, il y a une augmentation de la pauvreté, de la faim, du chômage, qui va nous coûter cher. Parce que si on ne règle pas très vite ce grave problème, c’est toute une génération qui sera touchée par la dénutrition, et on aura du mal à s’en sortir.

Le reportage de notre correspondante à Buenos Aires, Caroline Vicq.

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