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Le président sénégalais Macky Sall (à droite) présente la lame et le fourreau du sabre d'El Hadj Omar Tall, chef religieux vaincu par les Français en 1893, lors d'une cérémonie en présence du Premier ministre français Edouard Philippe.

A Dakar, engouement relatif pour le Musée des civilisations noires

4 min
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Edouard Philippe poursuit sa visite au Sénégal. Le Premier ministre qui a remis hier au président du pays la toute première oeuvre restituée à l’Afrique par la France : le sabre d'El Hadj Oumar Tall. Ce trésor de guerre sera ainsi exposé au Musée des civilisations noires qui fête sa première année.

Le président sénégalais Macky Sall (à droite) présente la lame et le fourreau du sabre d'El Hadj Omar Tall, chef religieux vaincu par les Français en 1893, lors d'une cérémonie en présence du Premier ministre français Edouard Philippe.
Le président sénégalais Macky Sall (à droite) présente la lame et le fourreau du sabre d'El Hadj Omar Tall, chef religieux vaincu par les Français en 1893, lors d'une cérémonie en présence du Premier ministre français Edouard Philippe. Crédits : Seyllou - AFP

Entre le port de Dakar et la nouvelle gare ferroviaire de la ville, le Musée des civilisations noires est au cœur de la capitale. La forme de ce grand bâtiment circulaire, imposante, est inspirée de l’architecture traditionnelle des bâtiments ouest africains. 

Un projet imaginé par Léopold Sédar Senghor

À l’intérieur, le visiteur découvre la sculpture métallique d’un baobab, arbre emblème du Sénégal, ici haut de 12 mètres. Un carrefour mène à toutes les salles d’expositions. Aucune n’est permanente. Hamady Bocoum, le directeur du musée, fait le bilan de la première année d’ouverture : 

Je pense qu'en toute modestie, on a réussi à faire quelque chose de bien, quelque chose d'important (...). Nous sommes une institution qui veut être son propre modèle. Tous les jours, on va faire des expériences, se tromper ou réussir mais l'idée est de faire avancer la perspective muséographique en Afrique. Ce bébé est en gestation, c'est pourquoi il ne faut pas s'étonner. Il est en gestation depuis presque cinquante ans !            
Hamady Bocoum, le directeur du Musée des civilisations noires

Ce projet est celui du président poète Léopold Sédar Senghor, premier chef d’État du Sénégal indépendant. Des années plus tard, la construction du musée a été rendue possible par un financement chinois de 30 milliards de Francs CFA, soit 20 millions d’euros. Samba Awa Ndiaye, la directrice des collections, se souvient de l’inauguration : "C'était la veille de l'ouverture du musée. Nous avons tous passé la nuit ici dans le musée. Les expositions n'étaient pas encore prêtes. Il y avait beaucoup de choses à faire."  

Maintenant que le défi est relevé, il s'agit de renouveler les expositions ajoute Samba Awa Ndiaye, "c'est extrêmement pluriel. Nous avons d'autres facettes, d'autres civilisations à montrer." 

Œuvres exposées au MCN, musée des civilisations noires.
Œuvres exposées au MCN, musée des civilisations noires. Crédits : Isabel Pasquier - Radio France

Un engouement relatif pour la première année d'ouverture

Dans la salle d’exposition consacrée à la religion, Aimé Kantoussan, le directeur des collections, est surpris par l’engouement autour du musée. "Les gens disaient que les Africains ne visitent pas les musées, explique-t-il. Nous, dès les premiers mois, on a eu un record. Et puis les visites se sont poursuivies. Que ce soit les établissements scolaires ou en terme d’organisation d'événements, je pense qu'on espérait pas cela." 

Un engouement très relatif car le musée ne reçoit qu’une centaine de visiteurs par jour. Il va falloir attirer davantage le public reconnaît le spécialiste. 

Il y a beaucoup de choses à améliorer en terme de communication. Pour cette première année, on n'a pas du tout communiqué. Même si vous allez sur le site internet du musée, vous voyez que les informations n'ont pas été mises à jour depuis belle lurette. Cette première année nous permettait de voir comment les choses évoluent. Maintenant, il faut mettre en place de bonnes politiques de communication pour une bonne sensibilisation du public.            
Aimé Kantoussan, directeur des collections

Il s'agit de créer l’événement pour les années suivantes, en exposant davantage d’œuvres. D’après des historiens sénégalais, 2 000 objets du pays sont toujours en France. La restitution des œuvres voulue par le président français Emmanuel Macron reste très attendue afin de mieux connaître les civilisations noires sur place.

Retrouvez notre article sur l'ouverture de ce musée : "A Dakar, le Musée des civilisations noires “tourné vers l’avenir"

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