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Photo officielle du G7 de Biarritz prise ce dimanche 25 août 2019 au soir

Le G7 sert-il encore à quelque chose ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Le G7 se termine ce lundi soir à Biarritz après trois jours de discussions entre les dirigeants de la France, du Japon, du Canada, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Italie et des Etats-Unis. Et une question revient en boucle : le G7 sert-il encore à quelque chose ?

Photo officielle du G7 de Biarritz prise ce dimanche 25 août 2019 au soir
Photo officielle du G7 de Biarritz prise ce dimanche 25 août 2019 au soir Crédits : Ludovic Marin - AFP

Depuis samedi, les dirigeants du Groupe des 7 sont réunis à Biarritz. Un sommet souhaité "utile" par la présidence française du G7. Mais une question revient régulièrement depuis son ouverture : le G7 sert-il encore aujourd'hui à quelque chose, 44 ans après sa création ?

Biarritz est étonnamment calme pour un fin août. Depuis vendredi, le cœur de ville vit au rythme des cris des mouettes, du bruit des convois des délégations et de celui des hélicoptères. L'hyper centre est entièrement bouclé, barricadé. Plus de 13 000 policiers et gendarmes, épaulés par des militaires, surveillent la ville.

Le temps du G7, le centre-ville de Biarritz est entièrement bouclé
Le temps du G7, le centre-ville de Biarritz est entièrement bouclé Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Un G7 hors-sol ?

Cette surprotection donne à certains le sentiment d'un G7 "hors-sol", de discussions entre grands de ce monde, coupés de ce monde justement. C'est faux rétorque Emmanuel Macron. "Cette réunion, elle est utile, elle est importante, sans quoi chacun mènerait son chemin, parfois nous serions menés à nous diviser. Et je crois que ce qui est attendu de nous, c'est plutôt de savoir nous coordonner, agir utilement ensemble", a déclaré le Président dans une allocution aux Français, samedi, avant le début du sommet.

"So far, so good". Donald Trump

Parce que le Président l’assure, les décisions prises ici à Biarritz auront des conséquences directes sur notre quotidien. Mais pour cela, encore faut-il pouvoir en prendre des décisions. Et là-dessus, rien n'est acquis. "So far so good", jusqu'ici tout va bien, a déclaré Donald Trump à son arrivée à Biarritz samedi. Mais depuis, on a plutôt l'impression d'un "So far not so good".

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Crédits : Visactu

Une visite surprise du chef de la diplomatie iranienne

Cela s'est constaté ce dimanche dans le dossier du nucléaire iranien. Le ministre des affaires étrangères de Téhéran a fait une apparition surprise à Biarritz. Sa venue s’est décidée après le premier dîner des sept, samedi soir, selon l’Elysée. L'idée étant de tenter de "converger", pour obtenir "la désescalade".

Une visite éclair au deuxième jour d’un sommet en partie consacré aux tensions au Moyen-Orient et alors que le sujet divise les Américains et les Européens. Le chef de la diplomatie iranienne y a rencontré son homologue français Jean-Yves le Drian, ainsi que le Président Emmanuel Macron. Ils ont discuté pendant trois heures, d'abord entre ministre des Affaires étrangères avant d'être rejoints, pendant la dernière demi-heure par le Président de la République. Des conseillers diplomatiques allemands et britanniques ont été associés à la rencontre, précise l'Elysée. Mais le ministre iranien n'aura vu aucun autre chef d'Etat à Biarritz.

Des discussions "positives" qui vont "se poursuivre" selon l'Elysée

Selon l'Elysée, les sept dirigeants du G7 se sont mis d'accord sur deux points : l'Iran ne doit pas se doter de l'arme nucléaire et il faut tout faire pour empêcher la dégradation de la situation au Moyen-Orient. Ainsi, Emmanuel Macron aurait obtenu de ses homologues de pouvoir discuter et adresser un message aux autorités iraniennes. Sauf que, dans la foulée, Donald Trump s’est désolidarisé de la démarche.

D'après un diplomate européen, rien n’aurait pour l’instant permis de convaincre le président américain d’alléger les sanctions pétrolières sur l’Iran. Malgré tout, l’Elysée veut voir le verre à moitié plein : les discussions entre Mohammad Javad Zarif et les dirigeants français ont été "positives" et vont "se poursuivre", a indiqué hier soir la présidence française. "No comment", a simplement réagi la Maison Blanche et les échanges n'ont donc pas permis, pas encore en tout cas, de surmonter toutes les contradictions.

La place de l'écologie

Dans ce cadre-là, peut-il vraiment sortir quelque chose de ce G7 ? En matière environnementale, par exemple ? Emmanuel Macron y croit, le député écologiste Matthieu Orphelin en doute. "On arrive à avoir des approches de plus en plus intéressantes sur ces questions-là, note l'élu, mais cela reste poussif. Pourtant, tout se joue avec cette question de la préservation de l'écologie, de l'environnement, de ces grands équilibres, (...) traditionnellement, dans ces grands rendez-vous, il y a des difficultés à aborder ces questions qui sont pourtant essentielles."

"Il n'y aura pas d'économie ni de G7 dans un monde dévasté", ajoute-t-il. 

A Bayonne, ce dimanche, des militants brandissent des portraits d'Emmanuel Macron "réquisitionnés" dans différentes mairies de France.
A Bayonne, ce dimanche, des militants brandissent des portraits d'Emmanuel Macron "réquisitionnés" dans différentes mairies de France. Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Mais pour les anti-G7, ce ne sont pas juste des difficultés, c’est carrément une impossibilité. Ils l'ont crié dans les rues d'Hendaye, Irun et Bayonne ce week-end. Des manifestants, dont de nombreux écologistes comme Cécile Marchand, d'ANV Cop21 et Jean-François Julliard, de Greenpeace France, pour qui le G7 est un format obsolète.

"On sait bien que ce n'est pas dans ces instances que les dirigeants prennent des mesures trop concrètes, note Jean-François Julliard, ils savent que cela les engage trop, donc ils préfèrent des déclarations bien tournées, sans engagement contraignant, plutôt qu'avoir quelque chose de trop précis."

"Il y a plein de pays qui doivent être embarqués dans cette lutte contre le dérèglement climatique, abonde Cécile Marchand, plein de pays qui sont concrètement impactés par ce changement, et qui ne sont pas présents dans ces discussions, il n'y a donc aucune raison pour que les décisions soient prises dans ce cadre-là."

La violence des mots pour susciter l'action

C'est pourtant ce qu'il faudrait, il en est plus que temps, pour la militante Susan George. La présidente d'honneur du mouvement altermondialiste Attac a un message pour les sept dirigeants réunis à Biarritz : "Si vous ne faites pas quelque chose maintenant, alors que la science est parfaitement claire, tout le monde sait exactement à quoi s'en tenir, vous êtes des assassins et des génocidaires en puissance. Il faut un langage violent parfois pour faire comprendre la gravité de la situation dans laquelle nous sommes plongés, et dont ils ont le pouvoir d'en faire quelque chose. Alors Trump, je n'en attends rien, mais la France peut être l'exemple, elle est écoutée quand elle montre l'exemple", assure l'écrivaine franco-américaine.

L'altermondialiste, co-fondatrice d'Attac, Susan George
L'altermondialiste, co-fondatrice d'Attac, Susan George Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Mais Emmanuel Macron a prévenu d’entrée de jeu en s’adressant aux Français samedi : "Nous ne réussirons sans doute pas sur tout, et ne m’en voulez pas si parfois nous n’y arrivons pas."

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