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L'entrée des locaux de l'association ATD Quart Monde à Montreuil (Seine-Saint-Denis)

Avoir 20 ans en 2021 et s'engager

4 min
À retrouver dans l'émission

[Rediffusion] Avoir 20 ans en 2021. Radio France et France Culture se mobilisent à partir de jeudi 11 février à travers une journée spéciale et par une série de nouveaux rendez-vous pour soutenir et donner la parole à la jeunesse contrariée par la crise sanitaire. Premier reportage : l'engagement.

L'entrée des locaux de l'association ATD Quart Monde à Montreuil (Seine-Saint-Denis)
L'entrée des locaux de l'association ATD Quart Monde à Montreuil (Seine-Saint-Denis) Crédits : Bénédicte Robin - Radio France

[Rediffusion de l'émission du 11 février 2021] Radio France et ses sept antennes dont France Culture se mobilisent dès ce jeudi 11 février à travers une journée spéciale et par une série de nouveaux rendez-vous et d'initiatives qui ont vocation à s’inscrire dans la durée pour donner la parole à la jeunesse bousculée par la crise sanitaire. Avoir 20 ans en 2021.

Le reportage de la rédaction ce jeudi part à la rencontre de jeunes gens engagés dans l'association ATD-Quart Monde.

Des ambitions contrariées

L'association ATD Quart Monde n'échappe pas aux règles sanitaires et au nécessaire télétravail des collaborateurs quand c'est possible. Thomas ne vient donc qu'une seule journée par semaine, "le lundi", précise le jeune homme de 23 ans, tout juste diplômé d'un master en géographie sociale et qui poursuit son service civique au sein de l'association après y avoir effectué un stage pendant ses études. "De mémoire, j'ai commencé mon stage le 5 février 2020 et on a été confiné en mars" sourit-il.

Thomas, 23 ans, tout juste diplômé d'un master en géographie sociale, poursuit son service civique au sein de l'association ATD Quart Monde.
Thomas, 23 ans, tout juste diplômé d'un master en géographie sociale, poursuit son service civique au sein de l'association ATD Quart Monde. Crédits : Bénédicte Robin - Radio France

Il n'aura donc pas beaucoup fréquenté ses collègues mais n'en tire aucune amertume. "J'ai beaucoup appris, j'ai fait des synthèses, des notes, animé des lives sur internet pour expliquer l'engagement" et tout cela lui a permis d'alimenter son mémoire de fin d'études. Mais il le concède son ambition première était de "repartir en Inde".

En effet, pendant sa première année de master, Thomas s'était engagé auprès d'une association indienne pour l'émancipation des femmes et avait passé trois mois au Rajasthan. Son objectif était d'y retourner, une fois son diplôme validé. Mais la crise sanitaire en a donc décidé autrement.

Un engagement de longue date

Celui qui s'est découvert une âme de militant à 18 ans en manifestant le week-end pour la défense des droits des animaux a mûri sa réflexion en même temps que ses études. "J'avais envie de travailler pour l'associatif, me professionnaliser dans cette voie" explique-t-il mais le Covid a rendu "floues" ses perspectives. "On est dans un flou total" constat-il. 

Alors quand l'opportunité de poursuivre son expérience chez ATD Quart Monde par un service civique s'est présentée, il n'a pas hésité. "Je ne dis pas que c'était le destin mais c'était une opportunité que je ne pouvais pas refuser" en cette période de crise sanitaire mais aussi économique et sociale qui n'épargne évidemment pas les jeunes diplômés. 

Un monde d'après à construire soi-même

Ce constat, Claire l'a fait aussi. La jeune Parisienne, presque 25 ans, titulaire elle aussi d'un master et qui se présente volontiers comme "militante de caractère" a saisi la même opportunité du service civique avec l'idée de poursuivre sans doute dans le volontariat associatif. 

La crise a renforcé son engagement. "Il y a un avant et un après dans le sens où j'ai eu l'espoir au début qu'il y ait un monde d'après. Il y a beaucoup de discours en ce sens, comme une prise de conscience générale. J'y ai cru. Et en fait, ce n'est pas du tout cela qui s'est passé et je pense que ce n'est pas du tout cela qui va se passer" déplore-t-elle. 

"_C'est à nous de construire le monde que nous voulons avoir. Personne ne va le faire pour nous_. Je pense qu'il faut passer à l'action" déclare-t-elle avec conviction. Elle qui s'est trouvée ébranlée et "en colère" face à la détresse, la grande pauvreté et la précarisation de nombreuses familles en raison de la crise, elle veut agir et faire "sa part du boulot" comme elle dit.

S'engager près de chez soi

Ce même sentiment d'avoir un rôle à tenir, Aria le partage. La jeune femme de 26 ans s'est engagée en volontariat associatif et coordonne depuis plusieurs mois les actions de l'association en faveur de l'enfance à l'échelle nationale. "On a dû réinventer des manières d'aller au contact des familles" explique-t-elle. Les bibliothèques de rues se sont transformées en bibliothèques de paliers, par exemple. "On a fait des lectures autrement" détaille-t-elle mais avec toujours la même volonté.

Aria, 26 ans, coordonne les actions enfance d'ATD Quart Monde à l'échelle nationale dans le cadre d'un volontariat associatif
Aria, 26 ans, coordonne les actions enfance d'ATD Quart Monde à l'échelle nationale dans le cadre d'un volontariat associatif Crédits : Bénédicte Robin - Radio France

Le sentiment d'Aria est toutefois ambivalent. Cette impression "d'être au cœur de l'actualité avec toutes ces familles qui basculent dans la pauvreté, c'est à la fois triste et fort" explique-t-elle parce qu'elle se sent faire "partie d'un mouvement qui essaie de faire bouger les choses"

Et surtout, elle ne se sent pas seule. "On le voit tous les jours. On a des demandes de jeunes qui veulent devenir bénévoles, qui veulent s'engager d'une manière ou d'une autre. C'est très réjouissant" sourit-elle même si elle sait que l'avenir sera exigeant.

Une génération "D"

Cette envie d'engagement, de se sentir utile et d'agir Paul Maréchal la constate lui aussi. Le délégué national d'ADT Quart Monde a même trouvé un mot : génération D. On connaissait la génération Y, Z, voilà donc la D. "D comme dignité. Car ils veulent se battre pour la dignité de tous et toutes. Mais aussi D comme développement durable" poursuit-il.

Paul Maréchal, délégué national de l'association ATD Quart Monde
Paul Maréchal, délégué national de l'association ATD Quart Monde Crédits : Bénédicte Robin - Radio France

"C'est sans doute les mouvements de jeunes pour le climat qui ont fait prendre conscience à ma génération que celle-ci arrivait. Ils se projettent dans le demain avec la question de savoir quel monde ils veulent bâtir".

Pour lui, il y a une vraie volonté d'agir qui se dessine avec des modes de mobilisation plus modernes qui utilisent notamment les réseaux sociaux et bousculent du même coup les codes plus traditionnels de l'engagement. C'est tant mieux et il s'en réjouit. "C'est encourageant et enthousiasmant de voir ces jeunes qui veulent s'engager". Et certains même "à vie" pour le dire comme Claire. L'engagement ce n'est pas "la fougue de la jeunesse", c'est en elle.

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