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Treize opérateurs proposent des trottinettes en libre service dans Paris

Quelle réglementation pour les trottinettes électriques ?

4 min
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La loi Mobilités - dite loi LOM - est étudiée depuis lundi par le Parlement. L'occasion d'assouplir la limitation à 80 km/h, de financer des petites lignes de train mais aussi d'encadrer enfin le phénomène des trottinettes électriques dans les grandes villes.

Treize opérateurs proposent des trottinettes en libre service dans Paris
Treize opérateurs proposent des trottinettes en libre service dans Paris Crédits : Olivier Boitet - Maxppp

La loi Mobilités, étudiée depuis lundi par le Parlement, est l'occasion d'encadrer - enfin - l'utilisation des trottinettes sur la voie publique. Une possibilité offerte par l'entrée prochaine de ces engins dans le code de la route. Jusqu'à maintenant, les trottinettes n'avaient pas de réelle existence juridique, et pouvaient donc a priori circuler partout, sans limites, et même sur les trottoirs. 

Des machines qui vont jusqu'à 70 ou 80 km/h

Pourtant, certaines de ces trottinettes sont de véritables bolides. Alexis tient la boutique les cyclistes branchés dans le XVIe arrondissement de Paris, et il garde quelques modèles puissants au fond de son magasin pour ses clients les plus avertis. "Comme il n'y a pas de réglementation, _on peut tout acheter, et même des machines qui vont jusqu'à 70 ou 80 km/h_. Officiellement, c'est pour aller sur des chemins privés. D'ailleurs, il y a eu un buzz autour de cet homme lancé à 85 km/h sur l'A86 au guidon de sa trottinette. Mais ce sont des engins spéciaux, qui ont davantage leur place sur l'autoroute qu'en ville où il y a du monde !

Vers une limitation à 25 km/h ?

Une fois intégrées au code de la route, il sera possible de restreindre leur utilisation, aux routes ou aux pistes cyclables. Une limitation de vitesse particulière pourrait leur être imposée (on parle de 25 km/h), alors que de nombreux hôpitaux alertent les élus. Jérôme Coumet est maire du XIIIe arrondissement de Paris, et les urgences de la Salpêtrière l'ont informé de "nombreux nouveaux cas de traumatologie, des lésions sur les parties supérieures pour les conducteurs, et des lésions sur les parties inférieures pour les piétons qui sont renversées". Pour l'élu, "Ce n'est pas normal, tout le monde devrait pouvoir se sentir en sécurité sur les trottoirs, notamment les familles avec leurs enfants". 

On ne peut pas tout accepter sous prétexte que c'est innovant.

Il y aura également dans la loi LOM un volet occupation de l'espace public. En effet, 13 compagnies proposent aujourd'hui à Paris des trottinettes en free floating, c'est-à-dire en libre-service. 40 000 trottinettes selon les autorités, 15 000 selon les opérateurs. On récupère ces engins dans la rue et on les repose à son arrivée, sans obligation particulière, et donc souvent sur les trottoirs. Ce qui a le don de mettre en colère Jérôme Coumet, qui a lancé une grande campagne d'enlèvement dans son arrondissement : "Le XIIIe est un arrondissement connu pour accueillir les nouvelles technologies, mais on ne peut pas tout accepter sous prétexte que c'est innovant ! Pour les personnes aveugles ou en fauteuil, cette situation est insupportable. Et pour ce qui est de la fourrière, on constate que beaucoup d'opérateurs ne sont pas très pressés de récupérer leurs engins. Cela montre que l'on est bien dans une sorte d'économie du "jetable", ce qui n'est pas très écologique finalement." précise l'élu.  

Delphine Burkli, maire du IXe, n'espère pas grand chose de la loi LOM. Pour elle, des trottinettes, il y en a trop dans la capitale, et c'est la ville qui doit tout simplement interdire certaines compagnies de location. Elle propose un moratoire, un arrêt de toute exploitation de ces trottinettes, le temps de réfléchir et de trier les opérateurs, "comme cela a été fait à San Francisco". Avec notamment des critères sociaux : "Quand je vois des personnes sans statut qui récupèrent ces trottinettes pour les recharger dans les halls d'immeuble, je me dis qu'il y a un problème de sécurité et de dignité humaine. Certains opérateurs font plus attention, c'est eux qu'il faudra autoriser. Mais en attendant, le temps de trouver une solution, je dis stop. L'autorégulation ne marche pas, c'est la jungle" enrage l'élue LR.  

Bientôt des bâtons sauteurs ?

Plusieurs prestataires comme Bolt se sont - doucement - inscrits dans cette logique, en recrutant des salariés, qui travaillent en CDI dans des sociétés de prestation de service. Bolt appelle aussi de ses vœux un cadre juridique national, car "les chartes qui existent actuellement n'ont qu'une valeur morale, il faut un cadre impératif, pour savoir quel opérateur est accepté et quel autre ne l'est pas" lance Henri Capoul, responsable France pour Bolt. Mais attention, la loi pourrait vite être à nouveau dépassée par la technologie. Une entreprise suédoise vient d'annoncer son intention de mettre en libre service à Paris, dès la rentrée, des bâtons sauteurs. 

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