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Le président du Conseil sortant, Giuseppe Conte, et le président du mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, doivent trouver un accord avec le Parti démocrate pour former un gouvernement de coalition.

L'Italie se cherche un nouveau gouvernement

4 min
À retrouver dans l'émission

Le président de la République italienne se donne 48 heures pour former un gouvernement. Sergio Mattarella reçoit les leaders des deux partis qui devraient présenter un programme de coalition : le mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate. Les Italiens aimeraient surtout que le spectacle s'arrête.

Le président du Conseil sortant, Giuseppe Conte, et le président du mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, doivent trouver un accord avec le Parti démocrate pour former un gouvernement de coalition.
Le président du Conseil sortant, Giuseppe Conte, et le président du mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, doivent trouver un accord avec le Parti démocrate pour former un gouvernement de coalition. Crédits : Andreas Solaro - AFP

Les médias nationaux suivent minute par minute les ultimes négociations pour la formation d'un gouvernement de coalition. Mais dans la rue, les Italiens se désintéressent le plus souvent du théâtre politique. À Turin, c'est encore la torpeur de l'été place de la République et Domenico est en chapeau chic et bras de chemise, retraité de la sous-traitance automobile :

J'ai honte du spectacle que donne la politique italienne ! Même si... C’est la démocratie !

Les Turinois ne comprennent toujours pas le coup de bluff du ministre de l’Intérieur : faire exploser la majorité en plein été dans l’espoir de provoquer des élections et de revenir seul au pouvoir ? Pari perdu. Pascuale, la cinquantaine désabusée, fait ses courses sur le marché de la Porta Palazzo 

Comment il s’appelle... Là, le shériff... Salvini ! Il a fait l’imbécile : après les régionales, il s’est pris pour un dieu. Résultat, maintenant... Il est personne. C’était un lion, c’est devenu un mouton. Je vais suivre les discussions, mais... Pfff.... Cela va rien changer... De toute façon, s’il y a des élections, je n'irai pas... Cela fait 20 ans que je ne vote plus. Parce ce que c’est toujours le peuple qui paie l’addition, qui subit les taxes... Et les politiques, leur seul but, c’est de nous voler. Toujours plus.

Même sur ces terres du Piémont pourtant traditionnellement ancrées à gauche, la perspective d’une alliance 5 étoiles et démocrates suscite peu d’enthousiasme. Angelo est ouvrier en construction mécanique, il se considère comme un privilégié et lui aussi exprime un désamour profond de la politique :

En Italie on a de l’instabilité depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale... Et c’est toujours pareil : ils font des promesses... Et une fois élu, chacun fait selon ses intérêts... Ce gouvernement n’était pas si mauvais, mais il aurait fallu qu’il reste un peu. C’était quand même pas compliqué, ils s’étaient mis d’accord sur un programme... Ils avaient juste à le suivre c’est tout !

Hier avec l’extrême-droite, demain sans doute avec les démocrates de centre gauche, les 5 étoiles font le grand écart. Cristopher Cepernich est directeur de l’observatoire de la communication politique à l’université de Turin

Il ne faut pas croire que les électeurs des 5 Etoiles sont ou de droite ou de gauche... Ils sont de gauche et de droite... En même temps ! Le parti doit donc en permanence jouer les équilibristes pour garder le plus d’espace politique possible ; parce que plus il penche à droite plus il perd des électeurs de gauche et inversement... Dans leur alliance avec Salvini, les 5 Etoiles n’ont pas réussi à garder leurs électeurs de droite, qui ont été "aspirés" par la Ligue de Matteo Salvini. Cela les a beaucoup affaiblis... Avec les Démocrates, l’enjeu sera de conserver l’électorat de centre gauche, et on verra lequel des deux partis sera le plus fort. 

Cristopher Cepernich, sociologue des médias et de la politique à l'Université de Turin
Cristopher Cepernich, sociologue des médias et de la politique à l'Université de Turin Crédits : Isabelle Labeyrie - Radio France

Pour l’instant, les deux formations envisagent de reconduire dans ses fonctions le Premier ministre sortant, Giuseppe Conte, ce qui était une des exigences des M5S. En contrepartie, les sociaux-démocrates obtiendraient un remaniement complet de l'équipe gouvernementale. Il faudra aussi trouver un accord sur le programme de gouvernement et le projet de loi de finances pour 2020. Une réunion tenue jusqu’à 1 heure du matin dans la nuit de lundi à mardi n’a pas donné de résultats. Il reste 48 heures.

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