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Le trafic s'intensifie aux abords de Lyon, dans le sens Lyon-Marseille. Le 10 juillet 2009

La Métropole de Lyon lance sa concertation sur l'extension de sa nouvelle zone à faibles émissions (ZFE)

4 min
À retrouver dans l'émission

C'est l'un des projets majeurs de sa majorité écologiste : cette semaine, la Métropole de Lyon a lancé une concertation jusqu'au 5 février sur l'extension de sa ZFE, sa zone à faibles émissions. Objectif : interdire les véhicules diesels en 2026 dans la partie centrale.

Le trafic s'intensifie aux abords de Lyon, dans le sens Lyon-Marseille. Le 10 juillet 2009
Le trafic s'intensifie aux abords de Lyon, dans le sens Lyon-Marseille. Le 10 juillet 2009 Crédits : Philippe Merle - AFP

Pour son projet ultrasensible, la métropole a prévu cinq réunions d'informations. La première s'est tenue lundi soir à distance. Actuellement, la zone à faibles émissions englobe Lyon, Villeurbanne et Caluire, trois villes ceinturées par le périphérique. Les écologistes veulent étendre son périmètre et souhaitent interdire en 2026 tous les diesels dans la zone centrale, l'actuel ZFE. Le président Europe Écologie Les Verts de la métropole, Bruno Bernard :

On a vraiment besoin de cette période de concertation de cinq mois pour faire de la pédagogie, de l'échange. Il est normal, à partir du moment où l'on crée des restrictions aux habitants, qu'ils puissent ne pas être satisfaits. Il faut donc travailler des solutions alternatives de transport en commun, mais aussi qu'on puisse permettre des changements de véhicules pour aller vers des véhicules moins polluants. Peut être de l'autopartage, peut être d'autres solutions pour que chacun s'y retrouve.

Mise en service d'un trolleybus électrique à Lyon le 26 avril 2021 -Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon. Le 26 avril 2021.
Mise en service d'un trolleybus électrique à Lyon le 26 avril 2021 -Bruno Bernard, président de la Métropole de Lyon. Le 26 avril 2021. Crédits : Maxime Jegat - Maxppp

La métropole promet des dérogations et des aides pour permettre aux petits budgets de remplacer leur vieux diesel en ville. Piétons et cyclistes approuvent le projet.

Les Lyonnais ont voté écolo. Les écolos appliquent leur programme. Nous, les jeunes, on est tous d'accord pour dire qu'à un moment donné, il faut qu'on arrête les pics de pollution à répétition sur la métropole de Lyon. Il faut trancher.

Moi, j'ai changé ma voiture pour une voiture non diesel et je suis tout à fait favorable. Il y a les bus. On peut très bien se passer de voiture pour certaines choses.

Dans le cinquième arrondissement, très engorgé et sans métro, le projet fait grincer.

Comment on va faire ? La décision est toujours prise par les technocrates qui en ont les moyens. Ils ne sont pas à une voiture près. Nous, on n'en a qu'une plus. On la fait durer.

Habitant du cinquième arrondissement, Gérard Collomb revendique la paternité du projet d'extension. Mais l'ancien patron de la métropole critique la méthode de son successeur : 

Le maire sortant de Lyon Gérard Collomb s'adresse aux journalistes lors des résultats du deuxième tour des élections municipales en France, le 28 juin 2020.
Le maire sortant de Lyon Gérard Collomb s'adresse aux journalistes lors des résultats du deuxième tour des élections municipales en France, le 28 juin 2020. Crédits : Philippe Desmazes - AFP

Aujourd'hui, on voit que c'est "à la hache" que l'on dessine les plans de circulation dans la métropole de Lyon. Lorsque aujourd'hui, 80 % des voitures ne vont plus pouvoir rouler dans la zone de la ZFE, évidemment que ça pose un problème parce que vous n'aurez pas mis de bornes de recharge électrique. Moi, j'habite dans une copropriété, je ne peux pas recharger ma voiture, donc je ne peux pas acheter de voiture électrique .

Dans l'actuel zone à faibles émissions, le trafic ne génère que 3 % des gaz à effet de serre. Y interdire le diesel aurait peu d'impact. Au delà du périphérique, 80 % des déplacements se font en voiture, mais imposer des restrictions est compliqué politiquement. Yves Crozet est chercheur au laboratoire aménagement, économie transports :

Si on veut vraiment réduire les émissions rapidement, c'est-à-dire avant que l'ensemble du parc soit électrifié, il faudrait développer beaucoup plus de covoiturage, des transports collectifs qui ont beaucoup de mal en périphérie à concurrencer la voiture, voire à mettre en place un système de tarification, un système de péage. Bien évidemment, l'idée de faire payer la circulation automobile est politiquement complètement explosive. Voilà pourquoi on se reporte vers une régulation par les quantités et non pas par les prix et une régulation sur un espace réduit et non pas sur un espace large.  

Il y a trois ans, la hausse du prix des carburants avait déclenché le mouvement des "gilets jaunes".  

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