LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
les étés meurtriers
Épisode 5 :

La Catalogne toujours meurtrie, quatre ans après les attentats djihadistes à Barcelone et Cambrils

7 min
À retrouver dans l'émission

En plein cœur de l'été, un commando terroriste sème la terreur en Catalogne, à Barcelone et à Cambrils les 17 et 18 août 2017. Jusque-là épargnée par la vague d'attentats perpétrés en Europe par le groupe État islamique, l'Espagne va à son tour vivre le même scénario qu'à Nice un an avant.

Des fleurs et des bougies ont envahi les Ramblas à Barcelone, en hommage aux victimes des attentats des 17 et 18 août 2017, Barcelone (Espagne), le 28 août 2017
Des fleurs et des bougies ont envahi les Ramblas à Barcelone, en hommage aux victimes des attentats des 17 et 18 août 2017, Barcelone (Espagne), le 28 août 2017 Crédits : Alejandro Garcia - Maxppp

Il est à peine 17 heures, ce 17 août 2017. Sur les Ramblas, avenue emblématique de Barcelone, des Catalans, des Espagnols et des touristes flânent, prennent un café ou font du shopping. Quand tout à coup, une camionnette blanche déboule à pleine vitesse et fauche les passants. "Quand je suis sortie du métro, raconte Esther, j'ai entendu un bruit comme celui d'un pétard, les gens ont commencé à courir. La police est arrivée tout de suite et nous a demandé de fermer les portes. J'ai eu très peur, jamais de ma vie je n'ai eu aussi peur."  

Sur la place de Catalogne, c'est la panique. On court en effet se réfugier dans les magasins, les cafés ou le métro. 14 personnes sont tuées dont un garçonnet de trois ans. Il y a plus de 150 blessés d'une dizaine de nationalités dont 26 Français. 

Le conducteur de la camionnette n'a parcouru que quelques centaines de mètres avant d'abandonner son véhicule. Dans sa fuite, il tue un jeune automobiliste et s'empare de sa voiture. La police catalane, les Mossos d'Esquadra perdent sa trace. Ils retrouveront et abattront Younès Abouyaaqoub, un Marocain de 22 ans, quatre jours plus tard, le 21 août à Subirats dans les environs de Barcelone.  

Entre temps, cinq autres terroristes munis de fausses ceintures d'explosifs vont attaquer la station balnéaire de Cambrils, située à une centaine de kilomètres de la capitale catalane, d'abord à l'aide d'une voiture bélier puis à pied. Ils vont poignarder des promeneurs, six sont blessé, une Espagnole succombe elle à ses blessures. 

Au terme d'une course poursuite, quatre d'entre eux  sont tués par un policier. Le cinquième, blessé, est arrêté. 

Ces deux attentats sont immédiatement revendiqués par le groupe État islamique. Les enquêteurs vont découvrir par la suite que la cellule terroriste avait des projets de plus grande ampleur. Plusieurs attentats à la bombe étaient prévus avec pour cible la basilique la Sagrada Familia, le Camp Nou, le stade de football de Barcelone ou encore la Tour Eiffel à Paris. Mais l'explosion de plus d'une centaine de bonbonnes de gaz dans leur planque d'Alcanar à 170 km de Barcelone va les pousser à agir sur les Ramblas.

Dans la villa d'Alcanar, deux cadavres sont retrouvés dont celui de l'imam marocain de Ripoll, le chef de cette cellule terroriste. C'est lui qui a réussi à endoctriner une dizaine de jeunes d'origine marocaine.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La Catalogne, un des principaux foyers de propagande djihadiste

Depuis les attentats d'Al-Qaïda en mars 2004 à Madrid (191 morts et 2 000 blessés), l'Espagne a relevé son alerte au niveau 4 sur une échelle de 5. Elle a aussi renforcé sa législation. En Catalogne, des opérations antiterroristes sont régulièrement menées. La région est en effet considérée comme l'un des principaux foyers de propagande djihadiste explique Jean-Marc Souvira, ancien commissaire général, responsable du bureau de sécurité intérieur pour la France. Il a été en poste à Madrid jusqu'au printemps dernier. 

Les Espagnols connaissent depuis longtemps une immigration pendulaire, une immigration de Sud-Américains. C'est une immigration de langue, de travailleurs. Donc il n'y a pas de difficulté. Sauf que les Catalans vont rejeter cette immigration sud-américaine. Ils ne vont pas l'intégrer parce que ces Sud-Américains parlent espagnol, le castillan. En revanche, ils vont intégrer de manière très forte, ceux qui viennent du Maghreb et en particulier les Marocains et plus loin les Pakistanais parce qu'ils se sont mis de suite au catalan. Par assimilation de langue, ils ont accueilli une population qui ne s'est pas impliquée dans la vie. En Catalogne, il y a le plus grand nombre de mosquées, le plus grand nombre d'écoles coraniques, le plus grand nombre de mosquées salafistes etc. donc c'est une grosse préoccupation pour la Catalogne mais aussi pour l'État espagnol.            
Jean-Marc Souvira, ancien commissaire général, responsable du bureau de sécurité intérieur pour la France

La crise politique entre Madrid et Barcelone prend le dessus

Malgré l'émotion suscitée par ces attentats, le bras de fer qui oppose la Catalogne à l'exécutif espagnol va connaître un nouvel épisode majeur. En octobre 2017, un référendum, pourtant interdit, sur l'autodétermination de la région est organisé suivie de la proclamation d'une république indépendante qui ne verra jamais le jour. Madrid annonce la destitution du président catalan et de son exécutif. Ce qui entraîne l'exil de Carlos Puigdemont, de nombreuses arrestations et des manifestations.

Cette crise  politique va peser sur l'enquête rappelle Jean-Marc Souvira. "L'enquête n'a pas été entravée parce que les terroristes ont été neutralisés très rapidement. Mais ensuite, il a fallu savoir qui étaient les terroristes, d'où ils venaient, comment ils se sont radicalisés. Là-dessus, la coopération entre les trois forces Mossos, police espagnole et garde civile ne se faisait pas ou se faisait très mal", ajoute-t-il. 

Plus jamais ça

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Beaucoup de questions resteront sans réponse pour les victimes et leurs familles. Javier Martinez qui a perdu son petit garçon de trois ans sur les Ramblas aurait souhaité la création d'un commission parlementaire afin d'établir les responsabilités, de faire toute la lumière sur ces attentats. "Cela restera un regret", expliquait t-il à nos confrères d'El Diario en 2019.  

Javier Martinez veut que la mort de son fils serve à quelque chose. "Mais, dit-il, quand on voit qu'en deux ans cela n'a servi à rien comment voulez-vous que je me sente ?" Cela doit servir à quelque chose, renchérit-il, "que ce soit pour une meilleure coordination des services ou pour que les victimes soient mieux prises en compte. Il faut en tirer les leçons pour que ces attentats ne se reproduisent pas"

En mai dernier au terme d'un procès de plusieurs mois, les trois membres encore vivants de la cellule jihadiste ont été jugés et condamnés à des peines allant de 8 à 53 ans de réclusion.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

L'équipe
Journaliste
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......