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Quasiment tout le gouvernement s'est mobilisé pour ce "Campus des territoires" de La République En Marche

LREM, un parti comme les autres ?

4 min
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La République En Marche a organisé ce week-end à Bordeaux son « Campus des territoires », université d’été qui ne dit pas son nom. Le mouvement refusait jusqu'ici cette grand-messe incontournable pour les autres formations, ce qui soulève une question : devient-il un parti comme les autres ?

Quasiment tout le gouvernement s'est mobilisé pour ce "Campus des territoires" de La République En Marche
Quasiment tout le gouvernement s'est mobilisé pour ce "Campus des territoires" de La République En Marche Crédits : IP3 PRESS/MAXPPP - Maxppp

Bordeaux a accueilli ce week-end le "Campus des territoires" de La République En Marche. Un grand raout organisé par le parti présidentiel qui ressemble en beaucoup de points aux classiques universités d'été des partis politiques, et qui en ont amené plus d'un à se poser une question : le mouvement de la majorité est-il en train de devenir un parti politique comme les autres ?

En apparence, tous les codes sont là : les affiches, les badges, les tee-shirts et les sacs floqués "En Marche", les jeunes motivés et prêts à donner de la voix. Mais La République En Marche n'a pas pris que les "à cotés" des autres formations politiques. Ce week-end a aussi été l'occasion de faire défiler les ministres sur scène pour répondre aux questions des adhérents et présenter leur action. Le parti a également proposé toute une série de tables rondes, de conférences et de débats, ainsi que des ateliers de formation pour les candidats aux municipales de 2020. 

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Divisions, crispations et tensions

Mais après deux ans d'existence, arrivent ou se confirment les divisions, les crispations et les tensions. Au point que certains militants sont venus chercher à Bordeaux "la remotivation pour remarcher". Pour d'autres, comme Victor, 22 ans, la transformation d'En Marche n'est pas une mauvaise nouvelle. Ce Marcheur de la première heure le constate, "ce n'est plus un mouvement, c'est devenu un parti politique, ce Campus des territoires en est une preuve", mais il pense que "le message peut mieux passer, notamment au niveau local, en étant un parti politique plutôt qu'un mouvement disruptif". 

Notre base ressemble pas mal à la France. Ariane Komorn, responsable Projets LREM

Un mouvement qui, comme d'autres formations politiques, a peut-être eu un peu tendance à oublier sa base, reconnaît Ariane Komorn. Mais la responsable Projets au sein de LREM souligne un changement de prisme. Il s'agit, selon elle de "vraiment réinverser la pyramide, se dire que ce qui est fondamental, c'est notre base". La jeune femme précise : "_c'est cette horizontalité qu'il faut retrouver et renforcer_, montrer aussi que notre base est diverse, je l'ai encore vue ce week-end, elle ressemble pas mal à la France". 

Ariane Komorn, responsable Projets à La République En Marche
Ariane Komorn, responsable Projets à La République En Marche Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Les cadres revendiquent un parti différent

Tout au long de ce Campus des territoires, les cadres et les élus du parti ont bien tenté de rassurer les adhérents sur l'avenir du parti. Pour le patron des députés, Gilles Le Gendre, "le mouvement est en train de se structurer, de s'organiser, mais précisément, _notre ambition est de ne pas ressembler aux autres_, surtout pas aux autres dans l'état dans lequel ils sont en ce moment". Et le numéro deux de LREM de promettre aux militants que "jamais, jamais En Marche ne sera un parti hégémonique, jamais, jamais nous ne devrons avoir peur des sensibilités". 

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Il faut pouvoir organiser les choses si on veut éviter ce qui peut parfois donner le sentiment d'un capharnaüm. Aurélien Taché, député LREM

Sauf que ces sensibilités plurielles au sein de la majorité se font de plus en plus ressentir. Et c'était prévisible pour le député marcheur Aurélien Taché. "Je pense qu'on a besoin de mûrir notre organisation politique, parce qu'on est un mouvement jeune qui s'est construit dans le feu de la présidentielle, et deux ans plus tard, on s'aperçoit, même si on le savait déjà, qu'il y a des sensibilités différentes au sein du mouvement. Il faut pouvoir organiser les choses si on veut éviter ce qui peut parfois donner le sentiment d'un capharnaüm". Référence notamment aux divisions parisiennes entre Benjamin Griveaux, investi par La République En Marche pour les municipales, et Cédric Villani, Marcheur et candidat dissident. 

Les municipales mettent LREM face à ses difficultés

Les élections de mars 2020, et plus précisément les investitures, placent le parti présidentiel dans une situation délicate et le met parfois face à ses contradictions. Notamment vis-à-vis de ses partenaires. Le MoDem, allié depuis le début, a du mal à digérer certaines investitures de LREM face à des centristes pour ces municipales. François Bayrou, le président du mouvement démocrate, a d'ailleurs lancé un avertissement à la tribune dimanche : "si on choisissait de transformer l'élection municipale en élection d'appareil contre appareil, alors, on serait sûrs de perdre"

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"En 2017, le président de la République a fait le choix juste de dépasser les clivages et les champs partisans, et de tendre la main à tous ceux qui voulaient le rejoindre, note son ami et ministre Marc Fesneau, je pense qu'il faut qu'on soit au rendez-vous de cela pour les municipales". 

Les partis partenaires au cœur de la stratégie pour les municipales 

Un souhait visiblement partagé par son collègue ministre de l'Economie. "Le MoDem a toujours été un allié essentiel de La République En Marche, le MoDem est déjà présent dans beaucoup de municipalités, nous devons évidemment nous appuyer sur le MoDem si nous voulons gagner ces élections municipales", souligne Bruno Le Maire.

Nous devons évidemment nous appuyer sur le MoDem si nous voulons gagner ces élections municipales. Bruno Le Maire, ministre de l'Economie

Mais du côté de l'UDE, l'Union des Démocrates et des Ecologistes, autre parti partenaire de LREM, on n'est pas dupes. "Ils ont besoin de nous sur ce coup là", reconnaît Matthieu Cuip, le secrétaire général de l'UDE qui sait pertinemment que le manque d'ancrage local de LREM est une énorme faiblesse à l'approche des municipales. Les Marcheurs "se trouvent dans une situation où ils ont besoin de leurs partenaires, insiste Matthieu Cuip, notamment dans les territoires sur lesquels ils sont peu implantés, donc le fait d'avoir une majorité plurielle, un rassemblement, cela montre que la majorité a plusieurs voix, plusieurs composantes et plusieurs atouts". 

LREM désormais dans le système politique 

Elle n'a surtout pas d'autre choix La République En Marche aujourd'hui que de penser à une stratégie d'alliances. Symptôme, peut-être, de sa normalisation dans le paysage politique pour le politologue, directeur du département Opinion de l'Ifop et auteur de L'archipel français (Seuil), Jérôme Fourquet

En Marche ne peut plus espérer capitaliser sur la pulsion dégagiste. Jérôme Fourquet, politologue

"Jusqu'à présent aux législatives et surtout à la présidentielle, explique le politologue, En Marche avait bénéficié d'une forte envie de dégagisme, qui s'exprimera encore dans la société française, mais avec la difficulté qu'aujourd'hui, En Marche en tant que parti présidentiel et parti majoritaire à l'Assemblée nationale, est clairement identifié comme faisant partie du système politique et donc, si la pulsion dégagiste s'exprime encore au moment des municipales, En Marche ne peut pas espérer capitaliser dessus". 

Stratégie d'alliances

Ces municipales sont un "défi majeur" pour LREM, poursuit le politologue, car "il n'y a pas la présence d'un réseau ancien d'élus locaux, il n'y a pas non plus le booster du moment dégagiste sur lequel s'appuyer, donc se pose la question de savoir s'il est justifié et pertinent de se présenter dans le plus d'endroits possibles pour faire exister le mouvement ou si, au contraire, il faut choisir ses combats, et dans ce cas-là se demander avec qui on part à la bataille, d'où la question de la stratégie d'alliances". 

Mais si, avant, les alliances étaient tranchées par le paysage politique scindé entre la droite et la gauche, LREM s’est inscrit dès le départ en rupture avec ce paysage et semble choisir pour l’instant d’examiner les situations au cas par cas pour les municipales. Au risque d’avoir du mal à dégager une cohérence dans le propos politique national.

Intervenants
  • analyste politique, directeur du département opinion et stratégies d’entreprise de l'institut de sondages IFOP.
  • Ministre de l'Economie et des Finances
  • ministre chargé des Relations avec le Parlement, ancien député du Loir-et-Cher et président du groupe MoDem à l'Assemblée
  • Député de Paris et Délégué Général La République en marche
  • Haut-Commissaire au Plan, président du Modem et maire de Pau, ancien ministre, ancien député
  • Député du Val d'Oise, fondateur du mouvement "Nous demain"
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