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Mickaël, Eric et Roger, agriculteurs de père en fils

Malaise des agriculteurs : de père en fils

4 min
À retrouver dans l'émission

Les agriculteurs sont appelés à une deuxième mobilisation nationale devant les préfectures. Quel est leur ressenti face aux transformations de leur métier et de la société ? Reportage chez trois générations d'agriculteurs de l'Allier.

Mickaël, Eric et Roger, agriculteurs de père en fils
Mickaël, Eric et Roger, agriculteurs de père en fils Crédits : Anne-Laure Chouin - Radio France

C'est un "deuxième" avertissement des agriculteurs à l'Etat : la FNSEA et les JA appellent la profession à manifester devant les préfectures de France. La liste de leurs récriminations est longue : extension des zones de non traitement aux pesticides (ZNT), distorsion de concurrence, CETA, Mercosur, taxes américaines sur les vins et les fromages, revenus en berne, etc.

A toutes ces problématiques, les agriculteurs estiment n'avoir reçu aucune réponse depuis leur première manifestation le 8 octobre dernier. Autre motif de colère, un mot devenu à la mode : l'"agribashing". Un terme fourre-tout qui exprime surtout le malaise profond que ressentent certains agriculteurs face à l'évolution du regard porté sur eux par la société.

Reportage dans l'Allier d'Anne-Laure Chouin, à la rencontre de trois générations d'agriculteurs.

Dans le bocage bourbonnais, autour de la commune de Hérisson, la famille Guillemard est agricultrice depuis 5 générations. Elle élève des vaches, charolaise et limousines, des brebis, et cultive de quoi nourrir les bêtes. Un modèle d'exploitation typique ce ces "petites exploitations familiales" qui sont aujourd'hui encore la spécificité de l'agriculture française.

Vaches limousines dans l'Allier
Vaches limousines dans l'Allier Crédits : Anne-Laure Chouin - Radio France

Mais le grand-père,Roger 80 ans, le fils, Eric 50 ans, et le petit fils, Mickaël, 23 ans, sont unanimes : leur monde, a changé, et pas pour le meilleur. Pour Roger, c'est la solidarité qui s'est en allée, petit à petit  

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22 sec
"Il n'y a plus de solidarité dans le mond agricole"

Et puis il y a ces intrusions dans les abattoirs ou les exploitations, que les éleveurs dont le travail est souvent le plus difficile et le moins rémunérateurs, acceptent de moins en moins. Le témoignage d'Eric, le père. 

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46 sec
"La SPA est venu chez moi après une dénonciation par lettre anonyme"

Cette situation n'a pas découragé Mickaël, le petit fils, qui n'aurait pas, dit il, pu faire autre chose qu'agriculteur. Mais il partage aussi le sentiment que la société à trouvé dans l'agriculteur, une sorte de bouc émissaire. 

Quant à Geoffray Rivaux, voisin des Guillemard et président dans l'Allier du syndicat des Jeunes Agriculteurs, il déplore que tous les métiers qui dépendent de l'agriculture n se sentent pas concernés par leurs souffrances. "L’agriculteur fait vivre en moyenne 11 personnes par son travail, du concessionnaire pour les tracteurs au vétérinaire, en passant par le technicien de la coopérative : pourquoi ces personnes là ne sont pas dans la rue avec nous? Parce que si on crève, elles crèvent aussi", lance t-il.

Dans ce monde agricole très hétérogène et éclaté, une chose rassemble en tout cas la plupart des exploitants :  ils n'ont plus confiance en la parole politique. 

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