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Carte de la pollution annuelle dans le centre de Marseille

Municipales à Marseille : l'environnement au coeur de la campagne

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Marseille, la ville la plus polluée de France (selon Air Paca, pour les particules fines). Cette prise de conscience a amené les politiques marseillais, toutes tendances confondues, à placer l'environnement au centre de la campagne des municipales.

Carte de la pollution annuelle dans le centre de Marseille
Carte de la pollution annuelle dans le centre de Marseille Crédits : Laurent Grolée - Radio France

Toutes les analyses des ONG et des organismes spécialisées convergent : Marseille est avec Paris la ville la plus embouteillée de France, mais devance la capitale pour la mauvaise qualité de son air. A la pollution automobile s’ajoute dans la cité phocéenne la pollution des ferries et bateaux de croisières encore plus impactante mais aussi celle venue des usines pétrochimiques situées sur le pourtour de l’étang de Berre. 

Les statistiques de l’OMS sur les risques liés aux microparticules ont glacé les Marseillais. Ils ont ainsi appris que la pollution de l’air leur enlevait 8 mois d’espérance de vie contre 6 mois aux habitants d’Ile-de-France par rapport aux métropoles moins polluées.

Reportage à Marseille d'Olivier Martocq.

Une prise de conscience générale de cette thématique nouvelle ici 

La luminosité et le mistral ont durant de longues années camouflé la réalité de la qualité de l’air à Marseille. Tous les sondages illustrent désormais la prise de conscience des Marseillais, d’où des programmes axés sur l’environnement. Une thématique nouvelle ici. Preuve de cette prise de conscience des politiques, même le Rassemblement National donné en tête des intentions de vote sur la ville au premier tour lui fait une place importante. Stéphane Ravier, sa tête de liste :

L'écologie, la préservation de la qualité de vie, cela n'appartient à personne. Je suis marseillais, je suis à l'image des 870 000 autres qui habitent cette ville et qui suffoquent. Je veux qu'il y ait un choix qui permettra, à terme, une amélioration de la qualité de vie. Nous avons un programme cohérent et équilibré.

Dans la bataille de la communication, chacun cherche à se démarquer.

Samia Ghali, la sénatrice PS qui entend mener ses propres listes sans l’étiquette de son parti, met en avant ses soutiens dans ce domaine :

J'ai reçu un appel du label COP 21 par Ségolène Royal. J'ai aussi reçu celui de Yannick Jadot, qui est venu me rencontrer pendant les élections européennes, parce qu'il a considéré que le travail que j'avais fait en matière environnementale était à reconnaître.

Bruno Gilles, son alter ego du côté du parti Les Républicains, dont il n’a pas reçu le soutien, mise lui sur le parler vrai :

On a enlevé la connotation politique qu'il y avait dans l'écologie. Et aujourd'hui, on parle tous d'environnement et pas simplement dans le gadget.

Pour Yvon Berland, le candidat LREM, médecin et ancien président de l’université Aix/Marseille, c’est la carte du sérieux professionnel qui domine :

On fait d'abord un diagnostic et puis quand on a écouté, on apporte un traitement. Pas un traitement de politique politicienne, mais un traitement qui a été réfléchi. Le tout, c'est d'être honnête avec les propositions que l'on va faire, sans faire des propositions que l'on ne pourra pas tenir. Ça, ça me tient à cœur !

Martine Vassal, la candidate LR poussée par la majorité sortante, s’appuie elle sur son bilan à la tête de la métropole et du conseil général, les deux institutions qu’elle préside :

Pour moi, c'est une révolution verte que j'ai commencée il y a de nombreuses années à la tête du département. L'idée, c'est d'avoir un fil vert qui soit entre toutes les thématiques et toutes les actions. Ce sont les habitudes qu'il faut changer, c'est une population qu'il faut éduquer et on peut faire de l'écologie pragmatique et non pas dogmatique.

Le Printemps Marseillais qui regroupe désormais toute la gauche, de LFI au PS en passant par les communistes, s’est choisi comme tête de liste une écologiste historique : Michèle Rubirola, qui est aussi médecin :

J'ai toujours pratiqué une écologie sociale, puisque je pense que les personnes les plus en difficultés sont celles qui pâtissent le plus des problématiques environnementales. Ce qu'on appelle "la règle verte" dans toutes les mesures que l'on prendra, si nous sommes élus : quel est l'impact environnemental sur les politiques publiques que l'on va mettre en place ?

Face à ces programmes tous tournés vers l’environnement, Sébastien Barles, tête de liste Europe Ecologie les Verts, veut croire que l’étiquette officielle fera la différence :

C'est vrai que c'est nouveau. On voit que Marseille est une ville impactée par la pollution, le "tout voiture", la question des navires de croisières et donc il y a énormément d'enjeux. Le pari que l'on fait, c'est le pari de la clarté.

A Marseille, aucune tendance ne se dessine pour l’instant. On vote par secteur et il y en a huit, ce qui complique la tâche des sondeurs, mais aussi des six têtes de listes. Têtes de listes qui doivent trouver 303 candidats "écologico-compatibles". 

Interrogé par Pierre Neveux, le politologue et directeur des études à la fondation Jean Jaurès Jérémie Peltier analyse la campagne actuelle :

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