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Pour beaucoup, le délai pour s'organiser n'était pas suffisant.

Pas de concerts impromptus, un protocole strict : la Fête de la musique se profile en mode mineur

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L'annonce de Roselyne Bachelot qui autorise finalement des "mini concerts" dans les bars et les restaurants a pris de court les gérants et les musiciens, qui n'ont pas eu assez de temps pour s'organiser. Sans compter l'interdiction des "concerts impromptus" dans la rue.

Pour beaucoup, le délai pour s'organiser n'était pas suffisant.
Pour beaucoup, le délai pour s'organiser n'était pas suffisant. Crédits : Antonio Saba - Getty

C'est traditionnellement la journée qui inaugure en fanfare l'été : la Fête de la musique se tient ce lundi 21 juin. Une édition 2021 bien particulière, avec un protocole sanitaire assez drastique. Les "concerts impromptus" dans la rue sont interdits, les spectacles devront se tenir uniquement assis. Consolation : les bars et les restaurants pourront finalement accueillir de petits concerts. Mais les cafés, artistes et  organisateurs font tout de même grise mine.

Il aura suffi de quelques mots, prononcés par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot jeudi dernier chez nos confrères de franceinfo : "Les concerts, les mini concerts dans les bars et les restaurants n'étaient pas possibles. Je vous annonce qu'ils seront possibles."

Une annonce qui a pris de court les patrons des établissements. Certains avaient annulé et finalement, la soirée aura bien lieu, comme dans un café du 16e arrondissement à Paris : 

Il y aura une soirée brésilienne, avec des danseuses et de la musique. Ça s'est fait vite, j'étais déjà en contact avec la personne qui faisait le concert qui avait été annulé. On s'est rappelé, et c'est bon.

"C'est un peu trop tard pour nous"

Mais beaucoup n'ont pas eu le temps de s'organiser, le délai n'était pas suffisant. "C'est un peu trop tard pour nous. Un concert nécessite beaucoup de logistique, c'est un peu étrange de nous annoncer qu'on a le droit d'en organiser trois jours à l'avance. Donc malheureusement non, nous n'organiserons pas de concerts, nous ferons une soirée quasiment normale comme ce que l'on avait prévu au départ", déplore Jérémy, serveur dans un bar du centre de la capitale.

Une annonce trop tardive, l'avis est partagé par des artistes, des musiciens que nous avons joints. Pour certains la parole de la ministre était trop timide, ils n'étaient même pas au courant. "D'un côté, on est contents qu'on puisse jouer. Mais de l'autre, le mal est fait", estime Karine Huet, secrétaire générale adjointe à la SNAM CGT, l'Union Nationale des Syndicats d'Artistes Musiciens de France. "Tout est annulé. Communiquer sur un concert pour amener des spectateurs, réorganiser les musiciens, les appeler, faire les contrats, tout ça en deux jours... Une réorganisation de dernière minute est un peu impossible."

Des concerts en extérieur annulés

Et même si les artistes peuvent finalement jouer au pied levé dans les bars, reste la question des concerts en extérieur, avec un public qui devra rester assis. Vincent Lemaire est assez dépité. Le batteur devait se produire avec un groupe à Gien, à une heure d'Orléans, espoirs douchés par la mairie. "C’était trop compliqué. C’était en extérieur, sur une place, il fallait que les gens soient assis, c’était impossible pour eux de contrôler, ils ont déplacé la date en premier lieu et finalement ils ont abandonné", raconte le musicien, intermittent du spectacle : "C'est un contrat entre 120 et 150 euros net qui s’envole. On était tous contents et c’est une date en moins parmi les quelques-unes qu’on arrive à attraper en ce moment. Ce n’est pas réjouissant."

Ça fait un an et demi qu’on ne travaille pas. Là, ça rouvre, on a des discours officiels qui disent que c’est reparti et à peine reparti, on annule. Cette circulaire ne serait pas sortie, on aurait joué normalement pour la Fête de la Musique" - Vincent Lemaire, batteur

Des mairies jettent l'éponge

Car prévenir les attroupements, éviter les débordements, cela reste un casse-tête pour certaines municipalités qui préfèrent annuler les festivités. Dax, Agen, Toulon, Orléans... Strasbourg, aussi : pas de déambulations, ni de "scène flottante", comme c'était prévu. "On s'est dit que ça allait être totalement ingérable, en plus avec les beaux jours. Strasbourg est une ville où les rues sont quand même étroites, en tout cas dans l'hyper-centre", justifie Anne Mistler, adjointe aux arts et aux cultures à la mairie de Strasbourg. "On avait vraiment la crainte qu'on ait l'impossibilité de respecter a minima les gestes de précautions."

Pour le reste, c'est le protocole général qui prévaut. Le pass sanitaire est exigé dans les établissements qui accueillent plus de 1 000 spectateurs et les événements doivent appliquer une jauge à 65%. Tout comme l'année dernière, malgré l'assouplissement progressif des règles, c'est donc bien une Fête de la musique en mode mineur qui se profile.

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