LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Palais des congrès de Perpignan, le 3 juillet 2021.

Rassemblement national : à Perpignan, le congrès de la défaite

4 min
À retrouver dans l'émission

Le 17e congrès du Rassemblement national se déroulait ce weekend à Perpignan. Avec un objectif : tenter de remobiliser les troupes après l’échec des élections régionales et départementales. Rencontre avec des adhérents.

Palais des congrès de Perpignan, le 3 juillet 2021.
Palais des congrès de Perpignan, le 3 juillet 2021. Crédits : Antoine Marette - Radio France

Deux jours de congrès avaient lieu ce samedi et dimanche pour tenter de convaincre que la défaite aux régionales et aux départementales n'est qu'une illusion d'optique, que cela n'aura aucun impact sur la présidentielle et que la ligne du parti est la bonne. "Nous ne reviendrons pas au Front national", a affirmé en clôture de ce congrès Marine Le Pen. Réélue sans surprise hier à la tête du Rassemblement national, elle a exhorté ses militants à "aller chercher la victoire" à la présidentielle, sans évoquer sa défaite aux régionales qui a généré des questionnements. Reportage auprès d'eux.

"La gueule de bois est passée"

Devant le palais des congrès de Perpignan, une file d'attente d'adhérents se dessine lentement. Ils viennent assister au rapport moral de Marine Le Pen, auquel les journalistes ne sont pas conviés. Parmi eux, beaucoup d'ex candidats aux régionales ou aux départementales, comme Mylène Wunsch. Cette conseillère régionale de Centre Val de Loire est rompue aux exercices de communication. Elle arbore un sourire à toute épreuve…

On en a vu d'autres ! La gueule de bois, elle est passée. Ça y est, c'est digéré, on est prêt à repartir au combat. C'est l'esprit militant... On est tenus d'être forts et ça ne pose aucun problème, on est repartis. Il semblerait que tous les partis politiques aient eu une grosse baisse de leurs conseillers, ça n'est pas propre au RN et je pense qu'on s'en sort pas trop mal par rapport à d'autres. C'est l'abstention qui a mis en cause l'ensemble des résultats. Donc non. On ne se sent pas du tout plus pénalisés que ça par rapport à d'autres partis, sûrement pas. (...) Le Covid est passé par là et je pense que ça a touché l'ensemble des partis politiques. Vous savez, quand on ne peut plus faire de réunion, qu'on ne peut plus rencontrer nos militants régulièrement, forcément, on le paie par l'abstention. C'est normal. 

Photos lors du XVII° congrès du RN à Perpignan
Photos lors du XVII° congrès du RN à Perpignan Crédits : Antoine Marette - Radio France

"Il faudrait fédérer mieux au niveau local"

"Le RN victime du Covid". Et certainement pas de sa stratégie… L’heure n’est pas à la remise en question chez cette élue, ni chez la plupart des cadres du RN. Chez certains militants, en revanche, c’est plutôt ambiance déprime… Sully Meilliez a 19 ans. Il est étudiant en droit. Il a lui-même été candidat dans le département de l’Aude. Son constat est sans appel. Preuve en est le nom qu’il donne à ce 17e congrès…

Je l'appelle le congrès de la défaite, c'est un mot fort, mais c'est la réalité. Les sondages nous donnaient en tête dans la plupart des régions. Après le résultat, il est dans l'urne, il est incontestable. La démocratie a parlé et malheureusement, nous n'avons pas remporté une seule région. On avait l'espérance en PACA. On ne va pas se mentir, on a été très fortement déçus. Est ce qu'on peut se reposer sur l'abstention ? Je pense que c'est autre chose. Je pense que c'est plutôt au niveau local qu'il faudrait fédérer mieux, avoir plus d'activités sur le terrain. Ça serait le plus important parce que lorsque nous sommes sur le terrain, on arrive à discuter avec des personnes, les personnes viennent à nous. On est même assez étonnés déjà qu'ils discutent avec nous. Certaines personnes sont plus fermées d'esprit. Mais on manque d'implantation locale. Certains n'osent pas franchir le cap. On trouve ça dommage.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Quand M. Le Pen venait à Perpignan, croyez-moi que ça bougeait !"

Ce jeune militant ne va pas jusqu’à remettre en cause la ligne politique du Rassemblement national. Question de génération peut-être. Car du côté des anciens, on est parfois nostalgique de la période Jean-Marie Le Pen, celle d’avant la dédiabolisation… C’est le cas de Jean-Louis Gentou, 74 ans. Il a adhéré au FN en 1992.

Je suis triste de voir ce qui se passe parce que, on avait des convictions, et on n'en a plus... Là on essaye de nous faire comprendre que maintenant, il faut une ouverture. Quand on voit que désormais on est pour l'Europe... Il y avait une ligne dure et maintenant, c'est une ligne molle, alors ça ne peut pas marcher. Il faudrait rester dans la ligne dure. On est en train de nous expliquer qu'on avait tort et que c'est autrement qu'il faut faire. Quand M. Le Pen venait à Perpignan, croyez-moi que ça bougeait ! 

Stand lors du XVII° congrès du RN
Stand lors du XVII° congrès du RN Crédits : Antoine Marette - Radio France

Mais lors de ce 17e congrès, cette question a semblé complètement hors sujet. Marine Le Pen a été réélue Président du Rassemblement national avec 98,35% des voix. Elle était la seule candidate à sa succession...

Marine Le Pen lors du XVII° congrès du RN
Marine Le Pen lors du XVII° congrès du RN Crédits : Antoine Marette - Radio France
L'équipe
Journaliste
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......