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Dans le vingtième arrondissement de Paris, l'association Linkee redistribue aux étudiants des invendus récupérés.

Précarité étudiante : de plus en plus d'étudiants ont recours à l'aide alimentaire

4 min
À retrouver dans l'émission

Selon une étude réalisée par l'association Linkee, qui récupère des invendus pour les redistribuer, 46% des étudiants sautent des repas pour des raisons financières.

Dans le vingtième arrondissement de Paris, l'association Linkee redistribue aux étudiants des invendus récupérés.
Dans le vingtième arrondissement de Paris, l'association Linkee redistribue aux étudiants des invendus récupérés. Crédits : Laura Dulieu - Radio France

Les étudiants occupent à nouveau les bancs de l'université depuis la rentrée, avec l'amélioration de la situation sanitaire. La précarité étudiante en revanche est toujours là, elle tend même à s'aggraver par rapport au début du Covid-19. Selon l'étude réalisée par l'association Linkee, 46% des étudiants sautent des repas pour raisons financières. Certains n'ont pas d'autre choix que de recourir à l'aide alimentaire, comme celle organisée par l'association, qui distribue des invendus récupérés. 

Il est 18h en ce vendredi soir, et devant ce local du vingtième arrondissement il y a déjà une file d'attente de plusieurs dizaines de mètres. A l'intérieur, les bénévoles de Linkee augmentent le volume de la musique et terminent de préparer les aliments qui rempliront les paniers des étudiants. "Ce soir, ils vont partir avec des sacs de cinq à sept kilos, explique Dominique Laureau, porte-parole de l'association. Il y a des fruits et légumes bio, du frais, des oeufs, des patates douces, de l'ail, des courgettes, des tomates, des bananes, des plats préparés, des produits secs, des produits d'hygiène, des fournitures scolaires..."

Une "aide alimentaire durable"

On est vendredi soir, il pleut dehors, mais il y a quand même entre 300 et 400 étudiants qui viennent. Certains font 1h30 de trajet juste pour récupérer un colis d'aliments. C'est pas normal.                                
Dominique Laureau

Parmi ceux qui viennent de loin il y a par exemple Mounia, qui vient de l'Essonne pour récupérer son colis : "Ça m'aide beaucoup. Ça me fait, trois, quatre jours. Je me débrouille."

Mounia repart avec son sac rempli de denrées, pour la plupart issues de la récupération d'invendus. C'est le principe de l'association, comme l'explique son président, Julien Meimon : "L'idée c'est de faire de l'aide alimentaire durable. On choisit du frais, du bio, de l'agriculture raisonnée, pour faire des colis équilibrés. Pour l'essentiel, ça vient de la récupération d'invendus alimentaires. Donc on fait à la fois de l'aide alimentaire, et de _lalutte contre le gaspillage._

Une précarité qui s'aggrave

Linkee a commencé ses distributions il y a environ un an, et la précarité étudiante qui a explosé lors du premier confinement est toujours bel et bien là selon Julien Meimon:

Vous avez vu la file d'attente ? Il n'y a pas de différence par rapport à il y a un an. Il y a peut-être même encore plus d'étudiants qui viennent. Rien n'a changé, et on ouvre des points de distribution en plus. Je pense que la situation s'est largement aggravée. Les gens qui ont été privé d'un petit job, d'un équilibre financier pendant plus d'un an, ils mettent très longtemps à s'en remettre. Donc il leur faut une aide sur le long terme.                              
Julien Meimon

Dans la file d'attente dehors il y a Charlotte, étudiante de 22 ans en cinéma d'animation. Tombée en dépression lors du premier confinement, elle a dû faire une césure, et reprend donc en cette rentrée sa troisième année de licence : "_J'ai du faire un prêt pour venir habiter à Paris_. Je viens de la campagne, mes parents n'ont pas d'argent. Je commence ma vie endettée, ce qui est très dur à porter. Je n'ai appris que cette année l'existence de cette association, et je viens d'avoir le courage d'y aller car je suis de nature très angoissée. Je n'arrivais pas à chercher des aides. Ce genre d'associations, ça fait sortir, cette solidarité est vraiment bien."

Les étudiants sont de plus en plus nombreux à s'inscrire aux distributions de l'association. Ce soir là, entre trois et quatre cents personnes sont attendues.
Les étudiants sont de plus en plus nombreux à s'inscrire aux distributions de l'association. Ce soir là, entre trois et quatre cents personnes sont attendues. Crédits : Laura Dulieu - Radio France

Faire plus que de la distribution alimentaire

D'où la nécessité selon Julien Meimon d'aller plus loin que de la simple distribution alimentaire

Le but, c'est de faire autre chose que juste un colis bio équilibré, c'est aussi des discussions, un contact particulier, une présence de tout un écosystème étudiant avec d'autres problématiques sur le logement, sur l'accès au droit, à la santé, qui permet à toute personne qui vient à une distribution d'accéder à un ensemble de services complémentaires. C'est pour ça qu'on distribue des kits d'hygiène, ou bien qu'il y a toujours avec nous les Psys du coeur (une association de soutien thérapeutique).
Julien Meimon

"On voit des jeunes qui ont basculé dans la misère du jour au lendemain, ajoute Julien Meimon. Et les réponses au plus haut niveau ne sont pas adaptées à la situation qu'on voit tous les jours sur le terrain". Selon l'étude réalisée par l'association (sur la base de 3200 réponses d'étudiants), 97% d'entre eux vivent sous le seuil de pauvreté

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