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L'église Saint-Nicolas de Houilles (dans les Yvelines) a été dégradée trois fois en dix jours. Le 4 février dernier, une statue de Vierge à l’enfant a notamment été brisée et est irréparable

Profanation d'églises : un phénomène réel mais limité

4 min
À retrouver dans l'émission

Début février, plusieurs églises ont été visées par des actes malveillants en France. Des croix ont été renversées, des hosties émiettées et des autels incendiés. Mais tous ne relèvent pas de la profanation, une distinction qui doit être soulignée, même pour la Conférence des évêques de France.

L'église Saint-Nicolas de Houilles (dans les Yvelines) a été dégradée trois fois en dix jours. Le 4 février dernier, une statue de Vierge à l’enfant a notamment été brisée et est irréparable
L'église Saint-Nicolas de Houilles (dans les Yvelines) a été dégradée trois fois en dix jours. Le 4 février dernier, une statue de Vierge à l’enfant a notamment été brisée et est irréparable Crédits : PQR / Le Parisien - Maxppp

Jamais les églises de Houilles et Maisons-Laffitte, dans les Yvelines, n'avaient subi de tels actes. Dans l'une, la croix de l'autel a été brisée, tout comme la statue de la Vierge, irréparable. Dans l'autre, le meuble qui porte le tabernacle a été jeté à terre. Le diocèse de Versailles ne souhaite pas s'étendre davantage sur le sujet et ne considère pas ces actes comme anti-chrétiens. Dans l'une des deux paroisses, c'est une personne sans domicile souffrant de troubles psychiatriques qui semble être à l'origine des faits.

Dans le Tarn, c'est la cathédrale de Lavaur, récemment rénovée, qui a subi d'importants dégâts. Le plus grave sans doute, l'autel de l'une des petites chapelles du lieu a été incendié. "Deux personnes ont mis le feu à des toiles qui étaient sur une table d'autel, renversé un Christ en croix et généré une fumée noire considérable dans une cathédrale dont toutes les peintures avaient été restaurées", regrette le maire de la commune Bernard Carayon. Depuis cinq ans, l'édifice vieux de 700 ans fait l'objet d'importants travaux de restauration, un budget de deux millions d'euros a été engagé pour l'occasion. Deux lycéens ont reconnu être l'auteurs de ces dégradations, qui pour les paroissiens relèvent plutôt de la bêtise de jeunesse que d'un réel esprit anti-religion, l'un d'eux est d'ailleurs venu prêter main forte pour réparer les dégâts causés.

Des profanations à Dijon et Nîmes

À Nîmes, les dégradations sont bien moins importantes. Mais en jetant des hosties au sol, "c'est le cœur de la foi qui a été visé" a déclaré le curé de l'église Notre-Dame. Ici, le diocèse n'hésite pas à parler de profanation. Tout comme à Nîmes où une croix a été dessinée au mur à l'aide d'excréments, des hosties émiettées puis jetées au mur. Une plainte a été déposée mais l'enquête n'a pas encore abouti. 

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Des actes anti-chrétiens stables

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, les actes anti-chrétiens sont stables d'année en année. En 2018 par exemple, 1 063 actes anti-chrétiens ont été recensés, soit 25 de plus qu'en 2017. Le secrétaire général de la Conférence des évêques de France relativise ces données, déjà parce qu'il y a 45 000 églises en France mais surtout parce que tous ne relèvent pas de la profanation.

Le père Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la Conférence des évêques de France
Le père Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la Conférence des évêques de France Crédits : Fiona Moghaddam - Radio France

Il y a des cambriolages, on vole des œuvres d'art, c'est une attaque à un lieu de culte mais ce n'est pas la même chose qu'une profanation. La profanation est quelque chose de très spécial. C'est ouvrir le tabernacle, prendre les hosties et profaner ce qui pour nous est le cœur de notre foi, c'est-à-dire la présence de Jésus-Christ dans les hosties. Et ça, c'est quelque chose qui est terrible pour nous, c'est dramatique. Mais il y a aussi beaucoup de gens qui ne savent pas ce que c'est qu'une église, qui y entre pour voler, pour dégrader, donc il faut différencier les attaques contre les lieux de cultes. - le père Olivier Ribadeau-Dumas

Ces dégradations et profanations actuelles sont semblables à celles qui ont eu lieu au XIXe siècle explique l'historienne Rita Hermon-Bélot, directrice d'étude à l'EHESS et qui travaille sur la pluralité religieuse et la laïcité. À l'époque, les profanations ont entraîné "des débats parlementaires extrêmement importants et l'adoption d'une loi, dite sur le sacrilège, qui elle-même a été si problématique qu'elle a entraîné la chute du régime politique du moment" explique l'historienne avant d'ajouter "la France du XIXe siècle est un pays où il y a une très large majorité catholique, croyante et pratiquante". 

Pour la Conférence des évêques de France, développer l'enseignement du fait religieux permettrait sans doute de restreindre de tels actes, grâce à une meilleure connaissance des religions et d'instaurer aussi plus de respect et de dialogue entre elles. 

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