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Apa Training école de pilote de ligne basée à Tours. Mai 2021.

Quel avenir pour les étudiants pilotes ?

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Depuis le début de la pandémie, le secteur de l'aéronautique est l’un des plus touchés. Les étudiants pilotes ont du mal à rembourser leurs prêts qui peuvent atteindre des centaines de milliers d’euros.

Apa Training école de pilote de ligne basée à Tours. Mai 2021.
Apa Training école de pilote de ligne basée à Tours. Mai 2021. Crédits : Apa Training - Radio France

Conséquence de la pandémie, le trafic au niveau mondial a chuté de 63%. Une compagnie comme Air France ne fonctionne qu’à 39% de ses capacités.

Avant la crise, le secteur connaissait une croissance annuelle de 5%, avec un besoin de 600 000 pilotes d’ici dix ans. Avec la pandémie, l'horizon s’est assombri et les perspectives pour les futurs pilotes restent incertaines. Une incertitude qui inquiète une partie d’entre eux. Leur formation est l’une des plus chères au monde, en moyenne 100 000 euros pour les deux années d’études. Ce qui les oblige à contracter des crédits étudiants très importants.

Une formation de deux ans pour en moyenne 100 000 euros

Pourtant, les jeunes bacheliers guidés par leur passion continuent malgré tout de postuler, comme a pu le constater Hakim Kasmi en se rendant chez Apa Training, école de pilotes de ligne basée à Tours.

Située au bord des pistes de l'aéroport de Tours, cette école forme actuellement 75 futurs pilotes, un nombre divisé par deux depuis le début de la crise sanitaire, car le coût de la formation est très important : 100 000 euros pour les deux années d'études. Ce qui a obligé la plupart d'entre eux à contracter un prêt bancaire non négligeable, comme Paul, 18 ans, dont les parents et les grands parents ont dû se porter garants. Le temps qu'il puisse décrocher un emploi dans une compagnie aérienne.

Mes deux parents et mes quatre grands-parents qui se sont portés garants, qui prennent tous le risque et j'honore leur confiance.

Retour progressif du trafic en 2024

La confiance, mais surtout l'espoir de réaliser un rêve d'enfant. C'est ce qui motive ces futurs pilotes, malgré le contexte incertain. En attendant la reprise qui passera par le sanitaire et la vaccination, il est très important de former et de préparer les futures générations de pilotes pour répondre à la demande quand elle sera de retour. Pour retrouver le trafic d'avant la crise, il faudra attendre au moins 2024, comme l'explique Serge Gourlaouen, le directeur de l'école :

Si l'on se situe dans une perspective de reprise,  on vise 2024/2025, ce qui signifie a contrario, quand on fait un compte à rebours des comptes, on arrive à un besoin de formation de pilotes qui doit débuter d'ici à peu près un an et demi. Autrement dit, à la mi 2022. Ce sont des jeunes qui rentreront sur le marché du travail en tant que futurs pilotes de ligne aux alentours de 2024. Date à laquelle les réservoirs de pilotes seront épuisés et permettront à ces jeunes là, de rentrer dans la vie active.

Apa Training, école de pilote de ligne basée à Tours. Mai 2021.
Apa Training, école de pilote de ligne basée à Tours. Mai 2021. Crédits : Apa Training

Face à cet avenir incertain, les étudiants qui devront commencer à rembourser leurs frais juste après leur diplôme, savent déjà qu'ils devront commencer leur carrière en n'étant pas forcément pilote de ligne au départ. Une perspective à laquelle Eliott, 19 ans, se prépare et qui est en première année dans l'aéronautique.

Je vise au début d'être formateur au sol. A ce moment là, on a déjà un salaire, on peut commencer à rembourser son prêt étudiant et à la suite de ça, rentrer dans l'aéronautique. Il y a plein de moyens de trouver un moyen de rembourser son prêt étudiant.

Pour les étudiants pilotes, le fait d'être encore à l'école leur laisse du temps pour se retourner. Ce n'est pas le cas des jeunes diplômés qui sont arrivés sur le marché du travail cette année, en pleine crise dans le secteur aérien. A l'image de Germain Bertho, sorti de l'école à Andorre en janvier dernier, il doit rembourser actuellement un crédit étudiant de 1 100 euros par mois depuis février, faute d'avoir trouvé un emploi de pilote dans une compagnie aérienne. Il a dû travailler des mois comme livreur Deliveroo et dans un garage. 

Germain Bertho vient d'être recruté comme ingénieur dans une startup spécialisée dans l'aéronautique. Si ses revenus sont plus confortables, ils ne lui permettent pas pour autant de quitter la maison familiale où il vit encore avec ses parents en attendant un ciel plus clair. Les jeunes pilotes comptent beaucoup sur la vaccination et le pass sanitaire qui pourrait faire redécoller le trafic dès cet été, au moins en Europe, notamment chez les compagnies low cost, qui seront les premières à profiter de la reprise et donc à recruter des pilotes.

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Thierry De Basquiat, directeur pédagogique en charge des vols à l’ENAC, l’école nationale de l’aviation civile : "Avec la crise dans le secteur aérien. nous avons perdu 30 à 40% de nos revenus".
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