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Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, leader de l'ANC (Congrès national africain), salue les milliers de supporters venus à son meeting, le 5 mai 2019 à Johannesburg,

Ramaphosa, l’homme providentiel pour réformer l’ANC et l’Afrique du Sud ?

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Président par intérim depuis plus d’un an, Cyril Ramaphosa est le favori des élections dans la nation arc-en-ciel le 8 mai. L’ancien protégé de Nelson Mandela incarne les espoirs de changement dans une Afrique du Sud plombée par des années de scandales de corruption.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, leader de l'ANC (Congrès national africain), salue les milliers de supporters venus à son meeting, le 5 mai 2019 à Johannesburg,
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, leader de l'ANC (Congrès national africain), salue les milliers de supporters venus à son meeting, le 5 mai 2019 à Johannesburg, Crédits : Gianluigi Guercia - AFP

Tourner définitivement la page des affaires de corruption et relancer la croissance sud-africaine. Ces deux promesses ont jalonné la campagne de Cyril Ramaphosa, favori des urnes avec presque 60% des intentions de vote. Celui que Nelson Mandela considérait comme son fils spirituel dans les années 1990 a fait un détour par le monde des affaires. 

Le fils spirituel de Mandela qui a fait fortune dans les affaires

Ramaphosa est depuis devenu la dixième fortune sud-africaine. Une situation qui pourrait choquer dans la nation arc-en-ciel, "pays le plus inégalitaire du monde" selon la Banque Mondiale. Mais cette situation ne choque par Ben, venu assister au grand meeting de l’ANC dimanche à Johannesburg. 

Ça ne m’embête pas. C’est bien d’être dirigé par quelqu’un qui a le sens des affaires. Au moins, il a réussi dans sa vie. Il a beaucoup de contacts. Donc il va pouvoir ramener la croissance en Afrique du Sud, c’est ce qu’on attend de lui.    
Ben, un partisan de Ramaphosa.

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Depuis qu’il a remplacé Jacob Zuma l’an dernier à la présidence, Ramaphosa a redonné au parti historique de Nelson Mandela une nouvelle dynamique. Il incarne à lui tout seul le changement selon Sarona Ndlozi, une militante de l’ANC. 

C’est le meilleur. Lorsque l’on fait du porte à porte, les gens nous disent : "Vous êtes en train de corriger vos erreurs. Nous sommes heureux que vous ayez Cyril Ramaphosa. Et nous allons voter pour l’ANC grâce à votre président."
Sarona Ndlozi, militante de l'ANC.

L'opposition dénonce sa responsabilité dans le massacre des mineurs de Marikana

Avec Ramaphosa, est-ce vraiment la fin des scandales de corruption en Afrique du Sud ? Pas si vite. Julius Malema, le charismatique leader du parti des Combattants pour la Liberté Economique, a rappelé tout au long de la campagne que si Cyril Ramaphosa incarne un nouvel espoir, il a lui aussi ses casseroles. Sa responsabilité est remise en question dans le massacre de Marikana, où 34 mineurs en grève avaient été tués par la police en 2012. Ramaphosa était alors le principal investisseur dans la mine.

L’esprit des mineurs tués ne sera jamais en paix tant que Ramaphosa sera à la présidence. Ramaphosa est au mauvais endroit. Il ne devrait pas être au palais présidentiel mais plutôt à la prison de Sun City.    
Julius Malema, leader du Parti des combattants de la liberté.

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Six ans après le massacre, il n’y a toujours ni eau courante, ni électricité à Marikan. Depuis 2012, les compensations promises par l’État n’ont pas été versées. Sebenza travaille à la mine et votera "tout sauf Cyril !"

On m’avait promis un logement social. Mais depuis 2012, toujours rien. J’habite encore sous des plaques de tôle. Et s’ils arrivent demain avec une maison à me proposer, je refuserai !    
Sebenza, partisan de Julius Malema.

Inutile de dire qu’ici, le sentiment anti Ramaphosa est très partagé. Le président ne s’y est d’ailleurs pas rendu pendant la campagne pour éviter toute polémique.

A Marikana comme ailleurs, le taux de chômage est de plus de 25%. Ce sera l’un des chantiers prioritaires auxquels devra s’atteler Ramaphosa, qui devrait être élu à la majorité demain en Afrique du Sud.

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