LE DIRECT
Le président sortant de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard (PS) a refusé les mains tendues des Verts et de la majorité présidentielle en vue du second tour des élections régionales

Régionales en Bretagne : le PS en tête refuse de s'allier avec EELV ou LREM

4 min
À retrouver dans l'émission

Au premier tour des élections régionales en Bretagne, cinq listes se sont qualifiées. Toutes les tentatives d'alliance entre elles ont échoué. Il y aura donc toujours cinq listes soumises au vote des Bretons au second tour.

Le président sortant de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard (PS) a refusé les mains tendues des Verts et de la majorité présidentielle en vue du second tour des élections régionales
Le président sortant de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard (PS) a refusé les mains tendues des Verts et de la majorité présidentielle en vue du second tour des élections régionales Crédits : Marc Ollivier - Maxppp

Aucun sondage ne l'avait donné devant tout le monde au premier tour des élections régionales. C'est donc, forcément, un peu content qu'est arrivé Loïg Chesnais-Girard, président sortant de la région Bretagne, devant ses soutiens ce dimanche soir. "Nous sommes en tête, c'est une très bonne nouvelle", a-t-il lancé sous les applaudissements de ses soutiens rassemblés à Liffré près de Rennes. 

Le PS refuse les deux mains tendues...

Mais s'il est effectivement arrivé en tête, il n'a réuni "que" 21% des voix, et quatre autres listes se sont qualifiées pour le second tour. Des mains ont rapidement été tendues. Europe Ecologie les Verts a ainsi plaidé pour une large union de la gauche. "Loïg Chesnais-Girard a fait en sorte que cela n'advienne pas", assure la tête de liste EELV Claire Desmares-Poirrier. "Aujourd'hui, on a besoin de clarté, on a besoin de solder l'ère Le Drian, on avait donc besoin d'un acte politique fort et courageux de Loïg Chesnais-Girard, il n'a pas été capable de le faire. Ce que je trouve regrettable, c'est que cela ne tient pas compte du réel puisque les voix de la gauche et des écologistes rassemblent une large majorité", explique la candidate. 

Claire Desmares-Poirrier, tête de liste EELV aux régionales en Bretagne, repart seule au second tour
Claire Desmares-Poirrier, tête de liste EELV aux régionales en Bretagne, repart seule au second tour Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Cette majorité, Loïg Chesnais-Girard pouvait aussi tenter de la trouver, comme l'appelait de ses vœux son mentor et ancien président de la région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, avec son ancien allié Thierry Burlot, parti sous les couleurs de la majorité présidentielle. "Il m'a demandé de lui faire une proposition, ce que j'ai fait, et j'ai cru que nous étions prêts à discuter, mais il nous a baladés. Il n'a pas su choisir entre les centristes et Europe Ecologie les Verts, mais cela confirme finalement son attitude permanente : il ne choisit pas, laisse croire, et se sert", estime Thierry Burlot. 

Thierry Burlot, candidat soutenu par la majorité présidentielle pour les régionales en Bretagne, a tenté, sans succès de nouer une alliance avec la liste de Loïg Chesnais-Girard
Thierry Burlot, candidat soutenu par la majorité présidentielle pour les régionales en Bretagne, a tenté, sans succès de nouer une alliance avec la liste de Loïg Chesnais-Girard Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

... mais en tend une autre à la place

Loïg Chesnais-Girard a pourtant fini par choisir. Face à de potentiels alliés jugés trop gourmands, le président sortant s'est tourné vers quelqu'un d'autre : Daniel Cueff. L'ancien maire anti-pesticides de Langouët, soutenu par un peu plus de 6% des électeurs au premier tour, n'a rien demandé. "C'est moi qui suis allé le chercher", confirme le socialiste conscient que cela peut être un risque. Mais un risque "calculé, mesuré, calibré", plaide Loïg Chesnais-Girard, pour qui, "on peut faire un coup et rester président par un coup, c'est tout de même mieux d'assumer qu'il y a des choses compliquées et de ne pas se précipiter vers des accords arithmétiques pour garder le pouvoir là où on sait que, derrière, il y a des points sur lesquels tout n'est pas posé correctement"

Daniel Cueff (à gauche) et Loïg Chesnais-Girad (PS, à droite) ont passé un accord pour le second tour des régionales en Bretagne
Daniel Cueff (à gauche) et Loïg Chesnais-Girad (PS, à droite) ont passé un accord pour le second tour des régionales en Bretagne Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Avec Daniel Cueff, c'est un accord sur le fond, pas sur la forme, insiste le clan Chesnais-Girard. Sera-t-il profitable en nombre de voix ? L'écologiste sans étiquette voit partir les siens les uns après les autres depuis l'annonce de cette alliance. Et il sait parfaitement pourquoi : Daniel Cueff s'était engagé avant le premier tour à ne conclure aucune alliance. Le président sortant l'a fait changer d'avis. "A partir du moment où on nous propose d'intégrer nos projets, cela aurait été une occasion ratée de ne pas accepter !", explique l'ancien élu de Langouët.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le RN et les LR dénoncent des "tripatouillages" et "cuisines d'arrière-boutique"

Entre l'absence d'alliance de poids et cet accord qui fait grincer des dents, la droite savoure. Arrivée deuxième au premier tour, Isabelle Le Callennec chez les Républicains n'a, elle, ouvert la porte à personne. "Je pense que les électeurs, qui sont un peu perdus à l'occasion de ces élections, n'aiment pas les tripatouillages électoraux. Vous pouvez décevoir lorsque vous faites des alliances contre nature ou qui donnent le sentiment que vous vous vous battez pour des postes et des places alors que pendant toute la campagne vous avez passé votre temps à dire en quoi vous étiez différents des autres", souligne la tête de liste de la droite et du centre. 

Isabelle Le Callennec, tête de liste de la droite et du centre aux régionales en Bretagne, repart au second tour avec la même liste qu'au premier
Isabelle Le Callennec, tête de liste de la droite et du centre aux régionales en Bretagne, repart au second tour avec la même liste qu'au premier Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Le sentiment est le même du côté du Rassemblement National. Passée la déception des 14% du premier tour, Gilles Pennelle s'est mis en tête d'aller chercher tous les électeurs du RN absents des bureaux de vote dimanche, pour les convaincre qu'ils doivent cette fois s'exprimer. "Je pense qu'on ne dit pas toute la vérité aux Bretons aujourd'hui, explique Gilles Pennelle, il y aura un troisième tour le deux juillet, une fois que tous les conseillers régionaux auront été élus. Que va-t-il se passer pour élire le président du conseil régional ? Qui va voter pour qui ? Je soupçonne Loïc Chesnais-Girard de faire échouer l'alliance avec Europe Ecologie les Verts pour le second tour, mais de préparer une alliance entre élus, dans le dos des électeurs, pour le deux juillet". 

Gilles Pennelle, candidat RN aux régionales en Bretagne, soupçonne Loïc Chesnais-Girard d'être déjà en train de préparer le troisième tour
Gilles Pennelle, candidat RN aux régionales en Bretagne, soupçonne Loïc Chesnais-Girard d'être déjà en train de préparer le troisième tour Crédits : Rosalie Lafarge - Radio France

Avant de s'intéresser au troisième tour, le sortant assure se concentrer sur le second. "Je ne m'occupe pas de Gilles Pennelle, je vais gagner largement devant lui et j'espère le mettre bien derrière", tranche Loïc Chesnais-Girard. Comme tous les candidats qualifiés, il appelle à un sursaut de mobilisation dimanche, pour le second tour. En terres bretonnes, où l'on vote traditionnellement plus que la moyenne nationale, seuls 36% des électeurs se sont déplacés pour le premier tour de ces élections régionales.

L'équipe
Journaliste

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......