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Un habitant de Mont-Saint-Aignan prend en photo l'incendie de Lubrizol installé en contrebas sur les quais de Seine à Rouen

Rouen : la campagne des municipales après l'incendie de l'usine Lubrizol

4 min
À retrouver dans l'émission

Six candidats sont officiellement déclarés pour les municipales de mars prochain à Rouen. Ils doivent repenser le développement de la ville à la lumière du grave incendie qui a touché l'usine chimique Lubrizol.

Un habitant de Mont-Saint-Aignan prend en photo l'incendie de Lubrizol installé en contrebas sur les quais de Seine à Rouen
Un habitant de Mont-Saint-Aignan prend en photo l'incendie de Lubrizol installé en contrebas sur les quais de Seine à Rouen Crédits : Philippe Lopez - AFP

L’incendie sur le site de l’usine chimique Lubrizol, classée Seveso le 26 septembre dernier a repositionné les curseurs dans la perspective des municipales de mars prochain. Six candidats sont officiellement déclarés et pour celle ou celui qui remportera la mairie, une priorité : rassurer la population de la ville centre de cette métropole de près de 500 000 habitants. 

Une ville à l’héritage industriel courtisée par une femme et cinq hommes

En dépit de la désindustrialisation qui touche l’agglomération depuis les années 70, Rouen conserve sur son territoire et alentours plusieurs usines du secteur de la pétrochimie. Pas moins de douze sites sont ainsi classés Seveso, c'est-à-dire des installations qui présentent des risques industriels majeurs et qui doivent donc respecter des exigences plus importantes en matière de sûreté. Les candidats aux municipales en sont bien conscients. Ils ont vécu de près la catastrophe de Lubrizol. La plupart d’entre eux habitent Rouen et le 26 septembre dernier, ils ont été réveillés par des explosions et l’impressionnant panache de fumée, résultat de la combustion de plus de 9 000 tonnes de produits chimiques. Ceux qui étaient déjà déclarés se sont d'ailleurs tout de suite exprimés sur les réseaux sociaux comme la vice-présidente du Conseil départemental, Marine Caron, une centriste qui se présente sans étiquette ou encore le conseiller municipal d’opposition Les Républicain Jean-François Bures : 

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Le conseiller municipal PS, ex Président de la Région Haute-Normandie Nicolas Mayer-Rossignol qui continue également à demander des mesures d'urgence :

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Cet incendie est loin d'être ignoré par ceux qui se sont déclarés plus récemment, à savoir : le conseiller municipal d'opposition RN Guillaume Pennelle, l'entrepreneur Jean-Louis Louvel, investi par la République en Marche, et l'adjoint au maire Jean-Michel Bérégovoy, qui représentera Europe Ecologie les Verts. 

Le futur éco-quartier dit Flaubert à l’épreuve de la catastrophe de Lubrizol

L'un des sujets les plus politiques de la campagne concerne désormais l’avenir du futur éco-quartier dit Flaubert. Il est présenté dans des documents officiels comme « l’un des plus grands projets d’aménagement urbains de France. »  Censé accueillir ces prochaines années jusqu'à 10 000 habitants et des milliers d'emploi, il a été imaginé il y a une dizaine d'années pour reconquérir d’anciennes friches industrielles et portuaires sur la rive gauche de la Seine, celle qui a toujours été moins favorisée. Les sommes mobilisées sont d'au moins 50 millions d'euros. La ville et la métropole ont obtenu des prêts de la Banque européennes d'investissement notamment. Mais aujourd’hui cet espace de près de 70 hectares crée le scepticisme. L’usine Lubrizol classée Seveso qui vient de brûler est située à moins d’un kilomètre du futur quartier pour son point le plus proche.

Le futur éco-quartier rive gauche à Rouen est censé se construire progressivement d'ici 10 ans.
Le futur éco-quartier rive gauche à Rouen est censé se construire progressivement d'ici 10 ans. Crédits : Anne Fauquembergue - Radio France

Selon Ouest France, la métropole qui a voté ce projet s’était défendue en 2016 de prendre un quelconque risque expliquant que « le périmètre de la ZAC se situe depuis son origine hors du périmètre du Plan de prévention des risques technologiques (PPRT) Lubrizol » et que le « Plan particulier d’intervention ne fixe aucune contrainte réglementaire, urbanistique ou constructive ». Mais après le 26 septembre, le doute s’installe. La benjamine de la campagne Marine Caron, 29 ans (sans étiquette) et qui fera ces prochains jours ses premières propositions, résume le défi du futur maire : "On doit faire la part des choses entre notre héritage industriel et la transition écologique."

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Un futur site qui doit avoir des garanties en matière de sûreté et pourquoi pas repensé

Le candidat LR Jean-François Bures veut rouvrir l’enquête publique réalisée en 2015 sur l’éco-quartier Flaubert : "Après l’incident, je me suis précipité sur sa relecture et j’ai été surpris de voir comment la présence de Lubrizol avait été minimisée ; un seul témoignage d’habitant qui exprimait un doute. C’est très impressionnant de voir le décalage à la lumière des événements." Jean-François Bures est prêt à ce que la ville se sépare de Lubrizol : "On parle de 400 emplois pour Lubrizol et 1 200 postes si l’on ajoute les partenaires. Mais en terme de solde dans ce domaine, l’éco-quartier peut représenter 5 000 emplois à terme.

Jean-Louis Louvel, le candidat investi par la République en marche, n'a pas répondu à notre demande d'interview. Mais dans Paris-Normandie, journal dont il est l'actionnaire majoritaire, il se prononçait il y a quelques semaines pour "un moratoire sur la poursuite de la procédure du Plan local d’urbanisme intercommunal". 

Le candidat du Rassemblement National Guillaume Pennelle observe, et à ceux qui pensent que Lubrizol pourrait être éloigné pour permettre le développement du futur quartier, il répond qu'il ne faut pas rêver : "Il faut rappeler les compétences d’un maire. Ce dernier n’aura qu’un impact limité sur l’implantation de cette usine, c’est la responsabilité de l’Etat.

La mairie de Rouen
La mairie de Rouen Crédits : Anne Fauquembergue - Radio France

Pour le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, soutenu par le collectif Fiers de Rouen, "l'idée de reprendre cette terre pour limiter l'étalement urbain est une bonne chose" mais il admet que mesures de gestion des risques, de communication, de protection, d'éducation des habitants ne sont pas aux niveaux. "Il n'est pas question d'avancer sur l'éco-quartier tant que ces garanties n'auront pas été apportées." L'ex Président de région se prononce aussi pour "un contrat de transition écologique" afin de faire venir de nouveaux types d'activité sur le territoire. 

Europe Ecologie les Verts estime que l'éco-quartier pourrait être un moyen de restaurer l'image de la métropole. Avec son collectif Décidons Rouen !, le deuxième adjoint au maire, Jean-Michel Bérégovoy aimerait néanmoins améliorer sa conception : 

Il faut en faire au contraire un vrai écoquartier : repenser le stationnement intérieur, ne pas mettre un parking au centre comme c'est prévu, prévoir les services publics de proximité, mieux intégrer les transports en commun. Il faut massifier ce que les écologistes ont su faire dans l'expérimentation pour passer à cette phase de transformation de nos villes. 

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