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Image de 2019 obtenues en Méditerranée par Frontex grâce à un drone. Elle montre des migrants sortant d'un chalutier pour embarquer sur un bateau en bois.

Sauvetages en mer Méditerranée : les nouvelles technologies

4 min
À retrouver dans l'émission

Aux frontières maritimes de l'Europe, de nouveaux moyens sont utilisés pour tenter de lutter contre l'immigration clandestine. Aux avions opérés par les garde-côtes s'ajoutent avions et drones opérés par Frontex. De nouvelles technologies qui coûtent chaque année plusieurs millions d'euros à l'UE.

Image de 2019 obtenues en Méditerranée par Frontex grâce à un drone. Elle montre des migrants sortant d'un chalutier pour embarquer sur un bateau en bois.
Image de 2019 obtenues en Méditerranée par Frontex grâce à un drone. Elle montre des migrants sortant d'un chalutier pour embarquer sur un bateau en bois. Crédits : EPA-EFE / Frontex - Maxppp

“Mayday, Mayday, Mayday, vessel in distress. Coordinates 33 28 N 013 53 E”.

Ce Mayday, ou appel de détresse, a été lancé le 21 avril dernier au soir, au large des côtes libyennes, par un avion affrété par Frontex. Il concernait un canot pneumatique en train de couler, en pleine tempête. Le jour suivant, l’avion Osprey 3 avait communiqué avec l’Ocean Viking, de SOS Méditerranée, alors le seul navire de sauvetage sur zone. Osprey indiquait participer aux recherches mais n’avoir aucune juridiction.

L’agence européenne de surveillance des frontières est alors sous le feu des critiques pour n’avoir pas envoyé plus rapidement d’avion de reconnaissance. Cette nuit-là, faute de coordination des secours, environ 130 personnes sont mortes noyées.

Dans la nuit du 21 au 22 avril, un naufrage au large de la Libye a fait plus de 130 morts, faute de coordination et d'assistance des autorités responsables.
Dans la nuit du 21 au 22 avril, un naufrage au large de la Libye a fait plus de 130 morts, faute de coordination et d'assistance des autorités responsables. Crédits : Flavio Gasperini / SOS Méditerranée

Pourtant, pour sa surveillance aérienne, Frontex vient d’investir plus de 83 millions d’euros, soit 1/6e de son budget, dans des contrats avec des compagnies charters des Pays-Bas, du Royaume Uni et d’Autriche. En plus de ces avions, l’agence européenne se dote également de drones de très haute technologie. Matthias Monroy, expert en technologie aérienne et activiste, précise :

Il ne s’agit pas de drones ordinaires – c’est du matériel militaire – toute la technologie que nous évoquons est développée par des armateurs pour l’armée. Ils ont été développés par l’armée, testés par l’armée, utilisés par l’armée. Par exemple, le drone employé par Frontex à Malte est utilisé par l’armée allemande depuis 2010, principalement en Afghanistan, et maintenant aussi au Mali. Bien sûr, l’armée a retiré son matériel d’Afghanistan il y a quelques mois, mais c’est de la pure technologie militaire. 

Ce matériel qui coûte des millions d’euros, change la donne en matière de surveillance en Méditerranée, non seulement par la capacité d’autonomie – jusqu’à 40 heures de vols contre une dizaine seulement pour les avions de reconnaissance, mais aussi par la technologie embarquée à bord :

En général, les drones possèdent deux types de capteurs, les uns sont électro-optiques, donc des caméras de jour mais aussi des caméras infrarouges, et les seconds capteurs pour la surveillance sont les radars. Cela va dépendre de la capacité du radar, mais la technologie de ces appareils maritimes est facile d’utilisation puisque la mer est une surface plane. Les drones peuvent aussi être équipés pour intercepter des appareils de communication, et là encore c’est de la pure technologie militaire ou des services secrets.

Dans les faits, cette technologie de pointe renforce la collaboration entre Frontex et les garde-côtes libyens, qui eux n’ont pas encore de surveillance aérienne. Pour le porte parole de l’Organisation Internationale pour les Migrations, Flavio di Giacomo, le rôle de Frontex devrait être tout autre :

Frontex est une agence qui travaille sur la sécurité des frontières, mais il est évident que la Méditerranée c'est un problème de sauvetage de vies. Ce n’est pas une frontière où les personnes doivent être renvoyées en Libye.

Depuis le début de l’année, en Méditerranée centrale, les garde-côtes libyens, financés par l’Union Européenne et soutenus par Frontex, ont déjà intercepté plus de 15 000 personnes tentant de rejoindre les côtes européennes. Pourtant, officiellement, pour les Nations unies et toute la communauté internationale, la Libye n’est toujours pas un lieu sûr.

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Les arrivées et les morts en mer Méditerranée depuis le début de l'année. Crédits : Visactu
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