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Au sommet de l'une des 24 chapelles de Notre-Dame de Paris, Amélie Strack pose en tenue de chantier sur son lieu de travail depuis septembre : elle est restauratrice de sculptures pierre et métal.

Sur le chantier de Notre-Dame de Paris

4 min
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Deux ans après l'incendie qui a ravagé la toiture et la charpente de Notre-Dame, la sécurisation de la cathédrale touche à sa fin, avant la restauration qui doit commencer l'hiver prochain. Sur place, des dizaines de métiers se côtoient pour prendre soin du monument qui doit rouvrir dans trois ans.

Au sommet de l'une des 24 chapelles de Notre-Dame de Paris, Amélie Strack pose en tenue de chantier sur son lieu de travail depuis septembre : elle est restauratrice de sculptures pierre et métal.
Au sommet de l'une des 24 chapelles de Notre-Dame de Paris, Amélie Strack pose en tenue de chantier sur son lieu de travail depuis septembre : elle est restauratrice de sculptures pierre et métal. Crédits : Maxime Tellier - Radio France

Le 15 avril 2019 en fin de journée, un incendie emportait la flèche et la toiture de Notre-Dame, détruisant aussi la plus ancienne charpente de Paris, qui datait de l'époque médiévale ; au petit matin du lendemain, le monument menaçait de s'effondrer. Mais deux ans plus tard, le chantier de sécurisation est quasi-terminé - il doit s'achever cet été - et la phase de reconstruction doit débuter l'hiver prochain. Un millier de chênes ont même déjà été abattus pour reconstruire la flèche selon les plans de Viollet-le-Duc : les arbres sont mis de côté, au séchage pour 18 mois. Et depuis ce jour d'avril sur l'île de la Cité, tous les métiers du patrimoine, de l'art ou de l'entretien se succèdent au chevet de la cathédrale : une restauratrice de sculptures pierre et métal a accepté d'être notre guide. Elle s'appelle Amélie Strack.

Un chantier sous triple contrainte

La voute de la croisée du transept s'était effondrée lors de l'incendie qui avait touché la flèche. Début avril 2021, cette partie du toit était toujours à l'air libre : un "parapluie" doit y être installé d'ici l'été.
La voute de la croisée du transept s'était effondrée lors de l'incendie qui avait touché la flèche. Début avril 2021, cette partie du toit était toujours à l'air libre : un "parapluie" doit y être installé d'ici l'été. Crédits : Maxime Tellier - Radio France

Mais on n'entre pas à Notre-Dame si facilement. Le bâtiment est bouclé par des palissades depuis le feu et soumis à une triple contrainte : la pandémie de coronavirus, la pollution au plomb (provoquée par la fonte du toit) et l'arrêté de péril pris par la préfecture devant la menace d'effondrement. Bottes et casque obligatoires, masque aussi, sans compter la combinaison intégrale pour se protéger du plomb ; la douche est même obligatoire en sortant du sas entre zone sale (le chantier) et zone propre (les bureaux et l'entrée).

Amélie Strack travaille sur l'une des 24 chapelles de la cathédrale : Notre-Dame de Guadalupe (c'est le nom de la chapelle), où elle participe à un chantier test (comme sur une autre chapelle). C'est ici que les protocoles de nettoyage et d'entretien sont essayés puis choisis avant d'être généralisés à l'ensemble du bâtiment. Des aspirateurs à aspiration absolue ont été utilisés pour retirer le plomb, des lasers, des appliques de compresse d'argile et de sable aussi... Quand elle nous fait visiter au début du mois d'avril 2021, la plupart des opérations sont terminées dans sa chapelle.

Au plus près de la pierre

Mais son métier l'amène au plus près de la pierre, au contact aussi de ceux qui les ont posées il y a près de 800 ans. Amélie Strack trouve d'ailleurs souvent des marques de tacherons : ces signatures que laissaient les tailleurs de pierre sur les hauteurs. Des triple hélices, des flèches, des rectangles et autres motifs de toutes sortes... 

Sur les hauteurs d'une chapelle nettoyée : une marque de tâcheron laissée par un tailleur de pierre il y a près de 800 ans ; comme une signature.
Sur les hauteurs d'une chapelle nettoyée : une marque de tâcheron laissée par un tailleur de pierre il y a près de 800 ans ; comme une signature. Crédits : Maxime Tellier - Radio France

Au sommet de la chapelle, la restauratrice nous montre aussi des polychromies effacées par le temps mais retrouvées grâce au chantier : "On trouve beaucoup de traces de dorures, des feuilles vertes dont les reliefs sont soulignées par des fonds rouges, des traces bleues ici qui rappellent l'architecture car elles suivent les nervures en dessous"

Et le travail d'Amélie Strack sur le chantier s'achève d'ici quelques jours : un lieu synonyme aussi pour elle d'aventure humaine, en interdisciplinarité. "Les tailleurs, les sculpteurs, les échaffaudeurs, les cordistes, les vitraillistes, les restaurateurs de vitraux, de décors peints, sans oublier les architectes et les laboratoires. Cela fera partie des expériences incroyables de notre vie".

Et côté calendrier, Notre-Dame de Paris doit être rendue au public et au culte en avril 2024. Le général Georgelin, à la tête de l'établissement public a promis qu'un Te Deum y serait célébré le 16 avril ; tenant - en partie - l'objectif d'Emmanuel Macron de reconstruire le monument en cinq ans. Mais les travaux ne seront alors pas terminés. Les dons et promesses de dons s'élèvent à 833 millions d'euros, de quoi envisager tranquillement les choses, affirmait ce mercredi au Sénat la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.

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