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Fin août à Marseille. Tenet, de Christopher Nolan, est à l'affiche au milieu de plusieurs productions françaises. La perte estimée des salles en France pour 2020 est évaluée à 750 millions d'euros, plus de la moitié de leur chiffre d'affaires annuel.

"Trahies" par Hollywood, les salles obscures misent sur le cinéma français

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Dans la longue liste des activités mises à mal par la Covid-19, les cinémas français ! Leurs pertes estimées pour l'année 2020 sont évaluées à 750 millions d'euros. Abandonnés par Hollywood, qui reporte toutes ses sorties, les exploitants de salles misent plus que jamais sur le cinéma français !

Fin août à Marseille. Tenet, de Christopher Nolan, est à l'affiche au milieu de plusieurs productions françaises. La perte estimée des salles en France pour 2020 est évaluée à 750 millions d'euros, plus de la moitié de leur chiffre d'affaires annuel.
Fin août à Marseille. Tenet, de Christopher Nolan, est à l'affiche au milieu de plusieurs productions françaises. La perte estimée des salles en France pour 2020 est évaluée à 750 millions d'euros, plus de la moitié de leur chiffre d'affaires annuel. Crédits : Valérie Vrel / La Provence - Maxppp

"On a tous pris cher cet été". Phrase lourde de sens de Jocelyn Bouyssy, directeur général des cinémas CGR (73 cinémas répartis dans toute la France). Seuls trois cinémas de son groupe ont fermés depuis le déconfinement et ce n'était pas gagné d'avance. "On a fait - 80% en juillet,  on est remontés à - 50 % avec Tenet en août, mais on a fait - 70% en septembre. Il faut qu'on redémarre en octobre, sinon on entraînerait tout le marché du cinéma français vers le bas, j'ai vraiment peur que beaucoup de monde reste au bord de la route" ajoute-t-il.

La "trahison" hollywoodienne

Les raisons d'une telle baisse d'activité sont à chercher du côté d'Hollywood. Seul Christopher Nolan avec son "Tenet" a donc fait le pari d'une sortie mondiale. Les autres blockbusters américains sont régulièrement reportés, à l'image de James Bond, qui sortira au mieux en avril prochain. A cela s'ajoute les sorties annulés de "Mulan" et "Soul" par Disney, qui a préféré privilégier sa plateforme Disney , mais aussi les tournages stoppés nets par l'épidémie, comme celui du très bien nommé "Jurassic World : Le Monde d'Après", qui sortira finalement en 2022. Et le cinéma français ne peut pas se permettre l'absence de films américains "qui représente 50% du marché ici" rappelle Marc Olivier Sebbag, directeur général de la fédération nationale des cinémas français. 

La sortie du 25e opus de James Bond est repoussé à avril 2021
La sortie du 25e opus de James Bond est repoussé à avril 2021 Crédits : AFP

"Les gens n'ont pas spécialement peurs de venir au cinéma voir les films qu'il y a à l'affiche. Le problème c'est qu'il manque la moitié des films à l'affiche" ajoute-t-il, regrettant la frilosité des producteurs et distributeurs américains, et notamment Disney : "Les salles sont toujours fermées en Californie, dans l'Etat de New-York, et donc leur perception est celle d'un monde où les salles de cinéma sont encore fermées. La question, c'est pourquoi leurs bureaux basés en France ou ailleurs en Europe ne les convainquent pas de sortir leurs films ici" estime Marc Olivier Sebbag. 

L'automne français

Pour autant, l'automne, traditionnellement riche en films français, laisse entrevoir une éclaircie pour les salles obscures. En effet, les films tricolores ont peu subi les foudres de la pandémie, avec seulement -13% de spectateurs par rapport à l'an dernier, selon le CNC. De quoi redonner du baume au cœur à Jocelyn Bouissy : 

On va se battre avec nos armes, il y a beaucoup de supers films à l'affiche, comme Adieu les cons d'Albert Dupontel.

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Autre motif d'espoir : la solidarité au sein de la famille du cinéma français, entre d'un côté les sociétés de production et de distribution qui maintiennent les tournages et les sorties, et de l'autre des groupes de cinémas qui laissent leurs salles ouvertes coûte que coûte. Une solidarité qui explique également la survie, même difficile, des petits cinémas indépendants. A l'image du Chaplin-Saint-Lambert dans le 15e arrondissement de Paris, qui a pu diffuser de nombreux films "cultes" pendant l'été grâce à la souplesse des distributeurs. Moins perfusé aux blockbusters américains, ce cinéma de proximité a aussi pu s'appuyer sur une clientèle fidèle : "Les clients nous soutiennent, qui venaient régulièrement nous parler, nous dire qu'ils voulaient uniquement revenir chez nous, c'est grâce à eux qu'on a survécu jusque-là" explique Jennifer Monpays, directrice adjointe des cinémas Chaplin. 

On a fait - 40% cet été, mais là ça repart tout doucement, on a remis des évènements en place, des soirées-débats, des rencontres avec les réalisateurs, c'est bon signe" poursuit-elle. 

Le Chaplin-Saint-Lambert, dans le 15e arrondissement de Paris
Le Chaplin-Saint-Lambert, dans le 15e arrondissement de Paris Crédits : Radio France

Mais tout cela n'est qu'un mode survie, et à moins de repenser toute l'industrie, c'est donc des Etats-Unis que viendra la réponse clé, probablement pas avant le printemps prochain. En attendant l'opportuniste réalisateur Michael Bay s'est lancé dans le tournage d'un premier film sur la pandémie de Covid-19. Un projet aujourd'hui menacé pour non respect des consignes sanitaires pendant le tournage.

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