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De nombreux jeunes Italiens font le choix de l'expatriation pour trouver une meilleure situation.

Un nouveau phénomène en Italie : l’émigration des jeunes diplômés

4 min
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Les Italiens ont traditionnellement toujours émigré mais le pays fait face depuis quelques années à un nouveau phénomène : l’émigration des jeunes diplômés. Ainsi, 60 000 jeunes Italiens ont quitté le pays en 2017. Une nouvelle émigration.

De nombreux jeunes Italiens font le choix de l'expatriation pour trouver une meilleure situation.
De nombreux jeunes Italiens font le choix de l'expatriation pour trouver une meilleure situation. Crédits : Alberto Pizzoli - AFP

L’Italie, troisième puissance économique de la zone euro, pays fondateur de l’Union. Un des pays où l’euroscepticisme est le plus fort aussi. Le 26 mai prochain, 51,4 millions d’Italiens sont appelés aux urnes, mais particularité, ils seront 4 millions à voter de l’étranger (8% du corps électoral). Les Italiens ont traditionnellement toujours émigré mais le pays fait face depuis quelques années à un nouveau phénomène : l’émigration des jeunes diplômés. Ainsi, 60 000 jeunes Italiens ont quitté le pays en 2017. Une nouvelle émigration. 

Avec un taux de chômage à plus de 30% pour les jeunes, la tentation est grande de se chercher un avenir ailleurs. Les jeunes Italiens plébiscitent en majorité les pays voisins de l’Union pour s’expatrier. Le phénomène est en progression constante bien que sous-évalué en Italie, analyse Enrico Pugliese, sociologue du travail. Son dernier ouvrage s’intitule "ceux qui partent, la nouvelle émigration italienne".

C’est une nouvelle émigration parce qu’elle a repris dans les années 2010 après une longue pause. C’est la crise qui l’a déclenchée. Le profil type de l’émigré italien c’est le jeune qui va à l’étranger pour travailler, et pas pour autre chose ! Il y a une sur représentation des haut-diplômés qui représentent 30% de la masse. Mais pas l’ensemble de la masse. Ce qui veut dire que c’est non seulement une fuite des cerveaux mais une fuite de main d’œuvre tout court... En Italie, on sous-estime ce phénomène. Il y a plus d’Italiens à l’étranger que ne le disent les statistiques italiennes. Chaque année, ce sont 157 000 personnes qui quittent le pays.

Des opportunités à l'étranger mais pas en Italie

L’émigration d’une génération qui ne trouve plus ses repères dans un pays vieillissant, où l’ascenseur social est bloqué. Où les réseaux peuvent valoir davantage qu’un bon diplôme ou l’envie de réussir. Carlotta a filé à Amsterdam ses études en management tout juste terminées

Ici à Amsterdam je travaille pour une entreprise qui s’appelle Kraft Heinz, dans leur centre d’excellence. En Italie, cela aurait été très compliqué de trouver ce job. On vous demande des années d’expérience, et on ne valorise pas l’envie d’apprendre, l’esprit d’entreprise. C’est pour ces raisons que les jeunes comme moi s’en vont... On recherche un marché du travail plus dynamique, plus moderne !

Giulia construit sa vie à Paris. Elle travaille pourtant pour une maison de mode italienne. Elle a bien essayé de rentrer à Rome. Les propositions n’étaient pas à la hauteur dit-elle avec regret.

Les jeunes Italiens fuient le chômage et la précarité en Italie

Antonio Sanguinetti a entendu ce discours des centaines de fois au cours de son post-doctorat en sociologie. Il a enquêté auprès des émigrés italiens de Francfort en Allemagne :

Les trentenaires et même quarantenaires vivent dans des conditions détériorées par rapport à la génération précédente : la précarité, les CDD, les petits boulots, une protection sociale plus faible, des salaires bas... C’est ça leur sensation et c’est ce qui ressort des entretiens que j’ai menés à Francfort. C’est toute une génération qui a du mal à émerger ! 

Cette jeune génération s’apprête donc à voter pour les élections européennes dans d’autres pays de l’Union que le leur. Pour cette Europe qui leur permet de voyager, de travailler librement en dehors des frontières nationales. Pour autant, pas certain qu’ils se rendent massivement aux urnes. En 2014, chez les moins de 25 ans, 45% n’avaient pas voté. Lorenzo Pregliasco de l’institut de sondages YouTrend :

Classiquement, la participation aux élections européennes est plus basse que pour des élections nationales. Sur l’ensemble des Italiens, 58% s’étaient rendus aux urnes en 2014. On estime que cette année, on ne dépassera pas les 60% de taux de participation. Cela dit, ce taux est déjà plus élevé que dans bien des pays européens... 

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