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Le site de Troia comporte trois capteurs de CO2. Ces énormes aspirateurs emprisonnent l’humidité et le gaz carbonique contenus dans l’air, agissant en somme comme un arbre artificiel

Un tout nouvel aspirateur à dioxyde de carbone dans le sud de l'Italie

4 min
À retrouver dans l'émission

La captation de CO2 figure parmi les orientations fournies par le GIEC pour lutter contre le réchauffement climatique. Ces aspirateurs à dioxyde de carbone n’existent pas encore en France, mais en Islande, en Suisse et une usine de ce type vient d’ouvrir dans le Sud de l’Italie, dans les Pouilles.

Le site de Troia comporte trois capteurs de CO2. Ces énormes aspirateurs emprisonnent l’humidité et le gaz carbonique contenus dans l’air, agissant en somme comme un arbre artificiel
Le site de Troia comporte trois capteurs de CO2. Ces énormes aspirateurs emprisonnent l’humidité et le gaz carbonique contenus dans l’air, agissant en somme comme un arbre artificiel Crédits : Mathilde Imberty - Radio France

Il faut s’aventurer au milieu des champs d’oliviers, slalomer entre les éoliennes et les étendues de panneaux photovoltaïques pour enfin apercevoir le site - pilote - du projet de recherche Store and Go. Nous sommes à Troia, dans les Pouilles, région championne en énergies renouvelables. L’ingénieur Danilo Pomponio s’est chargé de l’installation de ce démonstrateur :

Troia est une des villes d’Europe où sont installées le plus d’éoliennes. On a même un surplus d’énergie à certaines périodes de l’année que l’on ne pouvait pas décharger sur le réseau électrique. Plutôt que de la gâcher, on transforme cette énergie en gaz méthane.

"Champ d'éoliennes" dans les Pouilles
"Champ d'éoliennes" dans les Pouilles Crédits : Mathilde Imberty - Radio France

Du méthane de synthèse plus cher, mais à base de sources renouvelables

Ce méthane est uniquement obtenu à partir de sources renouvelables. Le vent donc, et aussi le CO2. Le site de Troia comporte trois capteurs de CO2. Trois énormes aspirateurs dotés d’une soufflerie et d’un filtre. Ils emprisonnent l’humidité et le gaz carbonique contenus dans l’air, agissant en somme comme un arbre artificiel. Jusqu’à 150 tonnes de CO2 pourront ainsi être captées sur le site italien, grâce à la technologie développée par l'entreprise suisse Climeworks. L’ingénieur Diego Arnone coordonne les recherches technologiques à Troia :

Il faut bien comprendre que le méthane nous est indispensable. L’Italie est d’ailleurs un des plus importants importateurs d’énergie et en particulier de gaz. De deux choses l’une : soit on extrait ce gaz et en le brûlant on rejette du CO2 dans l’atmosphère, soit on produit ce gaz à partir de sources renouvelables. On a construit ici des aspirateurs géants qui prennent l’air de l’atmosphère, le propulsent dans des membranes qui le réchauffent. Ce gaz carbonique est stocké puis envoyé à l’étape d’après, celle de la méthanation.

Une entreprise française impliquée qui envisage plusieurs centaines de réacteurs pour de très grosses villes

Pour produire ce méthane de synthèse, le CO2 capturé est allié à de l’hydrogène né du surplus d’énergie issu de l’éolien et du photovoltaïque environnant. C’est une entreprise française, l’entreprise ATMOSTAT, qui s’occupe du processus de méthanation. L’expérience de Troia leur permet de se projeter dans l’avenir explique le responsable de projet, Roni Albach :

Notre système accueille l’hydrogène et le dioxyde de carbone l’injecte dans nos réacteurs. C’est à l’intérieur de nos réacteurs que se passe la transformation du méthane et ensuite ce méthane qui est chargé en eau est asséché et compressé pour être mis à disposition à la bonne pression et à la bonne composition. On envisage des projets futurs à effectivement plus grande échelle. Là, sur le système actuel, nous avons quatre réacteurs, on envisage plusieurs centaines de réacteurs pour pouvoir produire pour de très grosses villes.

Roni Albach
Roni Albach Crédits : Mathilde Imberty - Radio France

Un projet co-financé par la Commission européenne

Ces Géo Trouvetou du renouvelable affichent leur fierté de travailler sur un projet innovant qui entre dans le cadre des recommandations mondiales de lutte contre le réchauffement climatique.

Il est évident que le méthane que nous produisons ici coûtera plus cher que le méthane fossile, extrait. Mais il faut bien voir que l’avantage en terme d’environnement et en terme social est énorme ! C’est un projet co-financé par la Commission européenne avec l’intention de promouvoir ces technologies vertes, et aller vers une réduction des émissions..                    
L’ingénieur Diego Arnone, qui coordonne les recherches technologiques à Troia

Le démonstrateur de Troia dans les Pouilles fonctionnera à plein régime en janvier. Les résultats seront évalués d’ici deux ans pour éventuellement transposer cette expérience à échelle industrielle.

Détail d'un capteur de CO2
Détail d'un capteur de CO2 Crédits : Mathilde Imberty - Radio France

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