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L’opposant Martin Fayulu a engagé une bataille judiciaire pour obtenir le recomptage des voix et l’annulation de l’élection de Felix Tshisekedi. Ici, un de ses sympathisants à Kinshasa le 12 janv 2019

Une semaine historique en République démocratique du Congo

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La République démocratique du Congo s'achemine vers une cohabitation sans précédent entre un président issu de l'opposition et le pouvoir sortant qui garde la majorité au Parlement.

L’opposant Martin Fayulu a engagé une bataille judiciaire pour obtenir le recomptage des voix et l’annulation de l’élection de Felix Tshisekedi. Ici, un de ses sympathisants à Kinshasa le 12 janv 2019
L’opposant Martin Fayulu a engagé une bataille judiciaire pour obtenir le recomptage des voix et l’annulation de l’élection de Felix Tshisekedi. Ici, un de ses sympathisants à Kinshasa le 12 janv 2019 Crédits : Tony Karumba - AFP

En une semaine, les Congolais sont passés de la joie à l’inquiétude et vivent désormais dans l’attente d’un résultat définitif. Pas facile, cela fait 15 jours que le pays est privé d’internet, coupé par le gouvernement congolais. Anthny Fouchard revient pour nous sur cette semaine historique.

Explosion de joie, scènes de liesse, au beau milieu de la nuit, le nom de Félix Tsishekedi est proclamé sur les ondes de la télévision nationale. Les habitants soulagés fêtent surtout la défaite d’un régime au pouvoir depuis 17 ans. C’est un opposant qui remporte la magistrature suprême. 

Mais l’euphorie des premières heures laissent rapidement place à la déception. Plusieurs observateurs, dont la très influente église catholique, affirment que les résultats ne sont pas conformes. C’est Martin Fayulu, l’opposant ultra favori, qui aurait dû l’emporter.

Comment a-t-il eu ses voix ? 

Du côté de la commission électorale, on reste droit dans ses bottes. En vision conférence avec le conseil de sécurité de l’ONU, le président de la CENI congolaise se défend. Mais la pression se fait chaque jour de plus en plus forte. Martin Fayulu a déposé un recours en annulation et exige le recomptage des voix.

Recomptez les voix, d’accord. Mais lesquelles ? Car pour ce qui est des élections législatives, aucun bulletin papier n’a été sorti des enveloppes scellées.

A Goma, les témoins et observateurs ne sont d’ailleurs plus les bienvenus au centre de compilation. Claude Kambale en a fait les frais. 

Pris a partie, il est obligé de quitter lieux et fait son rapport à Daniel Kambale, un candidat aux élections provinciales, il a appris qu’il a perdu, sans aucun chiffres pour le prouver.

Albert Mussoka est dans le même cas, lui était candidat pour un poste de député à Goma. Avec ses avocats, ils préparent leur recours pour demander l’annulation des résultats. 

Plus les jours passent plus la toile d’araignée tissée par Joseph Kabila apparaît au grand jour. Concéder le pouvoir mais rester le marionnettiste, en coulisse. Le président sortant va devenir sénateur à vie et surtout son parti politique et ses alliés remportent la majorité absolue à l’Assemblée.

La pression autour du régime et de la commission électorale s’accentue un peu plus chaque jour et la société de développement des états Afrique australe a demandé à la surprise générale un recomptage des voix et un gouvernement d’union nationale. La cour constitutionnelle congolaise doit statuer sur les recours avant le 20 janvier.

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