LE DIRECT
"Gold diggers of 1933", de Mervyn Leroy

Adrienne Boutang : "La censure dans le cinéma hollywoodien a commencé par se construire autour du spectacle du corps féminin dénudé"

21 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec Adrienne Boutang, historienne du cinéma, qui programme au festival Entrevues à Belfort six films réalisés avant 1934, date de l'auto-censure aux Etats-Unis qui a marqué le cinéma hollywoodien.

"Gold diggers of 1933", de Mervyn Leroy
"Gold diggers of 1933", de Mervyn Leroy Crédits : Warner Bros

Mercredi cinéma dans le Réveil culturel, avec :

Adrienne Boutang, maîtresse de conférence en cinéma dans le département d’anglais de l’Université de Bourgogne Franche-Comté, pour la rétrospective Hollywood avant la censure au Festival Entrevues à Belfort jusqu’au 3 décembre 2017.

Le cycle Hollywood avant la censure présente six films présentés par six historiens explorant la représentation des femmes dans les productions hollywoodiennes pré-code Hays (1929-1934). De Lubitsch à Alfred E. Green en passant par un film rare de Cukor, un hommage à la singulière liberté de ton qui caractérise les films avant le Code de censure et aux actrices qui l’incarnent : Barbara Stanwick, Mae West, Clara Bow, Kay Francis ou Miriam Hopkins…
(texte du festival)

Les films présentés au festival nous parlent d’une Amérique assez contradictoire sur le plan des mœurs et sur le plan de la représentation des femmes. C’est alors une période de grands bouleversements sociaux après la Première Guerre mondiale, c’est l’époque du jazz, de l’alcool interdit mais énormément consommé, et du point de vue de la transformation des femmes, de l'apparition des « new women », habillées différemment et en apparence plus libres, plus déshabillées.

"I'm no angel", de Wesley Ruggles, 1933
"I'm no angel", de Wesley Ruggles, 1933 Crédits : Paramount pictures

Mae West, comédienne, auteure et scénariste, était la grande figure de la femme libre à la fois sexuelle et utilisant sa sexualité. "I'm no angel" est peut-être son film le plus fascinant, elle y invente et réinvente sa figure, son image, en apparence d’objet sexuel, mais qui va en fait retourner cette sensualité pour en faire un instrument de pouvoir.

"Baby face" de Alfred E. Green, 1933
"Baby face" de Alfred E. Green, 1933 Crédits : Warners Bros

Le système d’auto-censure à Hollywood (auto-censure car elle émanait directement de l’industrie, c’est la grande singularité de la censure aux Etats-Unis par rapport au système français) a mis très longtemps avant d'être appliqué. Dès 1895 il y a eu des luttes pour faire appliquer la censure avec notamment un court-métrage qu’on passe pendant la rétrospective avant toutes les séances : « The Kiss » de 1896, où les deux comédiens s’embrassent en gros plan à pleine bouche et qui a suscité des tonnes de protestations. Mais le vrai déclic en 1934 c’est la fondation de la légion de censure qui est une instance créée par des évêques catholiques qui menaçaient de faire pression sur les catholiques pour qu’ils arrêtent d’aller au cinéma.

"The Kiss" de William Heise, 1896
"The Kiss" de William Heise, 1896 Crédits : Edison Manufacturing Company
Intervenants
  • historienne du cinéma, maîtresse de conférence dans le département d’anglais de l’Université de Bourgogne Franche-Comté
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......