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Alexandre Samson : "Martin Margiela était guidé par l’amour qu’il avait pour les années 70 et toute sa carrière, il a joué avec le vêtement"

26 min
À retrouver dans l'émission

Table ronde avec le commissaire d'exposition Alexandre Samson et le journaliste Maxime Retailleau à l'occasion de deux expositions qui retracent la carrière du styliste Martin Margiela.

Mardi expo

avec : Alexandre Samson, commissaire de l’exposition Margiela / Galliera, 1989-2009 au Palais Galliera à Paris jusqu’au 15 juillet 2018
et Maxime Retailleau, journaliste au magazine Antidote.

Margiela / Galliera, 1989-2009 au Palais Galliera et Margiela, les années Hermès au Musée des Arts Décoratifs : deux expositions font aujourd'hui le point de la création de Martin Margiela durant toute sa carrière, de 1989 à 2009 avec une parenthèse sur sa création pour la marque Hermès de 1998 à 2003. Pour Alexandre Samson, commissaire de l'exposition au Palais Galiera, c’est un retour de sa mémoire pour rappeler à notre époque contemporaine l’apport de Martin Margiela à la mode, sa force.

Martin Margiela cassait les codes, défilait dans des terrains vagues quand la plupart des défilés étaient présentés dans la Cour Carrée du Louvre à cette époque. Margiela avait un côté plus « street » dans le choix du décor, et dans les vêtements qui étaient « déconstructivistes », mettant en avant les coutures, le geste créatif, il était plus « grunge ».          
Maxime Retailleau

Contrairement à ce qui était d’habitude reconnu dans la mode, chercher à toujours produire quelque chose de nouveau, un idéal de jeunesse, Margiela célébrait l’intemporel avec sa collection Replica. Il trouvait des vêtements qui n’étaient pas créés par des grands designers et les reproduisait à l’identique. Il est devenu le Duchamp de la mode : « parce que je dis que c’est de la mode, ça devient de la mode ».          
Maxime Retailleau

En travaillant aux côtés de Martin Margiela, je me suis aperçu que tous ses gestes que tout le monde aujourd’hui interprète comme des grands morceaux d’abstraction du vêtement, de questionnements du système, viennent en fait de gestes très simples et très spontanés. Tout son travail est guidé par l’amour qu’il a pour les années 70 et l’amour que les femmes avaient à l’époque à jouer avec les créateurs. Elles mélangeaient leurs styles avec même des pièces vintage qu’elles personnalisaient. Les années 80 ont transformé ce système : il fallait correspondre à un seul créateur de mode, un style. Jouer avec le vêtement, c’est une liberté, et tout au long de sa carrière Margiela a joué avec le vêtement et la manière de le porter.          
Alexandre Samson

Le style Margiela s’explique parce que dès ses débuts il est en opposition totale avec ses contemporains. Il va dans l’autre sens. Il fait des défilés dans des lieux jamais exploités auparavant, il aime surprendre, et surtout, dès son premier défilé il s’oppose aux années 80 et à la « carrure » années 80 mise à la mode dès la fin des années 70, qu’il détestait. Il va faire l’inverse et va prouver qu’il est un grand tailleur de vêtements car il est avant tout un grand coupeur. Il va donc créer une nouvelle carrure, plus petite, plus étroite que l’épaule de la femme, une carrure cigarette qui est aujourd’hui devenue la carrure Margiela et qu’il a déployée pendant 20 ans.          
Alexandre Samson

Musique diffusée durant l'entretien :

Jay-Z et Kanye West, Niggas in Paris, 2011.

Bibliographie

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