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Anaïs Vanel

Anaïs Vanel : "C'est étonnant de se reconnecter avec son corps quand on a vécu des années avec un cerveau"

26 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec l'écrivaine Anaïs Vanel qui, un jour, a décidé de quitter Paris et son métier d'éditrice pour se consacrer pleinement à sa passion, le surf. Elle raconte son expérience dans "Tout quitter", publié aux éditions Flammarion

Anaïs Vanel
Anaïs Vanel Crédits : © Collection Anaïs Vanel

Lundi-livre

Tewfik Hakem s'entretient avec l'éditrice, écrivaine, Anaïs Vanel, qui signe un premier roman paru aux éditions Flammarion : Tout quitter. 

" Un jour, j’ai acheté un Berlingo. J’ai mis quelques cartons dans le coffre et je suis partie. J’ai pris la route comme ça. Après ma journée de boulot, comme on part en week-end. J’ai avalé les kilomètres, en écoutant King of the Road, de Roger Miller. Et enfin. Les pins. Les dunes. Les embruns. L’appartement. J’ai éventré les cartons. Trouvé mon maillot de bain. Et je suis allée me jeter dans les vagues. "

C'est l'histoire d'une nouvelle vie consacrée à la passion du surf. Ce sont des instantanés, des petits fragments d'émotion retrouvés, perdus de vue. J'avais en apparence une belle carrière, une belle vie parisienne mais j'éprouvais un beau vide, un manque de sens dans ma vie. 

"J'étais dans une vie parisienne un peu fantomatique, alors soit je quittais tout, soit je mourais"

J'avais besoin de me reconnecter à des choses simples. J'ai fait un stage de surf et cela m'a bouleversée, comme une reconnexion à mon corps alors que je vivais avec mon cerveau. Plein de souvenirs d'enfance sont remontés. Je vis à Hossegor, dans Les Landes mais j'ai volontairement décidé de ne citer aucun lieu dans le livre. 

C'est très simple, j'ai mis tous les cartons un jour dans un coffre de voiture, je suis partie sans argent, sans rien. Quand on veut changer de vie, on se projette. Quand on quitte tout on se reconnecte à la simplicité, pour moi c'était une quête de sens, une quête de soi.

Je n'ai pas eu de rejet du milieu dans lequel je vivais depuis des années, je me souviens que je n'en ai pas du tout parlé tout le temps où, pendant un an, j'ai nourri ce projet. Je n'avais pas envie de discussion, je ne voulais pas non plus être confrontée aux peurs ou aux projections des autres.

C'est étonnant de se reconnecter avec un corps quand on a vécu des années avec un cerveau. Au contact de l'océan, forcément les corps se galbent. Je suis très souvent pied nu. Dans l'eau, on voit souvent des surfeurs dans une espèce de transe méditative ; on est là, on attend la vague, on ne se parle pas vraiment. 

"C'est intéressant de se réapproprier la notion du temps. J'ai l'impression qu'enfant, on sait le faire, alors qu'adulte, on entre dans la folie des heures pressées"

J'ai volontairement découpé le livre en quatre saisons. Là, c'est le bonheur de revoir le temps passer. Le comportement de quelqu'un à l'eau dit beaucoup de sa psychologie ; lutter contre le courant, aller à contre-courant, avec le courant, c'est aussi ce qu'on fait dans sa vie de tous les jours.

Programmation musicale

La Femme, _Sur la planche_, 2013

Bibliographie

Tout quitter

Tout quitterAnaïs VanelFlammarion, 2019

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