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Le procès Merah

Benoit Peyrucq, dessinateur de prétoire

25 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec Benoit Peyrucq, dessinateur, et Florence Sturm, journaliste, pour la parution des "Chroniques d'un procès du terrorisme - L'affaire Merah".

Le procès Merah
Le procès Merah Crédits : Benoit Peyrucq - La Martinière

Vendredi-BD

Tewfik Hakem s'entretient avec Benoit Peyrucq, dessinateur, et Florence Sturm, auteure et journaliste à France-Culture, spécialiste des affaires de justice et de terrorisme, à l'occasion de la sortie des Chroniques d’un procès du terrorisme – L’affaire Merah, paru aux éditions La Martinière.

[Benoit Peyrucq] Dessinateur de prétoire, on le devient par passion. Je suis venu des années durant crayonner dans les prétoires, je suis peintre au départ. 

Je peins, je crayonne, je fais tout sur place, je travaille énormément sur le mouvement. Plus ça bouge, plus ça m'intéresse, plus c'est passionnant, plus ça raconte de choses sur le procès. Je n'interprète pas, ce que la personne pense ou pas, je n'en sais rien. Je veux vraiment restituer ce qui se passe avec ma façon de travailler, je saisis des instants.

Les gens ont des attitudes, trois, quatre, cinq, dix..., et ils y reviennent. Je travaille sur la gestuelle, les attitudes, ce qui me paraît intéressant à montrer. Vous raconter, moi, l'audience ? J'aurais du mal. Ce n'est surtout pas de l'indifférence mais, pour dessiner, je suis très près des gens qui sont accusés et je dois être vraiment dans une bulle pour ne penser qu'à montrer ce qu'il se passe. 

Mon premier gros procès a été le procès de Guy Georges, et ça m'a complètement détruit pendant deux mois. C'est violent et j'ai dû apprendre à me protéger de cette violence. Pour pouvoir dessiner le personnage et être juste, j'ai besoin d'être protégé, d'être dans ma bulle. A la fin de ce procès-là, je n'arrivais plus à dessiner, à mettre de couleurs.

Chroniques d'un procès du terrorisme
Chroniques d'un procès du terrorisme Crédits : Benoit Peyrucq - Éditions La Martinière

C'est le premier procès de tous les attentats qui vont venir. C'est pour cela qu'on s'est réunis avec les auteurs pour raconter cela. On a assisté à tout le procès, ce qui fait que c'est un travail commun de quatre personnes. 

[Florence Sturm] Assister à un procès, c'est assister à un procès à l'intérieur, dans un espace clos même si l'audience est publique. Les regards qu'on a choisi d'avoir ce sont des regards croisés mais qui convergent tous vers la scène terroriste. On a choisi d'ailleurs que ce ne soit d'ailleurs pas les "Chroniques du procès Merah" mais les "Chroniques d'une scène terroriste". 

On a une minute trente maximum pour rendre compte d'une journée. C'est quelque  chose d'un peu impressionniste, une chronique radio. Surtout, il ne faut pas s'amuser à résumer toute une audience. Ce qu'on fait, c'est qu'on attrape un moment important ; comme quand vous sortez d'une salle de cinéma ou d'un théâtre, il y a toujours une scène qui vous aura marqué. Et, souvent, elle s'impose à nous. 

Ce qui est important dans un tribunal, au-delà des personnes ou ce qu'elles représentent physiquement, c'est ce qu'elles vont révéler à l'audience. Et, c'est en cela que le dessin est intéressant. 

Programmation musicale

Chavela Vargas, La llorana 

Dans La Fabrique médiatique de Caroline Broué, le 4 novembre 2017 : 

Intervenants
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