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Brigitte Fontaine, en 2019

Brigitte Fontaine : "Peu de gens sont heureux il me semble"

23 min
À retrouver dans l'émission

Brigitte Fontaine raconte les frasques de la "vieillerie" à travers deux textes inédits réunis dans "La Vieille prodige" (éd. Le Tripode). Entre l'autoportrait et le journal de bord, elle livre un texte poétique, drôle et bouleversant, sur la décrépitude des corps..

Brigitte Fontaine, en 2019
Brigitte Fontaine, en 2019 Crédits : Joel Saget - AFP

Lundi-Livre

Tewfik Hakem s'entretient avec Brigitte Fontaine à l'occasion de la parution de La Vielle prodige, aux éditions Le Tripode, écrit entre deux confinements imposés par la pandémie en cours, où les souvenirs d’enfance se mêlent au récit d’une souffrance physique au quotidien. Dernières nouvelles de l'artiste culte.

Ô ce matin, la couronne d’épines dorsales envahit tout. C’est le corona feminus. La douleur est affreuse, c’est la vieillerie c’est sûr et les dents accompagnent ce solo, ce duo si l’on compte l’estomac en troisième position, avec les yeux tourmentants mais négligeables par rapport. Asperge vénitienne, arpèges aux traits stridents, salut. Forgeron de bronze, salut. Gros lard graisseux recouvert de ta perruque bien repassée, la vérole sur ta gueule! Voilà. C’est la nuit du Destin, avec le ciel qui s’ouvre comme une blessure lumineuse, laissant glisser les anges, je vais faire un vœu et je veux qu’il se réalise.

Extrait de La Vieille Prodige de Brigitte Fontaine (Tripode) 

Brigitte Fontaine : 

Décortiquer la douleur et mettre des mots dessus, c’est introspectif bien sûr. Mais quand j’écris, j’invente des histoires. Je n’aime pas l’autoportrait. Tout est inventé.

On ne peut pas dire que le fait d’écrire me rende heureuse. Le bonheur est trop long, ça prend du temps. Ecrire est un geste qui me procure plutôt une euphorie, un contentement. C’est un effort joyeux.

"Le 'moi' est haïssable"

Je chéris mes souvenirs d’enfance, parce que ce sont les seuls qui me rendent nostalgique. Je crois qu’à cette période, j’étais heureuse. Peu de gens sont heureux il me semble.

La santé mentale, c’est le contraire de la folie. Et malheureusement la folie, j’en suis souvent menacée. Parfois je plonge dedans. Ou je me laisse tirer par elle en me débattant.

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"Les mots m’échappent, ils glissent comme des sardines et reviennent"

Dans la Vieille Prodige, j’ai écrit sur une personne que j’aimais beaucoup et qui a eu le malheur de mourir pendant que j’écrivais : Juliette Gréco. Elle avait beaucoup de caractère, de personnalité.

L’amour charnel, je l’apprécie ne serait-ce que de façon imaginaire. Mais l’amour soit je ne sais pas ce que c’est, soit je ne vous le dirai pas.

"Le bonheur prend du temps, je l’ai rencontré quand j’étais petite ou à certaines rares périodes de ma putain de vie"

Je trouve mes anciennes chansons un peu misérables. J’étais petite, un peu jeune peut-être. Certains aiment ça, après tout je ne vais pas les gronder.

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Références musicales :

Brigitte Fontaine, La déplaceuse (1965)

Chroniques

6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du lundi 10 mai 2021

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