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Simon et Capucine Johannin

Capucine et Simon Johannin : "On vit dans une société qui nous rend malade"

26 min
À retrouver dans l'émission

Ils sont jeunes, beaux, mariés, et ils racontent dans " Nino dans la nuit ", roman écrit à quatre mains, les galères de la jeunesse précaire d'aujourd'hui.

Simon et Capucine Johannin
Simon et Capucine Johannin Crédits : Hélène Tchen Cardenas @Editions Allia

Lundi-livre

Tewfik Hakem s'entretient avec les romanciers Capucine et Simon Johannin, à l'occasion de la parution de leur roman, Nino dans la nuit, aux éditions Allia.

[Capucine Johannin] J'avais envie d'un livre qui fasse du bien même si on parle de sujets durs, on s'est amusés à dénoncer beaucoup de choses dans Nino, mais on n'a jamais voulu que ce soit misérabiliste. On s'est beaucoup inspirés de nos histoires personnelles, on n'a pas inventé grand-chose. Nos personnages ont conscience qu'ils font un choix, et en même temps, c'est un non-choix.

[Simon Johannin] On cite en exergue Albert Cossery. Cossery est drôle, tout est à la dérision, c'est comment continuellement se foutre de la gueule de l'autorité avec un verbe qui est classe.

[Capucine Johannin] Cet humour permet aussi à ces personnages de continuer à avancer, leur amitié leur amour c'est ce qui les maintient. C'est une précarité invisible, et c'était une façon de montrer que ça existe, les jeunes sont là. L'égalité des chances n'existe pas. J'ai tenté une école d'art en Belgique, j'ai mis trois mois à trouver un logement, je n'avais pas les bons papiers, les bons garants, il n'y avait aucune empathie, au bout d'un moment, on se ramasse, on se ramasse. Simon a vraiment été mon Cheval de Troie...

[Simon Johannin] On mesure bien la différence, comment la société va miser à fond sur certaines personnes de certains milieux, en investissant massivement de l'argent, on constate en grandissant que l'inégalité est réelle, mais que personne n'est heureux, que la perte de sens est partagée, qu'elle est transversale au niveau des classes sociales. 

On n'apporte pas de réponse mais on voulait montrer ce qui est symptomatique de l'époque : on ne sait plus du tout où on va. 

Programmation musicale :

Moby, La même nuit (2008)

Extrait (premières lignes)

"Paradis ? Nino Paradis ? Bordel c’est qui ta mère, Amélie Poulain ? Qu’est-ce que tu viens chercher ici Nino, tu veux en finir avec ton nom ? Le mec lève pas la tête de mon passeport et comme je dis rien, il recommence. – Qu’est-ce que tu viens faire ici ? – Je veux servir mon pays, je veux être utile en cas d’attentat. – Si on veut être utile et jouer au boy-scout, on entre dans la police. Si t’es ici, c’est soit que tu crèves la dalle, soit que t’en as marre de ta vie, soit que tu te planques mais autant que tu le saches tout de suite, ça sert à rien. C’est pas parce qu’on donne personne aux autorités civiles qu’on règle pas les problèmes nous-mêmes. Et toi, t’as une tronche à problèmes. De toute façon, on va éplucher ton passé jusqu’à trouver lequel de tes dix doigts tu t’es rentré en premier dans le cul. T’as déjà eu des problèmes avec la justice Nino ? T’es pédé ? – Non, j’ai jamais fait de prison. – sergent, tu dis sergent quand tu t’adresses à moi. – J’ai jamais fait de prison sergent. – Et alors, t’as dealé ? T’as vendu de la came ? – Non sergent. – Alors, t’as fait quoi ? – Je me suis bagarré, c’est tout." Capucine et Simon Johannin, Nino dans la nuit, éditions Allia.

Editions Allia : rencontres avec Capucine et Simon Johannin autour de Nino dans la nuit

Simon Johannin, L'été des charognes. Editions Allia, 2017.

Intervenants
L'équipe
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