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 Charlotte Perriand sur la « Chaise longue basculante, B306 » (1928-1929) – Le Corbusier, P. Jeanneret, C. Perriand, vers 1928

Charlotte Perriand, architecte d'un nouvel art de vivre et d'habiter le XXe siècle

26 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de l'exposition," Le monde nouveau de Charlotte Perriand", à la Fondation Louis Vuitton, rencontre avec sa fille, Pernette Perriand, et l'illustrateur, Charles Berberian, auteur de "Charlotte Perriand, une architecte française au Japon, 1940-1942"

 Charlotte Perriand sur la « Chaise longue basculante, B306 » (1928-1929) – Le Corbusier, P. Jeanneret, C. Perriand, vers 1928
Charlotte Perriand sur la « Chaise longue basculante, B306 » (1928-1929) – Le Corbusier, P. Jeanneret, C. Perriand, vers 1928 Crédits : © F.L.C./ ADAGP, Paris 2019 © AChP/ Fondation Louis Vuitton

Tewfik Hakem s'entretient avec Pernette Perriand, fille de l'architecte, urbaniste, designer, Charlotte Perriand (1903-1999), et co-commissaire de l'exposition Le monde nouveau de Charlotte Perriand, à la Fondation Louis Vuitton (jusqu'au 24 février 2020), et l'illustrateur Charles Berberian, auteur de Charlotte Perriand, une architecte française au Japon, 1940-1942, paru dans une co-édition du Chêne/ Arte

Pernette Perriand

Elle est entrée chez Le Corbusier, le Maître, comme associée pour les meubles - des meubles iconiques qui ont été exposés en 1929 au Salon d'Automne - et étudiante en architecture. Elle y est restée dix ans. L'exposition ne raconte pas que la vie de Charlotte Perriand et son oeuvre, mais effectivement, Charlotte Perriand architecte, designer urbaniste, photographe, parce qu'elle touchait à tout, et n'était pas que designer. 

Le tracé de cette exposition, c'est la vie de Charlotte, mais avec ses créateurs, ceux avec qui elle a travaillé, ceux qu'elle a fréquentés ; Fernand Léger, Picasso, Calder, bien sûr Le Corbusier, Miro, Sonia Delaunay, beaucoup d'artistes, jusqu'aux artistes japonais ; Domoto, Teshigahara, Noguchi...

Charlotte Perriand, Salle de réception. 1955
Charlotte Perriand, Salle de réception. 1955 Crédits : Adagp, Paris 2019 © AChP

"Pour Charlotte Perriand, ce qui était important, c'était l'espace dans lequel on vit, cet espace complètement décloisonné, ouvert sur l'extérieur, avec toujours le rapport intérieur extérieur, la lumière"

Il fallait que cette exposition soit fluide, qu'il n'y ait pas trop d’œuvres à lire. Il y a beaucoup de tableaux à voir, de reconstitutions, c'est une balade pendant 70 ans de vie. On entre dans la première salle avec une très grande pièce de Léger, puis, vous allez avoir Picasso, Le Corbusier, et Calder.

Charles Berberian

Quand Charlotte commence à l'âge de vingt-quatre, vingt-cinq ans à travailler avec Le Corbusier, elle n'en est pas à sa première création, elle a créé notamment, "Le Bar sous le toit", un bar imaginé pour recevoir ses amis chez elle - elle habitait sous les combles - en s'arrangeant pour que tout le monde puisse tourner autour de ce bar, avec une répartition de l'espace déjà bien conçue. A cette époque-là, Picasso et Fernand Léger ne sont pas connus, c'est une bande de copains qui traînent ensemble, entre les deux guerres, dans le Paris des Années folles, avec cette envie de tout réinventer, de tout changer. 

Ce qu'on ne perçoit pas aujourd'hui, c'est que ces artistes étaient très peu appréciés à l'époque. Il y avait très peu de gens qui appréciaient les tableaux de Léger ou de Picasso, et elle-même, quand elle s'est mise à créer avec Le Corbusier, ils avaient du mal à éditer leurs créations. C'est par la suite que tous ces artistes sont devenus aussi importants.

"En 1927-1929, elle galère, elle ne gagne pas grand-chose, elle passe son temps à travailler pour gagner des clopinettes, mais elle s'en moque, elle fait ce qu'elle aime"

Charlotte Perriand, une architecte française au Japon, 1940-1942
Charlotte Perriand, une architecte française au Japon, 1940-1942 Crédits : Charles Berberian

Pernette Perriand

Une fois entrée chez Le Corbusier, en 1927, elle va élaborer ses fameux meubles connus aujourd'hui. Elle voulait construire un peu le monde nouveau, le monde pour tous. Les commanditaires de l'époque n'aimaient pas ses meubles. Elle a toujours travaillé, non pas pour de grandes institutions, mais pour l'habitat de l'homme. Pour elle, le vide était quelque chose de très important, comme d'équiper un mur pour ranger toutes ses affaires et qu'elles ne traînent pas partout - donner un espace de vie avec des cloisons qui rangeaient tout - ou encore, imaginer une cuisine ouverte qui vous mettait en communion avec vos amis, ne vous enfermait pas dans un couloir au loin. 

Ses matériaux ? Tout était possible : quand elle était au Japon, en 1940, c'était le bois et le bambou ; en 1929, c'était le tube chromé, rutilant. Elle a utilisé aussi la tôle émaillée, la matière plastique, le verre, et les couleurs étaient très vives.  

Charlotte Perriand, une architecte française au Japon, 1940-1942
Charlotte Perriand, une architecte française au Japon, 1940-1942 Crédits : Charles Berberian

Charles Berberian

C'est plus l'intention qui définissait sa personnalité que l'oeuvre elle-même. Elle concevait un meuble en partant de la fonction qu'il allait avoir, l'espace dans lequel il allait être créé. Elle partait de cette idée que ces objets vernaculaires travaillés d'abord à partir de leur fonction n'empêchait pas leur côté esthétique. Ce qui explique son coup de foudre avec le Japon. Cette rencontre,  qui est un échange aussi, va la nourrir pour le reste de sa vie.

Programmation musicale

Ben Vaughn, APT 604

Intervenants
  • Ancienne Architecte d'intérieur, commissaire de l'exposition "Le monde nouveau de Charlotte Perriand" à la Fondation Louis Vuitton (2019)
  • Illustrateur, auteur de bande dessinée
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation

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