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Pochette d’un des premiers 78 tours produits par le label levantin, Baidaphone, en 1907

Comment les musiques arabes se sont adaptées aux formats imposés par les compagnies de disques

22 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec l’ethnomusicologue, Jean Lambert autour de l'exposition "L’Orient sonore. Musiques oubliées, musiques vivantes", au Mucem, à Marseille

Pochette d’un des premiers 78 tours produits par le label levantin, Baidaphone, en 1907
Pochette d’un des premiers 78 tours produits par le label levantin, Baidaphone, en 1907 Crédits : Foundation for Arab Music Archiving & Research © AMAR

Mardi-Expo

Tewfik Hakem s'entretient avec l’ethnomusicologue, Jean Lambert, à propos de l'exposition L’Orient sonore. Musiques oubliées, musiques vivantes, au Mucem, à Marseille, jusqu’au 4 janvier 2021, qui donne à voir et à entendre l’histoire des traditions musicales arabes menacées et l'histoire de leur sauvegarde. Coup de fil à son commissaire général, Kamal Kassar, à Dubaï.

L’exposition s’intéresse à la première « sauvegarde » du patrimoine sonore arabe du début du XXe siècle à travers l’histoire de maisons de disques occidentales qui, à partir de 1903, date du premier enregistrement de musique arabe, avaient étendu leurs marchés au monde arabe avant d’être rapidement suivies par des sociétés levantines. (Introduction à l'exposition, Mucem 2020).

Jean Lambert :

On a un enregistrement datant de 1946 d'un chanteur libanais, issu de famille modeste. Il collectait les disques les plus anciens, des disques commerciaux essentiellement, de deux, trois minutes, mais ce sont des témoignages très précieux de ces musiques qui ont été très affectées par les nouveaux formats des maisons de disques, les technologies …

Fadi_Yeni_Turk_Al_Anine_Egypte, 2019
Fadi_Yeni_Turk_Al_Anine_Egypte, 2019 Crédits : Fondation AMAR, Mucem 2020 (c) Fadi Yeni Turk.

" Les traditions musicales arabes sont orales. Il y avait de grands compositeurs qui n'ont pas été enregistrés, mais on connait leur histoire - leurs amis, leurs élèves ont pu en témoigner "

Kamal Kassar :

Même ces musiques légères, citadines, très populaires à la fin du XIXe siècle, début du XXe, sont très riches musicalement. Pour des raisons multiples, elles ont été totalement oubliées. Dans notre recherche pour documenter toutes ces musiques au cœur du monde varié de la musique arabe, on a tenté d'enregistrer celles en voie de disparaître.

Al Sharif Hashem, Bi Nafsek Ala Nafsek - Mechian 78 tours, 1936
Al Sharif Hashem, Bi Nafsek Ala Nafsek - Mechian 78 tours, 1936 Crédits : Mechian AMAR Fondation for Arab Music Archiving & Research, Beirut © AMAR

Jean Lambert :

Il y a une vaste collection musicale - une quantité de 78 tours numérisés que le public est invité à écouter ; des films - sous forme d'installations vidéo - qui ont été tournés qui concernent douze traditions musicales orales en voie de disparition. On retrouve une très belle tradition archaïque du Sud de l'Egypte, il y a des choses très rares, jamais filmées auparavant, avec un son excellent.

Fadi Yeni Turk Chants lors des Mawaled Al Suffiyyah Haute-Égypte, 2017-2018
Fadi Yeni Turk Chants lors des Mawaled Al Suffiyyah Haute-Égypte, 2017-2018 Crédits : Co-production Fondation AMAR/Humboldt Forum, 2018 © Fadi Yeni Turk
Fadi Yeni Turk, "Les chants syriaques résoneront-ils dans Mossoul à nouveau ?" Mossoul, Irak, 2019
Fadi Yeni Turk, "Les chants syriaques résoneront-ils dans Mossoul à nouveau ?" Mossoul, Irak, 2019 Crédits : Co-production Fondation AMAR/Mucem, 2020 © Fadi Yeni Turk

Culture arabe et tradition orale : la chanteuse Oum Khalthoum, jusqu'à sa mort en 1975, par fidélité à la tradition, interdisait à ses musiciens d'utiliser des partitions : tout était retenu par cœur (Kamal Kassar)

Portrait d’Oum Kaltoum (1989-1975) par Farouk Ibrahim Vers 1920
Portrait d’Oum Kaltoum (1989-1975) par Farouk Ibrahim Vers 1920 Crédits : Fondation for Arab Music Archiving & Research, Beirut © AMAR

Programmation musicale

Enregistrements numérisés par la fondation Amar, et que l'on peut découvrir dans l'exposition, L'Orient sonore '', au Mucem, à Marseille.

Eliya Beyda, "Yâ wayl ellî mâ yikhâf rabbuh", Liban 1946

Azîza Hilmî, "Wahawî wahâwî", Egypte 1927

Sami Shawwa, "Taqsîm Basendida", Syrie-Egypte 1933   

. Fadi Yeni Turk Marjoue Al Chaamba : aux portes du désert algérien Ouargla, Algérie, 2019
. Fadi Yeni Turk Marjoue Al Chaamba : aux portes du désert algérien Ouargla, Algérie, 2019 Crédits : Co-production Fondation AMAR/Mucem, 2020 © Fadi Yeni Turk

Liens

La numérisation entreprise par la Fondation Amar (Arab Music Archiving and Research) et son directeur, Kamal Kassar, au Liban, à partir de 2009, permet aujourd’hui de redécouvrir ces enregistrements.

Catalogue de l'exposition, L’Orient sonore, Musiques oubliées, musiques vivantes, co-édition Mucem/Actes Sud

Bibliographie

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