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L’odeur de la nuit était celle du jasmin

La photographe Flore sur les traces de l'enfance de Marguerite Duras

22 min
À retrouver dans l'émission

Un voyage photographique dans les paysages de l'Indochine, avec " L’odeur de la nuit était celle du jasmin " de l’artiste photographe FLORE qui mêle souvenirs personnels de l'époque de ses grands-parents et imaginaire, et associe ses photographies à des extraits de textes de Marguerite Duras

L’odeur de la nuit était celle du jasmin
L’odeur de la nuit était celle du jasmin Crédits : Flore, éditions Maison CF – Clémentine de la Féronnière 2020

Mardi-Art

Tewfik Hakem s'entretient avec la photographe et lauréate du Prix Nadar 2020, FLORE, pour son recueil, L’odeur de la nuit était celle du jasmin, paru aux éditions Maison CF-Clémentine de la Féronnière. Un album de photographies qui fouille dans les souvenirs d’enfance personnels et dont les images se mêlent à des écrits de Marguerite Duras ; un format particulièrement original relié à la japonaise, aux tirages argentiques, teintés au thé. 

L'artiste puise dans les récits de ses grands-parents qui ont vécu en Indochine, à la même période et aux mêmes endroits que l’auteur de L’Amant et réinvente l'enchantement.

Restituer l'enfance de l'Indochine de Marguerite Duras, aller sur ses traces, était d'abord une quête personnelle, et puis, plus je la découvre en tant que créatrice, écrivain mais aussi réalisatrice, plus sa fréquentation - si je puis dire - m'apporte beaucoup. 

Ma grand-mère paternelle me racontait pas mal d'histoires qui, quand j'étais petite, me paraissaient exotiques et ont nourri mon imaginaire, du fait que quand j'allais chez elle, la maison avait gardé ses meubles indochinois.

L' odeur de la nuit était celle du jasmin
L' odeur de la nuit était celle du jasmin Crédits : FLORE, éditions Maison CF – Clémentine de la Féronnière 2020

Marguerite Duras inspire d'autant plus un photographe, que ses écrits génèrent en soi beaucoup d'images.

Ce qui m'intéresse, c'est justement la capacité qu'a la photographie de nous faire voyager dans le temps, et comme le monde est devenu très petit, on peut facilement voyager, en revanche voyager dans le temps reste assez mystérieux. Le pouvoir qu'aurait la photographie de faire des images d'un temps antérieur, étirer le temps, faire rêver, m'intéresse.

L’ odeur de la nuit était celle du jasmin
L’ odeur de la nuit était celle du jasmin Crédits : FLORE; éditions Maison CF – Clémentine de la Féronnière

Il s'agissait de trouver le prétexte de faire ce voyage pour Marguerite Duras mais aussi pour moi. Quand on s'attaque à un texte de Marguerite Duras, c'est une matière sensible pour beaucoup de gens. J'avais déjà travaillé il y a deux ans sur place plusieurs mois, c'était des lieux que je connaissais assez bien. On parle là du sud Vietnam et du sud Cambodge, Duras a écrit qu'elle n'avait jamais écrit sur Hanoï : " Je n'ai jamais écrit sur Hanoï ", il était intéressant de s'engouffrer dans la brèche. Elle y avait un peu vécu, enfant. Je voulais surtout essayer de retraduire des ambiances littéraires.

" C'est vraiment un travail sur la terre indochinoise de l'enfance de Marguerite Duras "

Elle a beaucoup écrit sur cet amour qu'elle avait pour la terre de son enfance et j'ai essayé que ces paysages rendent cela. Avant d'aller sur place, j'ai fait beaucoup de travail de recherche sur le texte et quand je suis sur place j'ai plein de petites bandes découpées, j'essaie de trouver  ces lieux : il y a tous ces extraits de phrases que j'ai découpés et mon monde intérieur. 

L'odeur de la nuit était celle du jasmin, éd. Maison CF 2020
L'odeur de la nuit était celle du jasmin, éd. Maison CF 2020 Crédits : FLORE

Ce n'est pas tant de l'ordre du reportage que de l'affect, comme d'aller revisiter une maison d'enfance que vous avez pu avoir, que votre famille a perdue. C'est rare que la chose qu'on cherche soit au vrai endroit, ça arrive, mais  je l'ai fait plutôt pour le plaisir de voir. On peut difficilement rendre quelque chose qui a existé il y a cent ans, quand on le retrouve cent ans plus tard c'est compliqué.

Programmation musicale

Jeanne Moreau et Marguerite Duras, La rumba des îles, 1975

Actualité

Exposition L'odeur de la nuit était celle du jasmin, à voir à l'Académie des Beaux-Arts, à Paris, jusqu'au 31 janvier 2021

Le travail de FLORE sera présenté sur l’île Saint Louis, à Paris, à la Galerie Clémentine de la Féronnière dès le printemps 2021.

Pour en savoir plus : Site officiel de FLORE

Rencontre avec l'artiste photographe FLORE / Prix Nadar 2020 - Diffusé en direct le 16 déc. 2020

Bibliographie

Intervenants
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