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Foujita, Autoportrait 1929, The  National Museum of Modern Art, Tokyo

Foujita sous l'oeil de Sophie Krebs

26 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de l'exposition "Foujita, Œuvres d'une vie, 1886-1968", à la Maison de la Culture du Japon, rencontre avec la commissaire de l'exposition à Paris, Sophie Krebs.

Foujita, Autoportrait 1929, The  National Museum of Modern Art, Tokyo
Foujita, Autoportrait 1929, The National Museum of Modern Art, Tokyo Crédits : © Fondation Foujita Paris 2018

Mardi-expo

Tewfik Hakem s'entretient Sophie Krebs, commissaire de l'exposition "Foujita, Œuvres d'une vie, 1886-1968", à la Maison de la Culture du Japon qui retrace l'ensemble de la carrière du peintre, de son arrivée à Paris en 1913 jusqu'à sa mort en 1968, et réunit ainsi, trente-six peintures significatives de son évolution - dont ses tableaux de guerre - sélectionnées parmi les collections de musées japonais et français, et montrées pour la première fois, en France. Exposition à voir jusqu'au 16 mars 2019.

Il y a beaucoup de tableaux de Foujita qui ne sont jamais passés par la France, notamment ses fameuses œuvres de la guerre  confisquées par le gouvernement américain à la fin de la guerre comme œuvres de propagande, et qui sont toujours propriété de Washington, et qui ont voyagé pour la première fois hors du Japon. On sait que le Japon n'a pas eu le procès de Nuremberg, est resté un pays avec une certaine fierté, qui n'a pas tellement reconnu, de par le monde, toutes ses exactions commises pendant la guerre. 

Foujita a été enrôlé de force, il n'avait pas le choix comme tous les peintres - on n'avait de couleurs ou de toile que si on collaborait avec le régime, sinon on mourait de faim. Il n'était pas fait pour être un peintre de propagande mais il a joué le jeu. Il ne choisissait pas ses sujets, on les lui imposait. Il y va, même s'il ne voit pas grand chose, et puis, très vite, il va abandonner les champs de bataille et faire cela de mémoire, ou plus exactement en se remémorant les grands maîtres de la peinture française - Géricault, Delacroix - qu'on voit dans la grande Galerie du Louvre. 

Exposition Foujita, Oeuvres d'une vie 1886-1968
Exposition Foujita, Oeuvres d'une vie 1886-1968 Crédits : Grégoire Cheneau @ASC, Maison de la Culture du Japon

C'est quelqu'un qui peint bien, un "maître du trait" comme on l'a souvent surnommé, et en même temps, j'ai toujours pensé que Foujita avait quelque chose à voir avec le mauvais goût, qu'il cherchait cela. Il avait très bien compris comment utiliser son image devant les médias, il avait un talent fou et il a très vite capté l'intérêt d'être le seul Japonais à Paris. Avec sa tête bizarre, sa coupe au bol, ses anneaux d'oreille, il était impayable, et rien ne lui faisait plus plaisir que d'être reconnu dans la rue.

Foujita, Mon intérieur, Paris 1921@ la MCJP exposition 2018
Foujita, Mon intérieur, Paris 1921@ la MCJP exposition 2018 Crédits : Centre Pompidou © Fondation Foujita Paris 2018

Les Japonais ont mis beaucoup de temps à l'apprécier, les Français l'ont toujours apprécié. Des critiques l'ont vu comme un peintre bourgeois. Il eut une vie de bohème avec moult conquêtes féminines - dont son ménage à trois avec Robert Desnos et Youki - une vie qui n'avait rien à voir avec une vie bourgeoise, mais il fut apprécié par un public bourgeois. L'oeuvre d'un peintre, c'est du début à la fin ; voilà pourquoi on fait des rétrospectives.

Programmation musicale :

Ray Ventura et ses Collégiens, C'est au Marché aux Puces

Bibliographie

Foujita, Oeuvres d'une vie 1886-1968

Foujita, Oeuvres d'une vie 1886-1968Gourcuff Gradenigo/ Fondation Foujita/ Adagp Paris , 2019

Intervenants
  • Conservatrice générale du patrimoine, musée d'Art moderne de la Ville de Paris, commissaire de l'exposition " Foujita, Oeuvres d'une vie 1886-1968 ", Maison de la Culture du Japon, 2019
L'équipe
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