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Portrait de Jean Giono par Irving Penn, Manosque, 1957

La fureur Giono : expo, BD, essai, pour marquer les 50 ans de sa disparition

27 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec l’auteur-illustrateur de BD Jacques Ferrandez, pour "Le chant du monde" chez Gallimard BD, et l’écrivaine Emmanuelle Lambert, lauréate du Fémina 2019 pour "Giono furioso" paru aux éditions Stock et commissaire de l'exposition "Giono" au MUCEM.

Portrait de Jean Giono par Irving Penn, Manosque, 1957
Portrait de Jean Giono par Irving Penn, Manosque, 1957 Crédits : Irving Penn - Conde Nast / Mucem

Vendredi-BD

Tewfik Hakem s'entretient avec l’auteur-illustrateur de BD Jacques Ferrandez, pour Le chant du monde chez Gallimard BD et l’écrivaine Emmanuelle Lambert, lauréate du prix Femina Essai pour Giono furioso paru aux éditions Stock et commissaire de l'exposition "Giono" au MUCEM, jusqu'au 17 février 2020.

Jacques Ferrandez

J’ai eu une furieuse période Giono à l’adolescence avec « Colline », « Regain », « Que ma joie demeure », « Un de Baumugnes », et « Le chant du monde », qui était peut-être le roman peut être le plus épique ou le plus lié à l’aventure, ou du moins à ce qui pourrait s’apparenter à un scénario de western.

Ce qui m’a intéressé, c'est la manière dont Giono, quand il fait une version destinée à un moyen d’expression visuelle, enlève toute littérature. Toutes les descriptions qui sont dans le roman, qui sont extrêmement poétiques et lyriques, sont réduites à leur minimum.

Jacues Ferrandez, Le chant du monde, d'après l'oeuvre de Jean Giono (éd. Gallimard BD, 2019)
Jacues Ferrandez, Le chant du monde, d'après l'oeuvre de Jean Giono (éd. Gallimard BD, 2019) Crédits : Jacques Ferrandez

"J'ai besoin d'avoir de grands paysages"

J’aime bien planter le décor littéralement, et installer tout de suite le lecteur dans le lieu où se déroule le récit. Et à travers cette mise en scène qui utilise tout l’espace de la double page de l’album, il y a l’action qui se déroule eu surimpression par rapport à ces grands fonds d’aquarelle.

Emmanuelle Lambert

Ce qui est extraordinaire chez Giono, c’est sa permanence par-delà deux guerres, par-delà le siècle. C’est à la fois un homme du 19ème, un homme du 20ème siècle. Mais c’est aussi surtout pour moi un homme de la Renaissance. Je pense que son rapport à la langue, à la poésie, à la réalité est façonné par la Renaissance, qui est le moment où l’on redécouvre les auteurs gréco-latins, comme lui l’a fait. Il a une culture purement autodidacte, et comme les livres de la culture classique étaient moins chers, il a commencé par lire ceux-là. 

Installation de Jean-Jacques Lebel, La révolte contre l'ignoble, 2019. D'après l'exposition "Giono" au Mucem. Scénographie : Pascal Rodriguez
Installation de Jean-Jacques Lebel, La révolte contre l'ignoble, 2019. D'après l'exposition "Giono" au Mucem. Scénographie : Pascal Rodriguez Crédits : Francois Deladerriere / Mucem

"Les pieds dans le passé et la tête dans les étoiles, pour moi c’est cela Giono"

Je pense que Giono l’écrivain est né dans la tranchée de la Première Guerre Mondiale. Pour comprendre son œuvre, il faut tirer le fil de la question du Mal, et de comment en sortir. En 1934, dans son premier écrit pacifiste, il écrit : "l’intelligence est de se retirer du Mal.

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Aufgang, Barock

Chroniques

6H30
10 min

Journal de 6h30

JOURNAL DE 6H30 du vendredi 08 novembre 2019
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