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Hadrien Bels, invité du Réveil Culturel, pour "Cinq dans tes yeux" (éd. L'Iconoclaste)

Hadrien Bels : "Marseille est comme une femme très belle à qui j'ai envie de dire "Je t'aime, je t'aime" mais qui part avec un autre"

22 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec l'auteur Hadrien Bels pour son réjouissant premier roman, "Cinq dans tes yeux" (éditions L’Iconoclaste)

Hadrien Bels, invité du Réveil Culturel, pour "Cinq dans tes yeux" (éd. L'Iconoclaste)
Hadrien Bels, invité du Réveil Culturel, pour "Cinq dans tes yeux" (éd. L'Iconoclaste) Crédits : Corinne Amar

Lundi-Livre

Tewfik Hakem s'entretient avec l'auteur Hadrien Bels, pour son premier roman, Cinq dans tes yeux, paru aux éditions L’Iconoclaste. Chronique d’une jeunesse qui avait le cœur et la rage poétiques, au cœur de Marseille, dans les années 90. Une sélection Le Réveil Culturel (cinq premiers romans de rentrée et leurs jeunes auteurs).

C'est ma double vie. C'est inspiré - comme on dit - de faits réels, de beaucoup de choses que j'ai vécues, mais on s'arrange avec le réel. C'est un roman aussi.

"Il ne reste plus rien de notre jeunesse sinon des images qu'on a devant les yeux" 

Il ne reste que nos souvenirs, et ça part un peu de là. Je voulais parler aussi de Marseille aujourd'hui. Ce sont des allers et retours entre passé et présent. Ceux que j'appelle les Venants dans mon livre, c'est une création littéraire, une expression qu'utilisait ma femme, Sénégalaise, pour dire tous ceux qui venaient d'ailleurs que chez elle. Je voulais un autre terme que "Bobos" - terme fachisant, qu'on emploie à toutes les sauces.

Mes parents venaient d'Algérie, ils sont arrivés à Marseille dans les années 70. Mon adaptation s'est faite très lentement.

"A l'époque, mes potes et moi au Panier, on était comme des Zorro " 

Le Panier, je le décris comme un partage de territoires. Je décris surtout les Moulins avec ma bande de potes. En réalité, on est tous des "Venants" : tous mes potes aussi, Ichem, Kassim, Djamel, venaient d'ailleurs. On s'apportait tous quelque chose, j'ai appris avec eux le raï, une manière de boire un café.... Mais petit à petit, ils se sont fondus dans le moule. A l'époque, mes potes et moi, au Panier, on était comme des Zorro.

On est arrivés d'Algérie. Ma mère m'a porté en Algérie. Ça prend du temps de comprendre les codes, aller loin dans la relation. J'ai vécu dans les années 90 une autre époque. C'est chaud froid permanent, cette culture arabe où je me sens bien. 

A un moment, j'écris, cette ville elle me "pègue" : elle me colle aux doigts comme un gâteau tunisien. Cette ville, quand tu grandis, honnêtement tu vas où après ?

"Côté littérature, je serais plutôt John Fante que Houellebecq"

J'adore la littérature qui me fait rire, même si j'adore aussi Houellebecq.

Extrait

« (...) J’ouvre le profil Facebook de Clara. Elle a fini par me supprimer de sa liste d’amis. Je me sens comme un ex qui rôde la nuit en bas de l’immeuble de sa copine pour regarder les silhouettes passer devant les fenêtres. Elle est en tournée en Suisse. Elle a réussi à se faire une place dans le petit milieu de la musique expérimentale avec une performance guitare électrique et poésie contemporaine. Ça plaît beaucoup.

Clara se déplace uniquement en première classe SNCF et mange sans gluten. Elle est toujours aussi belle. Son nouveau mec est italien. Je l’ai croisé à la galerie des Bains-Douches dans une soirée. Un critique d’art, un peu réalisateur, un peu musicien : une pute brillante, la pire des races, qui te regarde comme si t’étais un vendeur de sardines. Il lit Art press à la plage et adore Marseille pour son côté « hyper popoulaire ».

Fermer la porte à triple tour, descendre la Canebière, passer devant les derniers snacks encore en vie et rejoindre le cours Belsunce. Avec Clara, le dimanche, on allait manger des fruits de mer pas loin, chez Toinou. On se prenait une bouteille de blanc et on laissait glisser notre week-end en parlant de Tarkovski et Stockhausen comme un vieux couple bourgeois.
La Canebière ressemble un peu à ma vie. Elle commence propre sur elle (...) » (p.40)

Cinq dans tes yeux
Cinq dans tes yeux Crédits : Hadrien Bels,

Programmation musicale

Fonky Family, Art de rue, 1998

Khaled, Oran Marseille, 1996

Bibliographie

Intervenants
L'équipe
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