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Javier Cercas

Javier Cercas : "Nous avons tous un bon et un mauvais héritage. Avec le mauvais, que fait-on ?"

26 min
À retrouver dans l'émission

L'écrivain Javier Cercas sera l'invité du Réveil Culturel pour " Le monarque des ombres", publié aux éditions Actes Sud

Javier Cercas
Javier Cercas Crédits : Joël Saget - AFP

Lundi-livre

avec le romancier Javier Cercas,  pour "Le monarque des ombres" (Actes Sud).

"Un jeune homme pur et courageux, mort au combat pour une cause mauvaise (la lutte du franquisme contre la République espagnole), peut-il  devenir, quoique s’en défende l’auteur, le héros du livre qu’il doit écrire ? Manuel Mena a dix-neuf ans quand il est mortellement atteint, en 1938, en pleine bataille, sur les rives de l’Èbre." Oncle de la mère de l'auteur, il est ainsi devenu le héros officiel, au sein de la famille maternelle. Héros, dont l'écrivain savait qu'un jour il lui fallait raconter l'histoire, sombre.

Nous avons tous deux héritages ; un bon et un mauvais. Avec le bon, on sait très bien quoi faire ; avec le mauvais, que fait-on? On édulcore, on cache ou on affronte? 

On comprend. Comprendre ne veut pas dire justifier. Sinon, on oublie. Nous sommes notre héritage : je suis ma mère, je suis mon père. Je dois être courageux , je dois comprendre. Si je comprends, j'ai des chances de gouverner cet héritage. 

"Le monarque des ombres", premières lignes (éd. Actes Sud).
"Le monarque des ombres", premières lignes (éd. Actes Sud). Crédits : Javier Cercas

Ma mère m'a raconté cette histoire quand j'étais tout enfant, et l'histoire de cet oncle, ce jeune homme, m'a hantée. Elle avait cinq ans quand la guerre a éclaté, et cet homme qui était allé à la guerre, qui meurt à la guerre, quand elle avait sept ans, est devenu son héros.  Quand l'histoire se passe, c'est difficile de savoir où est le bien ou le mal.... Avec la meilleure intention, on peut créer l'enfer.

Ce livre ne parle pas du passé, il parle du présent. Pour moi, écrire un roman, c'et poser la question de la façon la plus complexe possible : ce que veut le livre, c'est poser cette question de l'histoire de cet homme, symbole de l'adhésion de ma famille au franquisme. Le propre de la littérature, c'est d'être universel, ce n'est pas de parler de moi.

Programmation musicale : 

Manu Chao, Contragolpe (Estacion Mexico)

Aujourd'hui, avec la participation d' Oriane Jeancourt, rédactrice en chef littérature de "Transfuge".

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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