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Gravure de Hendrik Hondius d'après Pieter Brueghel l'Ancien, montrant trois femmes affectées par la peste dansante

Jean Teulé : "L’épidémie dansante de 1518 est la première rave party au monde, la plus grande, la plus dingue mais aussi la plus mortelle…"

26 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec Jean Teulé qui revient dans un roman sur un événement méconnu, une épidémie dansante désespérée qui a eu lieu à Strasbourg en 1518 et qui, en creux, raconte l'histoire d'une époque marquée par la dualité entre le riche clergé et le peuple, misérable.

Gravure de Hendrik Hondius d'après Pieter Brueghel l'Ancien, montrant trois femmes affectées par la peste dansante
Gravure de Hendrik Hondius d'après Pieter Brueghel l'Ancien, montrant trois femmes affectées par la peste dansante

Lundi livre

avec : Jean Teulé, écrivain, pour Entrez dans la danse, aux éditions Julliard.

C’était le vendredi 12 juillet 1518, le pire jour de la pire période qu’ait connu Strasbourg quand une nouvelle épidémie fait son apparition dans ce champ de ruines : des gens désespérés se mettent à danser sans s’arrêter, sans pouvoir s’arrêter, comme s’ils étaient possédés. En sueur, en transe, ils dansent jusqu’à la chute, jusqu’à la mort. C’est un mal étrange et contagieux et ils sont de plus en plus nombreux à être aspirés par cette danse macabre, une danse des damnés de la terre qui va durer des jours, des semaines. C’était il y a 500 ans et Jean Teulé revisite cet épisode.

Madame Troffea, le vendredi 12 juillet 1518 vers midi, sort de chez elle rue du Jeu-des-Enfants avec son nourrisson, va jusqu’au Pont du Corbeau et balance son môme à la rivière. Elle n’avait plus de lait, ne pouvait donc plus l’allaiter et c’était impossible de le nourrir. Elle revient dans la rue et là, elle se met à danser. D’autres gens qui étaient dans des situations infernales comme elle, la voyant, se sont approchés et se sont mis à danser aussi. Cette danse est devenue contagieuse et tout le monde est rentré dans le sillage de Troffea. Le problème était que les gens qui s’étaient mis à danser ne pouvaient plus s’arrêter. Ils dansaient nuit et jour et pendant des semaines, même les plus chétifs, les pieds en sang, cartilages apparents. Les gens mourraient d’épuisement ou de crises cardiaques. Le clergé et le maire essayaient d’arrêter ça mais avaient du mal…

William Shakespeare appelait cet événement « the dancing plague », la peste dansante. C’était bien vu. C’est une histoire qui devrait être célébrissime en France mais ça a été tellement la honte du clergé en 1518 qu’il a essayé d’effacer le plus possible cette histoire ou en tout cas la minimiser. Quelques années après l’événement, le protestantisme a déboulé et a chassé le catholicisme de Strasbourg pendant 150 ans.

Les coups de coeur du magazine Transfuge

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Littérature : Keila la Rouge d'Isaac Bashevis Singer aux éditions Stock.

Un livre formidable avec toutes les qualités d'humour, de grotesque, de rythme, de romanesque, que peuvent avoir les plus grands romans de Bashevis Singer. C’est toujours émouvant de sortir de l’oubli un texte écrit durant les trente dernières années de sa vie, écrit dans les années 70.

Cinéma : Eva de Benoît Jacquot, en salles le 7 mars 2018.

Théâtre : L'état de siège d'Albert Camus mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota à l'espace Cardin du 17 mars au 14 avril 2018.

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