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 Faïza Guène et Fatima Daas

Rencontre Fatima Daas/ Faïza Guène : la littérature française est-elle prête à parler d'identités multiples ?

22 min
À retrouver dans l'émission

Bilan 2020. Rencontre avec Fatima Daas et Faïza Guène pour la parution de leurs romans respectifs, "La petite dernière" (Noir sur Blanc) et "La discrétion" (Plon). Et la chronique d'Orianne Jeancourt du Magazine "Transfuge" : «  Mes 3 coups de cœur littéraires de l'année ».

 Faïza Guène et Fatima Daas
Faïza Guène et Fatima Daas Crédits : Christophe Abramowitz - Radio France

Lundi-Livre

Tewfik Hakem s'entretient avec l'écrivaine Fatima Daas qui signe La petite dernière aux éditions Noir sur Blanc, et Faïza Guène, à propos de La discrétion publié aux éditions Plon.

Fatima Daas est née en 1995, Faïza Guene en 1985. Elles appartiennent à deux générations différentes et partagent pourtant des représentations bien communes. Les deux auteures nous parlent de l’urgence d’écrire et de rendre visibles les récits des maghrébins de France.  

Faïza Guène :

Il y a des sujets qu’on aborde avec plus de liberté aujourd’hui. On ose dire les choses de manière plus frontale. Lorsque j’ai commencé à écrire, on était peu [d’auteurs maghrébins] et nos récits étaient invisibles. Il y avait encore une politesse pour se raconter, et peut-être que cette politesse disparaît à présent.

Fatima Daas :

Je crois qu’aujourd’hui on rencontre l’urgence d’écrire, de prendre la parole et de faire exister plusieurs identités qui sont mal représentées. C’est important de mettre en mots, en images ou en musique nos propres récits.

« Ces récits là, si on ne les raconte pas, ils disparaissent »

Fatima Daas :

On a grandi avec des représentations qui n’étaient pas les bonnes. À un moment, on ne se pose plus la question de la légitimité pour l’écriture.

Faïza Guène :

Je veux revendiquer l’idée que ce sont nos récits. Il faut dégager la méfiance autour d’un pseudo-communautarisme. Parler de nous ne fait pas de nous des ennemis. Parler des arabes, des berbères ou des pauvres, ça n’est pas un sujet en soi, ça fait partie de nos imaginaires.

« La question de la légitimité n’est pas la nôtre, elle nous est imposée »

Faïza Guène :

On m’appelait la Françoise Sagan des banlieues à mes débuts. C’était une bonne formule de journaliste au fond, mais ça révèle autre chose. Quand mon premier roman est sorti, j’étais dans les pages “Société“, et pas dans les pages “Culture“.

Fatima Daas :

Je dis quelque chose de mon époque. Je raconte quelque chose qui n’a pas eu sa place en littérature.

Les coups de coeur littéraires de l'année 2020, par Orianne Jeancourt du Magazine Transfuge

1. Constance Debré, Love Me Tender (Flammarion)

Un livre d'une force de style et d'une finesse psychologique très fortes.

2. Colum McCann, Apeirogon (Belfond)

On est face à deux héros d'aujourd'hui, Colum McCann les fait vivre dans un roman époustouflant.

3. Clemens J. Setz, La Consolation des choses rondes (Actes Sud)

Clemens Setz est l'un des très grands écrivains de la solitude d'aujourd'hui.

Bibliographie

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